Le camp de Souge, situé en Gironde, sur la commune de Martignas-sur-Jalle, non loin de Bordeaux, fut l’un des principaux sites d’exécution des condamnés à mort et des otages par les Allemands. Ils furent 256 à tomber sous les balles des pelotons. C’est un important lieu de mémoire.

Enceinte
Source : Association du Souvenir des fusillés de Souge.
Exhumation des corps
Source : Association du Souvenir des fusillés de Souge.
Le cheminement
Source : Association du Souvenir des fusillés de Souge.
Stèle des femmes, conjointes déportées
Source : Association du Souvenir des fusillés de Souge.
Cérémonie
Source : Association du Souvenir des fusillés de Souge.
Le camp militaire de Souge
Depuis 1845, c’est un camp militaire de 2 800 hectares. De 1940 à 1944, les Allemands installent des « enceintes de fusillade » en deux lieux différents. Les futures victimes, otages, condamnés ou sans jugement, sont attachées à un poteau, devant un talus ou des tas de bois appelés « bûchers ».
Pourquoi 256 fusillés à Souge ?
La ligne de démarcation coupe la Gironde en deux, et détermine une bande se prolongeant jusqu’à la frontière espagnole. Ainsi Bordeaux, disposant d’un port, d’un aéroport, d’usines d’aviation et d’une poudrerie verra la construction du Mur de l’Atlantique, de la base sous-marine, des mouvements divers de navires de guerre et la présence de forces armées importantes. Bordeaux, étant une base stratégique de premier ordre, sera le lieu d’une répression particulièrement féroce. Souge est le deuxième lieu de fusillade en France.
Qui étaient-ils ?
Des hommes, abattus dans la fleur de l’âge, enfants, pères, époux, compagnons attachés à leur famille, amoureux de la vie, professionnels reconnus, militants, citoyens, résistants pris comme otages ou arrêtés pour s’être opposés au régime de Vichy et à l’ennemi. D’une très grande diversité, d’origine géographique, d’appartenance religieuse, philosophique, politique, ou d’engagements dans les différents mouvements de résistance, unis dans le combat de libération de la France.
1940
2 hommes sont fusillés « pour attitude antiallemande ».
KARP Israël Leizer 54 ans ; le 27 août
MOURGUES Pierre dit Lucien 69 ans ; le 5 décembre
23 octobre 1941 : un fusillé
LEREIN Pierre Jean 19 ans
24 octobre 1941, première fusillade massive : 50 fusillés
Pour tenter d’enrayer le phénomène d’agressions contre les soldats allemands, les nazis mettent en place « la politique des otages ». 48 hommes sont fusillés à Châteaubriant, Nantes et Paris. 50 le seront à Souge, sur la base de listes alimentées par la police de Vichy et fixées par les Allemands (comprenant des communistes essentiellement et des gaullistes). 35 étaient des internés communistes du camp de Mérignac, 15 étaient détenus au Fort du Hâ et interpellés pour actions de résistance ou pour avoir tenté de traverser la ligne de démarcation et/ou de rejoindre Londres.
