Le massacre de Château-Rouge - Cauvigny (Oise) 27 août 1944.
Texte de Jean-Pierre Besse.

Stèle murale des fusillés du Château Rouge
Au mois de juillet 1944, un groupe de la Résistance vient se réfugier au hameau de Château-Rouge dans les bâtiments d’une colonie de vacances.
Le 23 août (ou le 25), quelques hommes de ce groupe décident de se mettre en embuscade dans un bois situé non loin de Cauvigny, près de la carrière de pierres en exploitation. Bientôt, ils aperçoivent une automobile qui gravit la côte ; ils avancent pour s’assurer s’il s’agit bien des Allemands et, aussitôt, tirent une rafale de mitraillette sur les occupants. Deux d’entre eux sont tués et le troisième, blessé, est fait prisonnier. Les résistants se hâtent de quitter les lieux pour mettre le prisonnier en sûreté. Ils l’emmènent à Château-Rouge et l’enferment sous bonne garde dans une maison isolée à l’extrémité du village.
Le lendemain, un avion de chasse allemand atterrit au lieu dit "Le Trésor" près de Cauvigny. L’avion est incendié, le pilote est fait prisonnier mais il a eu le temps de prévenir ses chefs, le détachement allemand envoyé au secours du pilote arrive en retard. Le pilote, emmené aussi à Château-Rouge est semble-t-il abattu alors qu’il tente de s’enfuir.
Dans la matinée du dimanche 27 août, un détachement allemand attaque le maquis où huit hommes sont tués, puis encercle le hameau de Château-Rouge. Tous les habitants, au nombre d’une centaine, sont obligés de se rendre auprès d’une ferme située près d’une chapelle. Les hommes sont alignés le long d’un mur, face à la route.
Le prisonnier qui avait été délivré est présent et accompagne le chef du détachement ; il désigne un à un tous les hommes qu’il reconnaît pour lui avoir rendu visite dans son cachot. Ils sont fusillés. C’est ainsi que vingt hommes périssent.
Le chef du détachement ordonne ensuite de creuser une fosse commune pour y inhumer les vingt cadavres. Il fallait faire vite, car à midi tout devait être terminé. Le 9 septembre, les corps sont exhumés et les cercueils sont placés côte à côte dans la chapelle voisine, où ils sont veillés par un détachement de FFI. Le 11 septembre, l’inhumation définitive a lieu au cimetière de Cauvigny, après un service religieux.
ALCIATI Henri
AUGER Émile
AUGER Serge
BOCQUET Guy Désiré
CAGNIARD Camille
DELAERE Émile
DESALLE André
DRODE André
DUBOIS René
GRANDPIERRE Louis
LECLERC Clotaire
LECOEUVRE Raymond
LOCQ Émile
MILLIEZ Marcel
NOYELLE André
PIRAUBE Robert Jean André
RANNOU Charles
RUFFIER Marcel Noël
SAVARY Arsène Germain
STOPPIN Marcel
Sources

SOURCES : Notes de Jean-Pierre Besse sur la Résistance dans l’Oise. — Hommage aux fusillés et aux massacrés de la Résistance en Seine- Maritime. 1940-1944 Edité par l’Association Départementale des Familles de Fusillés de la Résistance de Seine-Maritime (1992) ; Editions EDIP. Saint-Etienne-du-Rouvray.

Jean-Pierre Besse, Jean-Paul Nicolas

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