Né le 10 janvier 1926 à Asnans, [Asnans-Beauvoisin] (Jura), exécuté sommairement le 27 juillet 1944 à Saligney (Jura) ; ouvrier ; résistant du maquis Panthère.

Portrait de Bernard Bressand
Communiqué par Julien Cêtre
Dernière lettre du 23 juillet 1944
Bernard Bressand était le fils de Joseph Anselme Bressand, sans profession et de Louise Henriette Bompy, respectivement ouvrier d’usine et femme au foyer en 1944, cette dernière élevant ses quatre enfants, Bernard et ses trois sœurs, dont l’ainée Marcelle ravitaillait le maquis.
Bernard Bressand était célibataire et travaillait depuis 1941 en qualité de mouleur aux entreprises Jacob Delafon de Damparis (Jura).
Il s’engagea le 18 juin 1944 au maquis Panthère constitué à partir du 13 juin sur le mont de Vassange, au camp des "Belles Charmes", à Saligney (Jura) où il prit le pseudonyme de Maxime. Selon les dires de sa sœur, c’est lui qui dessinait les brassards des maquisards.
Le 27 juillet au matin le maquis fut encerclé par un détachement de la 157e division d’intervention allemande composé en majorité de cosaques de l’Armée Vlassov.
Bernard Bressand fut capturé avec d’autres camarades, Jean-François Schutz dit "Poucet", Roland Piquet dit "Roly", René Brenier dit "Binbin", Marius Panneaux dit "Bouboule", Jean Tupin dit "Barnabé" et Gabriel Luquet dit "Bibi" alors qu’ils se cachaient derrière des buissons et vers 15h30 en compagnie de trois d’entre eux, Roland Piquet*, Marius Pannaux* et Jean Tupin* il fut abattu à la mitraillette au lieudit "Aux Bouleaux", dans le bois de la Reime, à Saligney.
Un autre de leurs camarades, Georges Durand qui avait été surpris dans un champ d’avoine réussit à s’enfuir avant d’être fusillé en courant vers le bois, à travers lequel il put rejoindre Thervay et faire panser sa blessure à la main. Ce fut ensuite le tour de Jean Schutz et de René Brenier. Gabriel Luquet échappa miraculeusement en faisant semblant d’être mort.
Bernard Bressand fut inhumé au carré militaire du maquis de Saligney puis son corps fut rapatrié le 11 novembre 1944 au cimetière d’Abergement-la-Ronce (Jura).
Il obtint la mention "Mort pour la France" transcrite sur son acte de décès le 21 octobre 1945 et à titre posthume la Croix de guerre avec étoile de bronze le 25 juin 1945, la médaille militaire et la médaille de la Résistance française le 28 mars 1961.
Son nom figure sur le monument commémoratif du maquis de Saligney et sur le monument aux morts d’Abergement-la-Ronce. Un grand calvaire a été érigé sur la D15 au lieudit "Aux Bouleaux", près de l’endroit où les maquisards furent fusillés.
Dernière lettre de Bernard Bressand à ses parents le 23 juillet 1944 :
Orthographe d’origine respecté.
j’ai touché une bonne 23.7.44.
paire de gaudasses au poil
 
Chers parents
Je profite que 2 copains viennent en permission comme moi pour vous faire parvenir ce que j’ai de trop comme vêtements car il ne faut être trop charger, d’ailleurs maintenant nous sommes surpris par les frisés. D’ailleurs l’autre jour quand Gaglio était en perme nous avons eut alerte et nous sommes partit du camp sous la pluie mais alors une pluie, tu peux être sur que la raie du cul faisait chaineau voila comme ca est arrivé. nous étions en train de diner quand tout a coup un de nos guetteur a apercut une vingtaine de camions sur la route, puis aussitôt un homme d’un pay voisin qui est chargé de cela est venu nous dire qu’ils traquaient notre mont ou était le camp alors aussitôt le lieut. Envoie un homme en mission dans un chemin a travers bois Mais il n’a pas été loing ayant fait 1km sous bois, il entendit les balles qui commencait à siffler à ses oreilles et raffales de mitraillettes aussitot lui pas armé se sauve et ce flanque dans la broussaille le long d’une ligne et il est resté le tanto et la nuit les allemands on tous passé a coté de lui tu parle si il les avait a zéro ils était au moins 200
Aussitôt ses coups le camp alerté nous avons décroché. Arme au dos, munissions, sac, tout l’équipage, nous sommes partit, dans un bois non loing de la, nous sommes revenus le soir à la tombe de la nuit, très prudamant croyant trouver les Deutches dans les cabanes, mais rien n’était touché, rien du tout. Ils ont passé en peut-être a 300 mètres des pistes, qu’elle chance, ce sera pour une autres fois, mais je crois maintenant que la pagaille en Allemagne commence Vive le Retour.
Alors je renvois une chemise « 3p de chaussettes, car nous en avons touché et des bonnes » et le foulard. un paquet de tabac, je n’envoie pas plus de tabac car si on se sauve on est obligé de tout laissé, alors mois jen aurai toujours quelque paquet mais par la suite tu en auras. Chers Parents soyez tranquille le moral est bon, le courage il y en a, je suis fier de moi, surtout la santé est bonne. J’ai fait bon retour Vendredi, mais le temp ma un peu duré quand même il faudrais au moins 8 jours.
Chers Parents je termine mon brouillon en vous embrassant tous bien fort et en vous donnant de mon courage pour attendre mon retour qui n’est pas très loing. Votre fils qui pense souvent à vous.
A bientôt. Bernard Bressand
Sources

SOURCES : André Besson, Les maquis de Franche-Comté, ch. 14, La tragédie de Saligney, pp. 165 à 188, éd. France-Empire 1998". — Mémorial GenWeb. — État civil. — Témoignage de Julien Cêtre, son petit neveu.

Jean-Louis Ponnavoy

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