Né le 10 juillet 1910 à La Châtre (Indre), tué le 21 septembre 1944 à Paris (Xe arr.) ; typographe ; victime civile.

Fils de Alexandre Lalis, voyageur de commerce, et de Marie Philippon, Étienne Lalis fut interne aux Orphelins des Apprentis d’Auteuil, il se forma au métier de typographe. Le 24 janvier 1929, il entra à l’imprimerie d’Ouvriers Sourds-Muets, 31 villa d’Alésia à Paris (XIVe arr.), puis le 10 mai de la même année aux ateliers de l’Imprimerie Administrative Centrale, 36 rue de la Santé dans le même arrondissement, où il est resta jusqu’au 9 août 1929.
De 1929 à 1932 il effectua son service militaire à Rochefort en devint quartier maître. Libéré, il travailla du 11 septembre 1933 au 13 août 1935 en tant que compositeur typographe, aux Ateliers de la Société Générale d’Imprimerie et d’Éditions. Le 7 juillet 1936, il épousa en mairie du XVIe arrondissement Augusta Goiset, originaire de la Haute-Saône, employée de maison à Paris depuis l’âge de quatorze ans. Ils habitèrent dans une chambre de bonne, puis au 6 rue Alibert à Paris (Xe arr.).
Il a été mobilisé du 7 mars 1940 au 26 juin au Premier Dépôt de la défense du littoral à Cherbourg (Manche). Sa démobilisation a eu lieu le 8 juillet 1940. Il participa aux combats de la Libération de Paris, fut chef d’un corps franc des F.F.I. avec André Picou dont il fut le chauffeur. Engagé volontaire dans les corps francs de la police du Xe arrondissement, il prendra, du 19 au 25 août, part aux combats de la Libération de Paris. Étienne Lalis était parmi les FFI retranchés dans la mairie du Xe arrondissement, ils soutiendront pendant plusieurs heures l’assaut des allemands, appuyés par deux chars Panthers.
Le 21 septembre 1944, il était en sa compagnie et celui de son épouse Émilienne dans leur loge de concierge 41 rue des Vinaigriers à Paris (Xe arr.). Trois hommes armés firent irruption et tirèrent à la mitraillette, le couple Picout et d’Étienne Lalis furent tués. Ces assassinats aurait été l’œuvre d’anciens collaborateurs des allemands ou de membres de corps francs ou FFI . impliqués dans des braquages aux faux policiers. L’Humanité et Le Populaire du 24 septembre 1944 se firent l’écho des assassinats.
Le corps d’Étienne Lalis a été emmené à l’Hôpital de l’Hôtel-Dieu à Paris (IVe arr.), puis le 23 à l’Institut Médico-Légal (I.M.L.) pour autopsie. La mort par balles fut confirmée. Son inhumation se déroula le 29 septembre 1944 dans le caveau familial au cimetière d’Issy-les-Moulineaux (Seine, Hauts-de-Seine). Sur une plaque posée au 41 rue des Vinaigriers il a été écrit : « Ici demeurait André Picout gardien de la paix Émilienne Picout son épouse assassinés le 21 septembre 1944 morts pour la France ». Le nom d’Étienne Lalis n’y était pas inscrit.
Nicole, fille d’Étienne Lalis mena pendant des années une lutte opiniâtre pour honorer la mémoire de son père. Le 17 février 2016 une cérémonie se déroula devant le 41 rue des Vinaigriers. Une adjointe au maire de Paris prit la parole, l’engagement d’Étienne Lalis dans les combats de la Libération de Paris, ceux de la mairie du Xe arrondissement et l’attaque de la caserne Prince Eugène, place de la République, où étaient des soldats allemands furent rappelés.
Une plaque fut posée sous celle honorant André et Émilienne Picout, « En cette maison Étienne Lalis membre des F.F.I. Chauffeur d’André Picout a été mortellement blessé le 21 septembre 1944. Mort pour la France ».
Sources

SOURCES : Arch. PPo. Registre de l’I.M.L. septembre 1944 n° 1377. – Site internet « La Libération de Paris » de Gilles Primout. – Site internet GenWeb. — État civil.

Daniel Grason

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