ALLO Roger 35 ans
AMANIEU André 46 ans
AUDRAN René 19 ans
BALLOUX René 37 ans
BALSSA Honoré 42 ans
BELLOC Julien 53 ans
BLANC Jean 20 ans
BONNARDEL Jean 37 ans
BONNEL Henri 21 ans
BOUCAULT Jean-Roger 26 ans
BRET Robert 35 ans
BRUNET Joseph 57 ans
CANTELAUBE Jean 31 ans
CHARLIONNET Alfred 46 ans
DELATTRE Marcel 31 ans
DELOR Yves 30 ans
DELRIEU Henri 30 ans
DESBATS Marc 44 ans
DUPIN Emile 21 ans
DURAND Louis 54 ans
ELLIAS Louis 58 ans
GAYRAL Armand 36 ans
GERARD René 52 ans
GIRARD Jean 20 ans
GIRARD Pierre 20 ans
GRANET Lucien 41 ans
GUICHARD Louis 18 ans
JULLIEN René 20 ans
LABROUSSE Fernand 32 ans
LAGOUTTE Raymond 31 ans
LAPELLETRIE André 30 ans
LAVAL Alban 58 ans
LE BORGNE Roger 19 ans
LEJARD Roger 30 ans
MALSANG Robert 35 ans
MASSIAS Gabriel 39 ans
MAUMEY Camille 34 ans
MERY Richard 55 ans
METTE Jean 34 ans
MICHEL Jean 18 ans
MONDAUT Jean 56 ans
NANCEL PENARD Raymond 35 ans
PUYOOU Laurent 46 ans
RAUFASTE Jean-Baptiste 25 ans
REYRAUD Gaston 54 ans
ROCHEMONT Louis 37 ans
ROUCHEREAU René 32 ans
TRABIS Michel 51 ans
VILAIN Pierre 27 ans
WATTIEZ Alfred 21 ans
1942 La répression s’accentue
Malgré la répression de 1940 et 1941, la résistance à l’occupation allemande et à Vichy est en place. De leur côté, les polices française et allemande prennent des mesures de surveillance qui aboutissent à des arrestations en nombre. On en verra les conséquences à Souge. 99 fusillés du 7 janvier au 23 octobre 1942 se répartissant en exécutions individuelles ou par groupes de plus ou moins d’importance numérique.
16 fusillades d’isolés :
On trouve quelques otages et une majorité de condamnés à mort pour détention d’armes, espionnage ou « aide à l’ennemi ».
BAZOT Louis 34 ans ; le 7-janvier
HERMANS Paul 19 ans ; le 2-mars
ARGILLOS Gérard 27 ans ; le 31-mars
LAMBERT Maurice 40 ans ; le 14-avril
MOLIERAC Pierre 58 ans ; le 18-avril
PIOT Jean 21 ans ; le 16-mai
BEAUTEMPS Joseph 52 ans ; le 16-juin
BOURNET Albert 25 ans ; le 25-juin
BONHOMMÉ Robert 34 ans ; le 29-juin
LAGARRIGUE Daniel 36 ans ; le 13-juillet
KOWALCZYK Joseph 19 ans ; le 12-septembre
BONHOMME Gustave 60 ans ; le 23-octobre
HAMPELS Stephan 19 ans ; le 23-octobre
RYPS Stanislas 26 ans ; le 12-septembre
Les réseaux Kléber, Vénus, Chabor (Services Spéciaux de la Défense Nationale)
Le service de renseignement Kléber-Terre est un service permanent des armées en France. Dissout par les Allemands, dans la clandestinité, il apporte une aide décisive aux alliés. Chrétiens, ils venaient du Nord de la France et de Gironde ils rejoignent ce mouvement, traversant à de multiples reprises la ligne de démarcation. Six membres de ce réseau ou travaillant avec lui sont fusillés à Souge, début 1942. Un agent double les a tous « donnés ».
BAUDRILLARD Albert 52 ans ; le 9-mars
BARBRY Roger 18 ans ; le 14-avril
LOMBART Ernest 21 ans ; le 14-avril
DESREUMEAUX Paul 20 ans ; le 18-avril
BARRENECHE Raphaël 47 ans ; le 18-mai
GEMIN Pierre 21 ans ; le 13-juillet
Le groupe des postiers
Ceux que l’on appelle le groupe des postiers ou groupe Bouvart sont fusillés « par mesure expiatoire » dira la Kommandantur à la suite de l’attentat du 16 avril 1942 contre un train de permissionnaires allemands près de Caen. Tous ne sont pas postiers mais leurs actions consistent en la diffusion de journaux et tracts à partir de la plaque tournante qu’est la gare de Bordeaux Saint Jean. Cinq d’entre eux sont fusillés le 30 avril 1942, les familles ne seront prévenues que 8 jours après.
