Né le 6 juin 1902 à Brest (Finistère), exécuté sommairement le 30 novembre 1944 à Pforzheim (Bade-Wurtemberg, Allemagne) ; manœuvre à l’arsenal de Brest ; résistant du réseau SR Alliance.

René Premel était le fils de Jean, 2e maître mécanicien à Toulon, âgé de 32 ans et de Jennie Raoul, âgée de 27 ans. Il se maria le 7 août 1925 avec Marguerite Marie Corre.
Il travaillait comme manœuvre à l’arsenal de Brest, et devint agent de renseignement et radio dans la région Bretagne " Chapelle " du réseau "Alliance", avec le pseudonyme "Grèbe". Il était particulièrement responsable des liaisons avec les services secrets.
Il fut arrêté le 27 septembre 1943 avec son épouse Marguerite et sa belle-mère Marie Jeanne Le Bacquet et interné avec elles à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne) puis déporté à destination de l’Allemagne sur ordre de la Gestapo de Strasbourg et incarcéré à la prison de Pforzheim (Bade-Wurtemberg) le 25 janvier 1944, où il fut écroué sous le n° 559. Son dossier ainsi que celui de onze autres codétenus fut transmis le 2 mars par la Gestapo de Strasbourg, au Tribunal de guerre du Reich sous l’inculpation d’espionnage au profit d’une puissance ennemie. Le Tribunal y apposa les tampons « secret » et « affaire concernant des détenus », ainsi que la mention « NN » (Nacht und Nebel-Nuit et Brouillard). Il n’y aura aucun jugement et les détenus furent remis à disposition du SD de Strasbourg le 10 septembre 1944, ce qui équivalait à une condamnation à mort.
Devant l’avance des Alliés sur le Rhin le 30 novembre 1944, il fut extrait de sa cellule ainsi que 17 autres hommes et 8 femmes appartenant comme lui au réseau Alliance. Après un simulacre de libération, ils furent tous conduits en camion à la forêt de Hagenschiess, à quelques kilomètres de Pforzheim et abattus d’une balle dans la nuque par les agents de la Gestapo de Strasbourg, Julius Gehrum, chef de l’AST III, Reinhard Brunner, Howold, Buchner et Irion, puis jetés dans une fosse recouverte ensuite de terre et de branchages.
Le 19 mai 1945, les soldats français exhumèrent les 26 corps de ce charnier. Des civils allemands réquisitionnés furent contraints de les placer dans des cercueils et toute la population de Pforzheim dut défiler devant les dépouilles au cours d’une émouvante cérémonie.
Son acte de décès fut transcrit à Brest le 25 mars 1949.
Il obtint la mention "Mort pour la France" et la mention "Mort en déportation" par arrêté du 3 novembre 1997.
Son nom figure sur la stèle commémorative réseau Alliance à Pforzheim (Allemagne).
Sources

SOURCES : Auguste Gerhards Tribunal du 3e Reich, archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, Le Cherche Midi, Paris 2014. — Livre Mémorial des Déportés de France de la F.M.D. tome 1. — Mémorial de l’Alliance, 1948. — Mémorial GenWeb. — État civil.

Jean Louis ponnavoy

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