Né le 7 février 1910 à Paris (XVe arr.), exécuté sommaire mort de ses blessures le 7 février 1943 à Perpignan ( Pyrénées-Orientales) ; journaliste parlementaire collaborateur de Georges Mandel ; résistant de la France libre du BCRA, réseau Amelin.

Philppe Roques
Fils de Jean-Marie Roques, représentant de commerce puis imprimeur, et de Jeanne Koch, sans profession, Philippe Roques fit des études de Sciences politiques avant de devenir journaliste parlementaire et collaborateur de Georges Mandel au Ministère des Colonies puis au Ministère de l’Intérieur.
Il se maria le 16 juillet 1935 à Paris (XVIIe arr.) avec Yvonne Dandoy.
Mobilisé en 1939 en qualité d’officier de réserve, Philippe Roques prit, dès l’armistice, position contre le gouvernement Pétain puis contre le régime de Vichy. Il chercha à établir le contact avec la France libre et développa une forte action de propagande dans les milieux parlementaires. Il créa dans le Cantal les premiers noyaux de résistance et fonda le réseau "Amelin", spécialisé dans le renseignement politique et militaire. Il rencontra, fin 1940 à Aurillac, Roger Warin et Gaston Tavian, membres des groupes de protection du colonel Groussard.
En juin 1941, il entra en relation directe avec André Diethelm puis fut convoqué par l’organe politique de la France libre, le Comité national français qui le convoqua à Londres. Le 29 mai 1942, il partit pour l’Angleterre avec Edgard Tupët-Thomé, grâce à une opération Lysander montée spécialement pour lui par le réseau "Ali-Tir" près de Châteauroux (Indre). Il revint en France en juillet 1942, chargé par le général de Gaulle de remettre en main propre des lettres manuscrites à plusieurs personnalités politiques dont Georges Mandel, Édouard Herriot, Léon Blum, Édouard Daladier, etc. Il remplit sa mission et, restant en liaison avec Georges Bidault, prit part ainsi aux premières rencontres qui précédèrent la création du Conseil national de la Résistance (CNR). Philippe Roques reçut bientôt l’ordre de regagner Londres mais, l’avion qui devait l’y conduire ne pouvant atterrir, il fut contraint de passer par l’Espagne.
Alors qu’il descendait du train en gare de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), le 6 février 1943, il fut arrêté par des agents de la Gestapo qui l’emmenèrent à Perpignan. Parvenu devant les locaux de la Gestapo (avenue de la gare, alors avenue Philippe Pétain), il tenta de s’échapper, mais fut atteint par deux balles tirées par un de ses gardes, boulevard Clemenceau, n° 39. Transporté à l’hôpital Saint-Jean de Perpignan en ambulance, Philippe Roques succomba à ses blessures quelques heures plus tard, le 7 février 1943, à 1 h 40 du matin, le jour de son 33e anniversaire.
Il fut inhumé au cimetière de l’Ouest de Perpignan. Son corps fut exhumé le 6 novembre 1944 afin d’être transféré dans la sépulture familiale dans le département du Cantal
Quelques années après la guerre, son corps fut transféré à Paris pour être inhumé au cimetière du Père Lachaise. Son nom est gravé sur la Plaque commémorative des écrivains au Panthéon, Paris Ve arr.
Il fut décoré : Chevalier de la Légion d’Honneur, Compagnon de la Libération - décret du 12 mai 1943, Croix de Guerre 1939-1945 avec palmes, Médaille de la Résistance
Sources

SOURCES : Vladimir Trouplin Dictionnaire des compagnons de la Libération, Élytis, Bordeaux, 2004. — Le Républicain du Midi, quotidien du CDL, Perpignan, 7 novembre 1943.— Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, I, Chronologie des années noires, Prades, Terra Nostra, 1994, 400 p. [p. 167]. — Henri Noguères, en collaboration avec Marcel Degliame-Fouché, Histoire de la Résistance en France, tome 3, Et du Nord au Midi Novembre 1942-Septembre 1943, Paris, Robert Laffont, 1972, 719 p. [p. 255]. — Notes d’André Balent.— MémorialGenweb. — État civil.

Annie Pennetier, Françoise Strauss

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