Né le 22 mai 1908 aux [Les Planches-en-Montagne] (Jura), exécuté sommairement le 30 novembre 1944 à Pforzheim (Bade-Wurtemberg, Allemagne) ; dessinateur ; résistant du réseau SR Alliance.

Henri Marano était le fils de Antoine, plâtrier, âgé de 53 ans et de Constance Clémence Tissot, épicière, âgée de 39 ans.
Il s’engagea le 29 novembre 1926 au 19e régiment de tirailleurs algériens. Promu sergent fourrier, il se réengagea le 11 mai 1928 au 7e régiment de tirailleurs algériens. Ayant terminé son service, il revint en France en 1930 et s’installa à Paris où il travailla comme courtier à la Bourse. Il fut rappelé sous les drapeaux le 1er septembre 1939 et affecté au dépôt d’intendance n° 172.
Refusant la défaite et l’occupation, il entra dans la Résistance au réseau de renseignements militaires "Alliance" dépendant du BCRA/DGER, sur la région de Lyon, comme agent du secteur du Rhône "Villa".
Depuis le 7 juin 1943, il exerçait la profession de dessinateur industriel et résidait à Villeurbanne (Rhône). Il acheta en même temps un salon de coiffure qui servit de lieu de rencontre clandestin pour les membres de l’organisation.
Il fut arrêté le 17 juin 1943 et transféré sur ordre de la Gestapo de Strasbourg en Allemagne en décembre 1943, et interné au secret à la prison de Pforzheim, le 25 janvier 1944. Le 19 mars 1944, la Gestapo transmit un dossier concernant huit détenus dont Henri Marano, au Tribunal de guerre du Reich, qui y apposa les tampons « secret » et « affaire concernant des détenus », ainsi que la mention « NN » (Nacht und Nebel-Nuit et Brouillard).
Devant l’avance des Alliés sur le Rhin le 30 novembre 1944, Henri fut extrait de sa cellule ainsi que 17 autres hommes et 8 femmes appartenant comme lui au réseau Alliance. Après un simulacre de libération, ils furent tous conduits en camion à la forêt de Hagenschiess, à quelques kilomètres de Pforzheim et abattus d’une balle dans la nuque par les agents de la Gestapo de Strasbourg, Julius Gehrum, chef de l’AST III, Reinhard Brunner, Howold, Buchner et Irion, puis jetés dans une fosse recouverte ensuite de terre et de branchages.
Leurs corps furent exhumés par les autorités françaises le 19 mai 1945 et mis par des civils allemands dans des cercueils devant lesquels la population de Pforzheim dut défiler au cours d’une émouvante cérémonie. Ils furent ensuite rapatriés en France.
Il repose aujourd’hui à la Nécropole nationale de Strasbourg-Cronenbourg (Bas-Rhin).
Il fut déclaré mort en déportation par arrêté du 26 février 2013.
Son nom figure à la Nécropole nationale de Strasbourg-Cronenbourg (Bas-Rhin) et sur la stèle commémorative du réseau Alliance à Pforzheim (Allemagne).
Sources

SOURCES : Auguste Gerhards, Tribunal du 3e Reich, archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, Le Cherche Midi, Paris 2014.— Mémorial de l’Alliance, 1948.— Mémorial Genweb.— État civil.

Jean-Louis Ponnavoy

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