BOUCHERIE François 28 ans
BOUVART Claude 25 ans
CORBIERE Clément 28 ans
GUERIN André 36 ans
MONEDE Jean dit Roger 30 ans
Le réseau Jove
C’est un réseau de renseignement (constitué dès novembre 1940 pour son antenne bordelaise), rattaché aux Forces Françaises Combattantes (FFC) et à l’Intelligence Service (renseignement anglais).Il fonctionne avec des entreprises effectuant des travaux pour les Allemands et toutes autres formes d’espionnage, par le canal d’une valise-radio itinérante dans Bordeaux ainsi qu’à Angoulême où le responsable régional centralise les renseignements, les officiers du réseau informant les alliés. Après un procès de pure forme, quatre membres du réseau sont fusillés à Souge le 28 juillet 1942.
CRASSAT Pierre 24 ans
JACOB Robert 26 ans
JACOB René 58 ans
ROYER Marcel 30 ans
Les 70 du 21 septembre
58 girondins dont 52 salariés, ouvriers résistants des entreprises de l’aéronautique principalement, arrêtés pour actions de propagande communiste, de sabotages et de renseignements.
11 victimes Francs Tireurs et Partisans (FTP) de Charente et Charente Maritime qui, outre des sabotages divers, avaient infiltré un dépôt d’armes allemand à Jonzac.
Un résistant landais, responsable FTP de l’agglomération montoise, dénoncé par un traître, et détenu au fort du Hâ a été joint au groupe.
En représailles des attentats commis à Paris (dont celui du Rex) les autorités allemandes décident de fusiller 116 otages.46 détenus de la prison de Romainville sont fusillés au Mont Valérien. Bordeaux « fournira » les 7O otages complémentaires internés à Mérignac et au fort du Hâ. Le compte rendu d’exécution signale une fusillade par groupe de 10 de 18h12 à 20h20. Deux heures avant d’être conduits devant les« bûchers », chacun a reçu du papier et un crayon pour écrire une dernière lettre à sa famille.
ANTOINE René 38 ans
BIERGE Raymond 29 ans
BISTUER François 45 ans
BLATEAU Marcel 37 ans
BLOT Gérard 24 ans
BONNAFON Jean-Bernard 44 ans
BORIA Louis 31 ans
BROUILLON Charles 44 ans
CASTERA Gabriel 31 ans
CASTERA René 33 ans
CHARDIN André dit Louis 42 ans
CHAUVIGNAT Jean 57 ans
DANCLA Jean 34 ans
DE OLIVEIRA René 21 ans
DEGAIN André 23 ans
DORÉ Antoine 33 ans
DUPEYRON Albert 32 ans
DUPUY Gabriel 29 ans
ELOI Louis 37 ans
ESPAGNET Jean 42 ans
FLEURAUX Gabriel 32 ans
FOURCADE Paul 39 ans
GENESTE Gabriel 26 ans
GONZALEZ ANGULO Vincent 24 ans
GRATIOT Gabriel 29 ans
GRUGET Ernest 39 ans
GUERAULT Roger 38 ans
GUILLON Jean 34 ans
GUILLON Prosper 62 ans
HOURNAU Ernest 36 ans
ITEY Jean 37 ans
JONET Arthur 43 ans
JOUGOURD Marcel 28 ans
LAPEYRADE Jean 49 ans
LASSERRE Maurice 44 ans
LAURENT Robert 26 ans
LAVERNY Louis 35 ans
LHUSSIER Jean 26 ans
MEHAY Armand 43 ans
MELLIER René 35 ans
MEYNIER Jules 57 ans
MONGE Raymond dit Armand 22 ans
MOULIA Louis 37 ans
NOUTARI Robert 30 ans
OUSSET Joseph 36 ans
PATEAU Alexandre 47 ans
PERDRIAU Camille 19 ans
PINAUD Franck 32 ans
POMIÈS Jean-Baptiste 61 ans
PORTIER Abel 59 ans
PORTIER Marc 28 ans
PUECH Paul 30 ans
RABEAUX Raymond 31 ans
RANDÉ Georges 31 ans
RAZEAU Edgard 34 ans
RAZEAU Jean 32 ans
REYSSIÉ Albert 36 ans
RODRIGUEZ Jean 33 ans
SANSON Franc 22 ans
SAURA Hilaire 38 ans
SEDZE HOO Jean 33 ans
TARIS Etienne 32 ans
TERRAL Joseph 42 ans
VACHE René 22 ans
VALLINA y GONZALEZ, Lucien 36 ans
VILLENAVE Marcel 24 ans
VINSONNEAU Henri 33 ans
VITRAC André 31 ans
VOIGNIER Raoul 34 ans
ZARZUELA Michel 24 ans
1943 année de l’espoir
Toujours fortement réprimée, décapitée, la Résistance se redresse grâce aux quelques appuis locaux restants et à l’arrivée de responsables venant d’autres régions aussi bien pour les FTP que pour les Mouvements Unis de la Résistance(MUR). Avec la politique des otages, il s’agissait de faire peur… c’est le contraire qui se produit, aussi les Allemands y renoncent. D’autant que les besoins de main d’œuvre sont pressants en Allemagne. Le Service du Travail Obligatoire (STO) est censé y répondre mais les « réfractaires » grossissent les rangs de la Résistance.
