Né le 5 août 1935 à Strasbourg (Bas-Rhin), massacré le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; victime civile.

Né de père inconnu, il était le fils de Maria Braunstein, jeune domestique originaire d’Erstein, commune limitrophe de Strasbourg (Bas-Rhin), au sud de la ville. Il s’installa à la fin des années 30, avec sa mère, auprès de sa grand-mère, qui habitait alors Schiltigheim au nord de Strasbourg. En septembre 1939, Schiltigheim fut évacuée, conformément au plan prévu par le gouvernement français. Sur les 22.000 habitants, environ 13.900 furent dirigés vers la Haute-Vienne. Le village d’Oradour-sur-Glane accueillit 453 habitants de Schiltigheim. Marie Braunstein, sa mère, retrouva à Oradour un jeune homme d’origine polonaise, qu’elle avait connu à Schiltigheim, Joseph Bergmann. Ils se marièrent à Oradour-sur-Glane le 25 avril 1940 et Joseph reconnut comme son fils le petit Serge âgé de cinq ans. A l’été 1940, après l’armistice, une grande partie des habitants de Schiltigheim choisit de rentrer en Alsace. Huit réfugiés schilikois choisirent de rester à Oradour-sur-Glane : parmi eux, une famille juive les Kanzler et la famille Bergmann catholique mais qui avait réussi son intégration au village. Joseph Bergmann y avait trouvé un emploi de coiffeur chez Lucien Morliéras et participait comme joueur au club de football local. Dans une lettre adressée par Maria Bergmann à son frère Joseph Braunstein retourné vivre en Alsace, elle écrivait en 1943 : « Notre Serge a grandi, on ne le reconnaîtra plus quand il reviendra. Il va à l’école, apprend bien, il est aussi servant de messe à l’église. Plus tard on en fera sûrement un curé… La photo de Maman lui a donné beaucoup de joie, il l’a embrassée plusieurs fois et montrée à tous les gens ». (Article Les mariés d’Oradour sur le site de la ville de Schiltigheim, op. cit.).
Serge Bergmann fut victime du massacre commis par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich à Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944. Écolier à l’école primaire d’Oradour, il fut sans doute, avec tous les enfants des écoles, conduits en compagnie de leurs instituteurs dans l’église du village où ils furent enfermés vers 15h, avec toutes les femmes et les enfants du village. Vers 16h, les soldats y introduisirent un engin explosif. Celui-ci dégagea une fumée asphyxiante, puis des SS pénétrèrent dans l’édifice et mitraillèrent femmes et enfants, jetèrent des grenades puis incendièrent l’église. Serge, âgé de 8 ans presque révolus, périt ainsi dans l’église avec les autres femmes et enfants d’Oradour, parmi lesquels se trouvait sa mère Maria Braunstein épouse Bergmann. Son père Joseph Bergmann périt mitraillé puis brûlé dans l’une des six granges dans lesquelles les hommes furent massacrés.
Son nom figure sur la stèle de la Résistance érigée à Schiltigheim (Bas-Rhin) en 2009.
Serge Bergmann obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.
Voir Oradour-sur-Glane
Sources

SOURCES :: site de la ville de SchiltigheimMémorial GenWeb. — AJPN Haute-Viennehtml]. — Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. En cas de divergence entre les sources, nous avons retenu les informations d’état-civil de cette liste.

Dominique Tantin, Michel Thébault

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