Né le 15 mars 1924 à Paris (VIe arr.), exécuté le 10 juin 1944 à La Ferté-Saint-Aubin arrondissement d’Orléans (Loiret) ; étudiant ; résistant F.F.I.

Fils d’André, mécanicien et de Jeanne, née Bontemps, couturière, Camille Georget vécut son enfance au 15 avenue de la Gare au Blanc-Mesnil (Seine-et-Oise, Seine-Saint-Denis). La famille Georget déménagea au 70 rue de Meaux à Paris (XIXe arr.). Très bon élève, il entra en octobre 1941 en 1ère B, au lycée Carnot (XVIIe arr.), il obtint de bons résultats en mathématiques, en physique-chimie ainsi qu’en éducation physique. En course à pied la médaille « Champion de Carnot en 1942 » lui était décernée. Sa mère étant souffrante, il fut hébergé par sa tante Georgette Bontemps au 30 rue Cartault à Puteaux (Seine, Hauts-de-Seine). Quant à son père il partit travailler et vivre rue des Mistigris à Saint-Jean-La-Ruelle près d’Orléans, il reviendra l’année suivante.
En octobre 1942, Camille Georget fut scolarisé à Jean-Baptiste Say dans le XVIe arrondissement. L’établissement faisait partie du réseau des Écoles primaires supérieures (E.P.S) permettant aux meilleurs de poursuivre des études dans les écoles normales et les écoles d’ingénieurs. Au lycée, le nouveau directeur Henri Béjean était un adepte de la chasse aux Juifs et aux Francs-maçons, il remplaçait Jules Place démis de son poste. Le « Malet-Isaac » était nommé par dérision le « Malet-Béjean ». Camille habitant Puteaux, il ne pouvait ignorer les arrestations et les déportations dans cette ville industrielle, ouvrière. En octobre 1943, il poursuivait sa scolarité en classe de physique-chimie au lycée Chaptal au 45 boulevard des Batignolles (VIIIe arr.).
Camille Georget rejoignit le Corps franc « Liberté » en février 1944, Michel Lebon était le responsable de Chaptal. Le Corps franc regroupait des étudiants de plusieurs lycées : Jeanson de Sailly, Henri IV, Saint-Louis, Michelet à Vanves… Structuré en trois compagnies, elles comprenaient trois-cents hommes, ce groupe-franc dirigé à Paris par Philippe Wacrenier en liaison avec le BCRA à Londres. Il était rattaché au réseau Vélite Thermophyles (renseignements), tous composaient les Forces Françaises Combattantes (F.F.C.). Il s’agissait de former ces jeunes pour le jour J : formation et entraînement militaire, maniement de la mitraillette, lancement de grenades… Distribution de Défense de la France, Résistance ou Essor de l’Organisation civile et militaire de la jeunesse (O.C.M.J.). En prévision du débarquement des cantonnements avaient été aménagés dans plusieurs fermes de la Ferté-Saint-Aubin pour accueillir des étudiants.
Radio-Londres donna le signal de la mobilisation, deux messages furent diffusés : « La lune est pleine d’éléphants verts », puis le 6 juin le débarquement : « Les carottes sont cuites ». Le mercredi 7, Camille Georget enfourcha sa bicyclette pour rejoindre Bazoche-les-Gallerandes dans le Loiret. D’autres camarades de Chaptal, du lycée Michelet… étaient au rendez-vous. Les étudiants allèrent à la ferme du By près de la Ferté-Saint-Aubin. Le vendredi 9 au matin, madame Beaumarie de la Ferté-Saint-Aubin vint en raison d’indiscrétions faire part de ses craintes. La nouvelle de l’arrestation de Philippe Wacrenier confirma qu’il y avait des risques à rester au By. Dans la soirée, ils étaient seize étudiants dans la ferme. Vers 22 heures, un homme se présenta, il ne connaissait pas le mot de passe, méfiant René Coche n’ouvrit pas. L’individu envoyé en reconnaissance Lucien Lussac, était un agent d’infiltration du S.D. (Sicherheitsdienst) Service de renseignements de la S.S. de Blois (Loir-et-Cher). Avec Guy Eymard dit Gérard, étudiant, ils infiltrèrent plusieurs groupes de résistants.
Le samedi 10 juin vers cinq heures du matin, des agents du S.D. accompagné de trois français firent irruption dans la ferme du By, rois résistants parvenaient à se cacher. Parmi les étudiants, André Parent sortit une carte qu’il tendit aux hommes du S.D., il était du même service. Il indiqua qu’il n’y avait pas d’armes au By, mais qu’un autre groupe de résistants était à La Bohardière dont Camille Georget. Emmené à l’écart de la ferme, ils furent abattus à la mitrailleuse, puis d’une balle dans la tête.
André Georget reconnut le corps de son fils le 23 octobre 1944 au cimetière de La Ferté-Saint-Aubin. Il fut inhumé dans le caveau familial du cimetière de Puteaux en octobre 1944, puis ré-inhumé dans le cimetière d’Ailly-sur-Noye, son parcours résistant a été gravé sur la stèle de marbre.
Les trois auxiliaires des nazis furent jugés pour « intelligence avec l’ennemi ». André Parent jugé le 16 janvier 1945 par la cour de justice d’Orléans, condamné à mort a été fusillé le7 février 1945. Guy Eymard a été condamné à mort par la cour de justice d’Orléans le 4 juin 1946 et fusillé le 12 juillet 1946. Quant à Lucien Lussac, condamné par la même cour le 23 juin 1946, a été fusillé.
Camille Georget fut décoré de la légion d’honneur à titre posthume en septembre 1952. Il a été homologué F.F.I., interné résistant, décoré de la médaille de la Résistance. Une plaque a été posée au 30 rue Cartault à Puteaux « Ici demeurait Camille Georget fusillé par les allemands le 10 juin 1944 », son nom a été gravé sur le monument commémoratif de la résistance de Puteaux, sur la plaque commémorative du lycée Chaptal. Son nom a été inscrit à la Nécropole nationale Bellefontaine à La Ferté-Saint-Aubin. Le 10 juin 2004 était inaugurée la « salle Camille Georget » à Ailly-sur-Noye (Somme). Le grand-père de Camille, Wilfrid Georget (1858-1927) avait été le maire de la commune.
Sources

SOURCES : Bureau Résistance GR 16 P 251680. – Nos remerciements à Claude Dewaele qui a effectué des recherches aux archives nationales (72 AJ 6, 72 AJ 81), petit cousin de Camille Georget, auteur de « La vie de Camille Georget », 2004. – AM de Puteaux. – Patrice Miannay, Dictionnaire des agents doubles dans la résistance, Le Cherche-Midi, 2005. — État civil.

Daniel Grason

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