Mais l’année 1943 est aussi celle de l’espoir. Différents évènements nationaux (réunification de la CGT, mise en place du Conseil National de la Résistance le 27 mai1943, sous l’impulsion de Jean Moulin, unification des mouvements de la Résistance) créent une dynamique nouvelle en s’inscrivant dans une perspective non plus seulement d’opposition, mais aussi de reconstruction du pays dès qu’il sera libéré.
Le contexte mondial crédibilise cet espoir. La ville de Stalingrad est assiégée depuis septembre 1942. Le 2 février1943, l’armée soviétique boute hors les murs l’envahisseur en lui infligeant de lourdes pertes. L’intervention des États-Unis en Afrique du Nord assoit une base d’action pour les alliés qui interviennent avec succès en Italie et en Corse en appui du soulèvement local. Les forces données par cet espoir seront déterminantes en 1944. Deux hommes sont fusillés à Souge au cours de l’année.
DEFLANDRE Gustave 36 ans ; le 4-janvier
HONTANGS René 51 ans ; le 13-octobre
Mais… la déportation au départ de Bordeaux s’intensifie : au total, 1100 résistants et 1660 juifs, durant le conflit.
1944
C’est l’année la plus meurtrière à Souge avec 102 fusillés. C’est un lourd tribut payé par les résistants aux difficultés qu’ont connues en 1943 les nazis et Vichy.
Les fusillades isolées
CAZALAS Pierre, 23 ans ; le 10-février
BASSIE Charles, 19 ans ; le 24-avril
ROMERO Pascual, 26 ans ; le 24-avril
Le Groupe Honneur et Patrie se constitue en 1942 à partir de la rencontre de quatre hommes, déjà engagés dans la résistance à l’occupation allemande : Léopold Robinet à l’initiative du mouvement, Edmond Grasset, agent de liaison du mouvement Libération Nord, le commandant Eugène Lisiack, responsable départemental du réseau de renseignement Centurie et Raymond Bouchet, instituteur révoqué par Vichy.
À l’été 1943, le groupe, compte 110 membres issus de toutes classes sociales, tendances politiques et confessions, et dont beaucoup sont rattachés à l’Organisation Civile et Militaire (OCM) ou à Libération Nord et assurent des liaisons avec Londres, des réceptions de parachutages….
A partir de septembre 1943, une série d’arrestations anéantit son état-major et son encadrement : 77 personnes sont arrêtées, internées, souvent torturées, à La Rochelle et Rochefort puis transférées au Fort du Hâ à Bordeaux pour un simulacre de jugement.
21 membres du groupe sont condamnés à mort et exécutés le 11 janvier (et 1er février) 1944 à Souge.
Ils quittent le Fort du Hâ en chantant la Marseillaise.
