Né le 22 janvier 1907 à Cornod (Jura), mort en action le 19 juillet 1944 à La Villatte, commune de Saint-Dizier- Leyrenne (Creuse) ; résistant, chef de groupe de Combat et des MUR Cher-sud, AS de la Creuse.

René Van Gaver
Stèle de La Croix-de-la-Mine
René Van Gaver naquit à Cornod, petit village du Haut-Jura près de Saint-Claude, dans le château que son grand-père maternel (un industriel lyonnais) avait acquis. René Van Gaver fit des études dans une école de commerce à Lyon puis se consacra à la gestion du domaine familial. Brillant jeune homme, c’est un républicain de conviction, membre de la fédération du Parti radical et radical-socialiste du Jura, dont il devint le secrétaire administratif. Franc-maçon, il était frère de la Loge La Prudente Amitié à l’Orient de Lons-le-Saunier.
En septembre 1939, au début de la guerre, il occupa le poste de directeur de l’office départemental de la Main-d’œuvre du Jura mais, connu comme militant de gauche, il fut révoqué dès la mise en place du gouvernement de Vichy en juillet 1940.
En 1941, avec sa famille (son épouse et deux petites filles), René Van Gaver vint s’installer à Saint-Amand-Montrond où il acheta une salle de cinéma. Opposé à la collaboration, il entra en contact avec ceux qui refusaient la défaite, notamment avec l’imprimeur Robert Bussière. Il devint ainsi responsable du mouvement Combat pour le Cher-Sud qu’il organisa, avec des hommes comme Daniel Blanchard, Georges Le Quellec et la complicité de personnels de la sous-préfecture. Il fit diffuser la propagande de Combat, établit des liaisons avec les réseaux et d’autres mouvements (le Front national notamment), réceptionna des parachutages.
Le 6 juin 1944, René Van Gaver était à la tête des résistants de Combat qui investirent Saint-Amand-Montrond avec les FTP du "colonel Hubert" Marcel Lalonnier. Il prit le titre de sous-préfet, poste vacant depuis l’arrestation, quatre jours avant, de R.Lecène, secrètement membre de la Résistance. Le soir du 7 juin, Van Gaver, avec l’ensemble des résistants et des jeunes, engagés le jour-même,quittèrent Saint-Amand-Montrond. Ils emmènent prisonniers, les miliciens, les femmes trouvées en leur compagnie, dont Simone Bout-de-l’an, épouse du secrétaire général de la Milice.
Il rejoignit Daniel Blanchard, le chef militaire de la compagnie Surcouf (les maquisards de Combat), au château de Masbaraud-Mérignat dans la Creuse où la compagnie Surcouf intégra le bataillon Chateigner de l’AS, actif sur le secteur de Bourganeuf.. Au matin du 19 juillet 1944, alors qu’ils avaient choisi de regagner le Cher devant la pression de la brigade du général allemand Kurt Jesser, et qu’ils bivouaquaient dans un bois, ils furent encerclés par une unité allemande à la Croix-de-la Mine (commune de Saint-Dizier-Leyrenne). René Van Gaver, fut tué au lieu dit La Villatte non loin de la Croix-de-la-Mine, alors qu’il était en reconnaissance (vraisemblablement au moment des combats tout proches à La Villatte, d’un escadron de l’École de la Garde de Guéret replié au maquis dans le même secteur). Le rapport de gendarmerie rédigé en 1967 par la brigade de Bourganeuf, après enquête, et contenu dans le dossier AVCC de Marcel Danjon (op. cit.) précise : "le corps du lieutenant Van Gaver, trouvé trois jours plus tard, ne portait pas de blessure particulière. Il a été trouvé sous un arbre qui, de l’avis des témoins, avait été fracassé par une grenade".
Le nom de René Van Gaver est gravé sur les monuments aux morts de Saint-Amand-Montrond, de Lons-le-Saunier, de Cornod ainsi que sur les mémoriaux de la Résistance, à Saint-Dizier-Leyrenne, à Guéret -Mémorial de la Résistance Creusoise- et à Paris sur le Mémorial du Grand Orient de France, 16 rue Cadet..
Reconnu "Mort pour la France", René Van Gaver a été décoré à titre posthume de la Médaille de la Résistance.
Sources

SOURCES : SHD Caen, dossier Marcel Danjon AVCC AC 21 P 440613 — AERI - Cher . — La Résistance dans le Cher 1940-1944, édité par l’association des Amis du Musée de la Résistance et de la déportation de Bourges,MRN et CDDP du Cher, 2004. — Marc Parrotin Mémorial de la résistance creusoise Éd.Verso 2000. — Mémorial Genweb. — Notes d’Annie Pennetier.

Jean-Claude Bonnin, Michel Thébault

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