A Vatteville-la-Rue, (Seine-Inférieure, Maritime), au Hameau de la Vacquerie sur la route d’Aizier (Eure), cinq hommes sont assassinés par une unité SS lors du repli des Allemands et de leur franchissement de la Seine à la fin août 1944.

Stèle calvaire sur le bord de la route forestière Vatteville-Aizier.
"Ils le suivirent..." En haut de la stèle. Jacques et Jean suivant le Christ.
Vatteville-la-Rue est une commune du canton de Caudebec-en-Caux (Seine-Inférieure, Maritime), située au sud et rive gauche de la Seine dans sa partie inférieure à une cinquantaine de kilomètres de la mer. Vatteville est situé dans un méandre formant ce qu’on appelle une presqu’île dans laquelle s’étend la vaste forêt de Brotonne. Pour les Allemands, c’est la débâcle qui résulte de leur défaite avérée fin août 1944, face aux Alliés en Normandie. Cette boucle de la Seine se révèle une souricière pour les derniers éléments de la VIIe Armée allemande retenus au sud par les Alliés qui tiennent déjà une partie de la forêt de Brotonne. Pour échapper à cette souricière, il faut, aux troupes en repli, trouver en hâte un moyen quelconque de franchir la Seine. Ces traversées, bien organisées au début, subissent les bombardements incessants des Alliés et finissent par s’effectuer de manière individuelle et en catastrophe. Les soldats très nerveux, sous la pression de l’artillerie anglaise qui les repousse, recherchent tout ce qui pourrait flotter pour passer sur la rive droite du fleuve. Une fantastique quantité de matériel militaire allemand est abandonné sur la rive gauche de la Seine.
La Vacquerie est un hameau forestier du bord de Seine niché dans la forêt de Brotonne. A cet endroit, les troupes allemandes qui se tiennent à couvert des avions alliés peuvent accéder en direct de la forêt à la Seine aux environs du petit port d’Aizier. C’est un lieu de passage abrité, recherché par les soldats en fuite.
Le 29 août 1944, s’effectuent les dernières traversées. Les deux frères Lallemant, réfugiés du Havre à Vatteville et requis comme bûcherons, sont occupés à arranger l’entrée d’un abri où se pressent plusieurs familles. Un groupe SS de couverture du repli allemand vient à passer, il intime aux deux frères de marcher devant eux comme des boucliers humains et les emmène. Dans l’abri, on s’inquiète. La soeur des deux hommes qui était avec eux dans l’abri, part à leur recherche et les découvre étendus côte à côte, la face contre terre, sur la route forestière qui mène à Aizier. A quelques mètres plus loin, sur le bord du fossé, les cadavres de deux travailleurs italiens et d’un Polonais mitraillés qui, effrayés par les détonations, avaient tenté en vain de fuir.
Le travailleur Polonais n’est pas identifié
Deux étaient des Italiens :
GOBBI Guilio
MELONI Milito
LALLEMANT Jean,Marcel, Léon
LALLEMANT Jacques,Albert,Michel
Un INCONNU Polonais
Au hameau forestier de la Vacquerie, au bord de la route qui va de de Vatteville à Aizier, a été dressée sous les arbres une stèle en forme de calvaire dédiée aux frères Lallemant. Au bas de la stèle : " Ici sont tombés Assassinés par les Allemands Jean et Jacques Lallemant le 29 août 1944 Prions pour eux". Sur la partie transversale de la croix, figure un bas relief religieux, soigneusement sculpté, représentant un Christ auréolé suivi fidèlement par deux apôtres avec leurs barques. Probablement Jean et Jacques. Avec, inscrite, la devise " Ils le suivirent".
Au centre du bourg de Vatteville-la-Rue, sur le monument aux morts, les frères Lallemant figurent parmi les quatre tués du village en 1939-1945. Il n’est nulle part, dans le village, fait mention des deux Italiens et du Polonais qui furent tués le 29 août 1944, dans la commune de Vatteville-la-Rue, en même temps que les frères Lallemant.
Sources

SOURCES : Hommage aux fusillés et aux massacrés de la Résistance en Seine-Maritime. 1940-1944. Édité par l’Association Départementale des Familles de Fusillés de la Résistance de Seine-Maritime (1992). — Maurice Dragon Caudebec-en-Caux 1939-1944 Editions Bertout (1994). — Gontran Pailhès Rouen et sa région pendant la guerre 39-45 Réimpression de l’original de 1949 Editions Bertout (1993). — Memorial Gen Web.

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