BADIER Raymond 34 ans
DAUNAS André 19 ans
DEFLANDRE Marcel 42 ans
DUC Elie 33 ans
ETCHEBARNE Robert 32 ans
GAUTHIER Pierre 42 ans
GERARD Raphaël 45 ans
GORICHON Jean-Louis 26 ans
GORICHON René 22 ans
LÉPIE Maurice Xavier 20 ans
LISIACK Eugène 58 ans
ONILLON André 22 ans
PALACIN Jacques 35 ans
PECHON Victor 44 ans
PELLEREAU Christian 18 ans
PRUNIER Louis Antoine 57 ans ; le 1-février
RAMBAUD Louis 47ans
ROBERT André 41 ans
ROBINET Léopold 44 ans
ROUX Raymond 33 ans
WIEHN Pierre 29 ans
Fin 1942, les premiers groupes FTP sont, décimés. Le Groupe Bourgois prend leur suite. Ses actions de sabotage et de solidarité se multiplient en juillet, août et septembre 1943.
Une dénonciation, un nom trouvé dans un carnet, une perquisition entrainent la découverte d’armes et de plans d’actions, provoquent en cascade l’arrestation de l’essentiel du groupe.
Condamnés à mort, 17 seront fusillés le 26 janvier, et un le 25 mars 1944.
ABARRATEGUI François 23 ans
AUBOURG Jean 25 ans
BARRIERE Jean 24 ans
BOCHARD Charles 27 ans
BOURDY Georges 36 ans
BOURGOIS Maurice 32 ans
CARIONE Just dit Giusto 37 ans
CHARRIER Pierre 34 ans
CHESNE Émile 36 ans
DEJEAN Serge 18 ans
DOMECQ Alain 23 ans
DUBROUS Antoine 41 ans
LOPIN Joseph 33 ans ; le 25 mars
LUCAS Raymond 20 ans
MIGEOT René Alfred 25 ans
MONTANARI Giuseppe 48 ans
SAIELLI Werther 23 ans
VONET Robert 36 ans
Les 7 israélites (ainsi désignés sur les listes)
La mise en place du STO (Service de Travail Obligatoire), par la loi du 16 février 1943, concerne les jeunes des classes 1940, 1941 et 1942. Pour s’y soustraire, beaucoup vont rejoindre le maquis. Début 1944, en Dordogne, le harcèlement est tel que la division Brehmer, appartenant à la Wehrmacht, est chargée de « mettre de l’ordre » en liquidant les maquis.
« Le 4 avril 1944 à 3h du matin une division motorisée submerge le pays, fouillant les maisons, battant bois, champs et prairies à raison d’un homme tous les 10 mètres » relatera le maire de Saint-Laurent-des-Hommes. Sur tous ceux qui sont amenés, sept ne reviendront pas. Juifs, ils seront fusillés à Souge le 19 avril 1944.
ASPIS Henri 19 ans
ASPIS Théodore 24 ans
FORTINSKY Jean-Michel 22 ans
HAYM Claude 20 ans
HAYM Lucien 17 ans
STRAUSS Eugène 53 ans
WITTEMBERG Martin 63 ans
Les 6 Soviétiques
À l’automne 1943, treize soldats soviétiques, incorporés dans l’armée allemande, furent envoyés renforcer la seconde batterie de la base allemande basée aux Arros, à Soulac. Ils décident de saboter le dépôt de munitions. Un des leurs les dénonce. 6 seront exécutés à Soulac, 6 le seront à Souge le 9 mai 1944.
BALONOWSKI Gregori 28 ans
EREFEEV Michaël 29 ans
GEMBATCHEV ou JEMBAJEW Michaël 31 ans
GOROBZOV Gregori 34 ans
ILITCHENKO Vassili 36 ans
STUPAKOV Gregori 27 ans
1er août 1944 ; Dernière fusillade : 48 victimes
Les 14 de la Dordogne
À partir de 1943, sous la houlette du SS Hambrecht chef de la police allemande, dont la réputation de cruauté et de sauvagerie se répandit rapidement, les occupants et leurs auxiliaires ont commis jusqu’à leur départ des exactions de toutes natures.
