Né le 8 février 1924 à Paris (IIe arr.), exécuté sommairement le 10 juin 1944 au lieu-dit Le Malabre, commune de Beaune-les-Mines, aujourd’hui Limoges (Haute-Vienne) ; militaire, caporal au 1er bataillon du 1er régiment de France ; résistant.

Enfant de parents d’origine italienne, Franscesco Gorgone et Anna Schirillo, né à Paris, il était donc de nationalité française. Vraisemblablement réfugié en Dordogne, il y exerça la profession d’ouvrier agricole, domicilié à Lalinde. Il s’engagea à une date inconnue dans le 1er Régiment de France. Cette unité fut après la dissolution de l’armée d’armistice (fin 1942, après l’invasion de la zone libre), la seule force militaire autorisée par les Allemands au gouvernement de Vichy. Créée à l’été 1943, le régiment comprenait trois bataillons. L’Etat-major et le premier bataillon étaient stationnés au Blanc (Indre). Francois Gorgone appartenait à la 3ème compagnie du premier bataillon et il avait en 1944 le grade de caporal.
Le 9 juin 1944 vers 18h une colonne de blindés allemands de la 15ème Compagnie du 3ème bataillon du régiment « der Führer » de la division « Das Reich » (plus de 150 hommes) arriva à Argenton-sur-Creuse pour apporter de l’aide aux troupes allemandes attaquées depuis la veille par la Résistance. Une dizaine de soldats du 1er Régiment de France dont François Gorgone se rallièrent spontanément à la Résistance et participèrent au combat. Celui-ci fut bref, et cinq militaires furent faits prisonniers. Ils furent avec six autres otages conduits à Limoges le 10 juin par la même unité de la Das Reich. Le soir même François Gorgone fut fusillé avec 15 autres civils et résistants dans une carrière au lieu-dit Gramagnat, au Malabre, au nord de Limoges (à l’époque commune de Beaune-les-Mines).
Il fut dans un premier temps inhumé au cimetière de Louyat à Limoges et son corps ne fut formellement identifié que le 9 novembre 1944 par un jugement du tribunal civil de Limoges. Il obtint la mention mort pour la France et son corps fut transféré après la guerre dans la Nécropole nationale de Chasseneuil-sur-Bonnieure (Charente), où il repose depuis lors, section 1, carré D, tombe 425. Son nom figure sur le Mémorial du 9 juin 1944 à Argenton-sur-Creuse.


Le 9 juin 1944 à Argenton-sur-Creuse
10-11 juin 1944 au Malabre
Sources

SOURCES : n°2691 du registre des décès de Limoges. — Archives municipales de Limoges 4 H 142 — Note de J.-P. Gires. — massacre du Malabre sur Wikipedia. — François Adeline Haute-Vienne La guerre secrète 1940-1944 Hors-série édité par Le Populaire du Centre, décembre 2006.

Michel Gorand, Michel Thébault

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