Née le 10 juin 1920 à Verneuil-sur-Vienne (Haute-Vienne), massacrée le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; institutrice ; victime civile.

Denise Bardet
Elle était la fille de Germain, François Bardet et de Marie Louise Mounier, cultivateurs, domiciliés au Petit Pagnac, commune de Verneuil-sur-Vienne. Elle entra en internat en 1932, à 12 ans, à la fin de sa scolarité primaire à l’Ecole Primaire Supérieure de Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne) afin de préparer le concours d’entrée à L’École normale d’institutrices. Son père, ancien combattant de 1914 – 1918, médaillé de guerre, gazé lors du conflit, décéda à Veyrac le 26 février 1929. Reçue en 1937 à l’Ecole Normale de Limoges, elle obtint au bout des trois années de formation son CAP d’institutrice le 15 octobre 1940. Elle fut nommée pour son premier poste à Chéronnac au sud de la Haute-Vienne, aux confins de la Charente et de la Dordogne. A la rentrée 1943, souhaitant se rapprocher de sa mère, veuve, et de son jeune frère Camille né en 1926, domiciliés au lieu-dit La Grange de Boeil, commune de Veyrac, à trois kilomètres du bourg d’Oradour-sur-Glane, elle obtint sa mutation pour l’école primaire d’Oradour-sur-Glane. L’école primaire d’Oradour-sur-Glane comportait en 1944 plusieurs sections. L’école des garçons composée de deux classes, était située en face la gare des Tramways départementaux et avait pour directeur Léonard Rousseau assisté de son épouse Jeanne Forest, épouse Rousseau. L’école des filles comprenait trois classes dont une classe enfantine. Andrée Gibaud épouse Binet en assurait la direction assistée de Denise Bardet, chargée du cours élémentaire et de Raymonde Chenet épouse Vincent. Il existait aussi une classe dite « lorraine » composée d’enfants de réfugiés alsaciens et mosellans avec un maître lorrain, Fernand Gougeon. Au total le corps enseignant se composait de sept personnes, deux instituteurs et cinq institutrices car le 10 juin 1944 était également en poste à Oradour une institutrice remplaçante, Odette Couty qui suppléait l’absence de Mme. Binet la directrice de l’école des filles en congé maladie. Le 10 juin 1944 était le jour de l’anniversaire de Denise Bardet, et elle avait prévu de le fêter avec ses collègues en même temps que la réussite la veille, de son frère au concours d’entrée de L’École Normale de Limoges. Ce 10 juin après avoir déjeuné chez sa mère à La Grange de Boeil, elle regagna l’école à bicyclette. Elle fut victime du massacre perpétré l’après-midi par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich. Tous les enfants des écoles, durent sous la contrainte, en compagnie de leurs institutrices et instituteurs se rassembler sur la place du village. Seul un jeune élève de la classe lorraine Roger Godfrin, réussit à s’enfuir. Les deux instituteurs furent séparés du reste du groupe qui fut conduit toujours en compagnie des institutrices dans l’église du village où ils furent enfermés vers 15h, avec toutes les femmes et les enfants du village. Vers 16h, les soldats y introduisirent un engin explosif. Celui-ci dégagea une fumée asphyxiante, puis des SS pénétrèrent dans l’édifice et mitraillèrent femmes et enfants, jetèrent des grenades puis incendièrent l’église. Denise Bardet périt dans l’incendie, on retrouva son corps serrant dans ses bras, dans une ultime protection, une jeune élève de sa classe.
Elle obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945. Son nom figure sur le monument commémoratif des martyrs du 10 juin 1944. Il est également inscrit avec celui de ses six collègues victimes du nazisme sur la plaque commémorative apposée dans la cour de l’ancienne école normale de Limoges (aujourd’hui centre de formation des maîtres).
Après sa mort on retrouva dans ses papiers, des cahiers et des carnets qui ont, ces dernières années faits l’objet de publications (cf. centre de la mémoire d’Oradour et article L’Humanité. op. cit.)
Voir Oradour-sur-Glane
Sources

SOURCE : Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane (en particulier, Liste des victimes) et article Denise Bardet. — Journal L’Humanité 10 juin 2002, Jean Morawski Oradour-sur-GlaneMémorial GenWeb.

Dominique Tantin, Michel Thébault

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