De la fin juin à la mi-juillet, la police va exploiter des dénonciations et procéder à des arrestations de résistants ou de maquisards, notamment dans la commune de Prigonrieux, proche de Bergerac, où l’activité résistante est très soutenue depuis 1943. La commune qui « a payé un lourd tribut de son courage par le nombre de ses morts, des arrestations et des déportations » s’est vue attribuer la Croix de Guerre. Parmi les 14, cinq Prigontins arrêtés sur dénonciation seront fusillés.
BATAC Jean 30 ans
CEROU Paul 28 ans
COMTÉ Roger 18 ans
DUBOIS Jean 47 ans
EYRE Raymond 16 ans
GAGNOU Marcel 32 ans
GASSIA Marius 34 ans
GAUFFRE Jean-Louis 20 ans
IMBERT Yvan 20 ans
MARBEUF Jean 44 ans
POURTAU Robert 19 ans
RECARD Pierre 19 ans
ROOY Paul 39 ans
URBAIN Gérard 17 ans
Les 8 du Corps-Franc de Libération Nationale« Marc » (Lucien Nouhaux)
Début 1944, « Marc » (Lucien Nouhaux), en relation avec plusieurs mouvements des MUR, crée le Corps-Franc de Libération Nationale. Il sera constitué d’équipes, plus ou moins importantes en effectifs, dont seul « Marc » connaît la répartition géographique (Blayais, Cenon, La Réole, Targon, Bordeaux, Médoc, Charente) et l’importance numérique.
À partir du mois de mars 1944, 90 % des sabotages et des attentats réalisés en Gironde sont à l’actif du Corps-Franc« Marc ». Mais suite au « retournement » d’un membre du groupe, un traquenard permet nombre d’arrestations. Le 25 juillet 1944, Marc est conduit dans les locaux allemands où après une tentative d’évasion au cours de laquelle il tire sur ses geôliers, il est abattu. Le 27 juillet 1944, les époux Baudon sont « cueillis » à leur domicile, à Eysines, où 6 tonnes d’armes parachutées sont entreposées. Décapité, décimé, le Corps Franc « Marc » a vécu.
BARRAUD Jean 37 ans
BAUDON André 47 ans
DUCASSE Robert 31 ans
FROMENT Jacques 24 ans
GARCIA Denis 35 ans
GARCIA Robert 39 ans
MOUCHET Jean 25 ans
PEZAT René 24 ans
Les 6 du Maquis de Vignes-Oudides (Médoc)
Les six fusillés dits de Vignes-Oudides appartenaient au maquis du Médoc, groupe Jean Dufour, homologué unité combattante de la Résistance rattachée à l’OCM et comprenant aussi quelques FTP. Le 25 juillet 1944, quatre compagnies, épaulées d’un groupe de SS, de la police secrète de campagne, et d’un détachement de miliciens français (l’ensemble a été évalué par la suite à 3 000 assaillants), se déploient dans la zone et attaquent le maquis. Onze résistants sont tués, achevés ou fusillés sur place, 6 le seront à Souge, d’autres seront déportés.
DESBLACHES Marcel 20 ans
FELLMANN Alphonse 21 ans
GUICHENE Louis 19 ans
LAFON Robert 25 ans
MARTIN René 18 ans ?
PORTHIER Guy 17 ans
Les 10 du Train Fantôme
Parti de Toulouse le 3 juillet 1944 chargé d’environ 650 résistants(es) français et étrangers venant du camp du Vernet (Ariège) et des prisons de Toulouse, ce train arrivera à Dachau le 29 août 1944. Il connaitra un parcours chaotique de 2 mois qui lui vaudra le nom de « Train Fantôme ». Au cours de ses pérégrinations, il est stoppé en gare Saint-Jean à Bordeaux. Le 12 juillet, les prisonniers sont acheminés jusqu’à la synagogue pour les hommes et la caserne Boudet pour les femmes et y demeureront jusqu’au 9 août 1944.
Fin juillet 1944, un des chefs de l’escorte du train, pénètre dans la synagogue et lit à haute voix une liste de dix noms (ou douze selon les sources). Le mystère demeure sur les choix qui ont été faits, pourquoi dix ? Pourquoi ces dix-là ?
Les « dix » sont donc conduits au Fort du Hâ avant d’être amenés au camp de Souge devant le peloton d’exécution.
BORIOS Robert 24 ans
FIGUERAS ALEMADA Jose 32 ans
GUILLAUMOT André 30 ans
JEAN LOUIS Marcel 44 ans
LAUTMAN Albert 36 ans
NADLER Litman 33 ans
PERIN Emilio 27 ans
PEYREVIDAL Noël 49 ans
ROSNER Meyer 18 ans
USHERA Joseph 37 ans
4 jeunes FTP du groupe Manauthon, maquis d’Ychoux
Ils appartiennent au groupe FTP cantonné à Ychoux (Landes). Selon Jean Manauthon, ex-commandant Auguste, ils partent pour une mission de « sabotage d’un train de munitions, en gare de Caudos, (commune de Mios en Gironde), le 15 juillet 1944 ». Le groupe est encerclé par les soldats allemands. Un soldat allemand est abattu. Les 4 jeunes sont arrêtés. Internés au Fort du Hâ, ils sont torturés, mais ne livrent aucun nom de tous ceux qui ont aidé, hébergé ou ravitaillé les résistants du groupe Manauthon. Ces quatre jeunes de moins de vingt ans sont fusillés le 1ier août 1944 à Souge.
DUBOS Daniel 19 ans
DUHOURQUET Serge 17 ans
MARTIN René 18 ans ?
METAIRAUD Marc 19 ans
Autour de la Ferme de Richemont à Saucats
Un maquis rattaché à l’ORA, est basé à la ferme de Richemont sur la commune de Saucats. Attaqué le 14 juillet 1944 par des miliciens et des soldats allemands. Il est décimé. Deux hommes sont interceptés. Ils seront fusillés à Souge
BOURON Jean-Pierre 18 ans
MORETTO René 20 ans
Les non rattachés à ces groupes
Chacun des 3 premiers a un passé résistant qui va le condamner. Seule l’identité du quatrième est connue :
BORNES Basile 43 ans
DE CHAUNAC DE LANZAC Elie 40 ans
LEVY André 24 ans, fusillé sous le nom de Bernard BONDUEL
VIGIL Léandro 43 ans
L’association rend hommage à 47 fusillés. Un des fusillés du 1er août 1944 s’est vu refuser la mention « mort pour la France » compte tenu des témoignages sur sa qualité d’agent double et de collaborateur. Il n’est pas honoré.
Aujourd’hui, un mémorial honore les fusillés. Il est composé de 6 stèles.
La stèle des femmes
Aucune femme n’a été fusillée à Souge. Cependant une stèle a été érigée pour honorer les épouses, compagnes, mères de fusillés. Leurs nom, prénom et lieu de déportation sont inscrits sur cette stèle.
Arrêtées en même temps que leur conjoint, ou plus tard alors qu’elles continuaient la lutte, enfermées au Fort du Hâ, elles ont souvent été déportées et un certain nombre d’entre elles n’ont pas survécu.
AUSCHWITZ-BIRKENAU :
ANTOINE Hélène, mars 1943
BRET Georgette, mai 1943
CANTELAUBE Germaine, mars 1943
CASTERA Hélène, février 1943
DUPEYRON Elisabeth, novembre 1943
DURAND Noémie, février 1943
GOLDMAN Ida, septembre 1944
GUILLON Aminthe, février 1943
GUILLON Yvette, mars 1943
LAPEYRADE Noémie, mars 1943
PATEAU Yvonne, mars 1943
POMIES Pauline, février 1943
PUYOOU Marie-Thérèse, mars 1943
RABEAUX Paula, mars 1943
VALLINA Marguerite, février 1943
MATHAUSEN :
NOUTARI Yvonne, mars 1945
RAVENSBRÜCK :
BAUDON Yvonne, septembre 1944
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Sources

Dominque Mazon, Jean Lavie

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