Né le 26 novembre 1900 à Lyon (IVe arr.), exécuté en représailles le 10 janvier 1944 à l’École du Service de santé militaire à Lyon (Rhône) ; facteur ; résistant

Léon Garel était le fils de Charles Antoine Garel, tisseur, et de Louise Gallay, tisseuse. Il naquit au domicile de ses parents, 16 rue de Mail (Lyon, IVe arr.). Lors de son recensement militaire en 1918, Léon Garel était « facteur aux P.T.T ». Il résidait à Lyon (Ive arr.), vraisemblablement chez sa mère, 31 bis, rue Claude Joseph Bonnet. Son père était décédé. Le conseil de révision l’ayant classé dans la première partie de la liste, il fut incorporé, le 18 mars 1920, dans le 9e régiment de zouaves. Le 26 mars 1920, il rejoignit son régiment en Algérie. Il resta dans ce pays jusqu’au 15 novembre 1921. Il fut promu caporal le 19 juillet 1920 puis sergent le 27 janvier 1921. Léon Garel fut renvoyé dans ses foyers le 4 mars 1922. Le 15 mars, il passa dans la réserve de l’armée active. Il fut nommé adjudant le 1er novembre 1929. Le 18 novembre 1922, Léon Garel se maria avec Marie Claudine Gallet à Lyon (Ive arr.). Il s’installa chez son beau-père, Claude Gallet, au 14 rue Imbert Colomès (Lyon, Ier arr.). Il exerça la profession de facteur. Sa femme était giletière.
Il fut mobilisé en 1939 et incorporé dans l’infanterie. Démobilisé à Grenade, le 18 juillet 1940, il se retira dans ses foyers, 14 rue Imbert Colomès.
Le 30 septembre 1943, il s’engagea dans la Résistance au sein des PTT. Il fut arrêté et incarcéré à la prison de Montluc (Lyon) vraisemblablement parce qu’il était résistant.
Le 10 janvier 1944, à 14h15, 4 quai Saint-Clair (quai André Lassagne, Lyon, Ier arr.), à hauteur du tunnel de la Croix-Rousse, sept résistants tirèrent sur trois soldats allemands à bicyclette et prirent la fuite. Deux soldats furent mortellement touchés et le troisième grièvement blessé. Des barrages furent aussitôt établis par les Allemands et de nombreuses personnes furent arrêtées dans le quartier.
Le même jour, des hommes de la Gestapo sortirent Léon Garel et vingt-et-un autres détenus de la prison de Montluc (Lyon). Dans la soirée ou la nuit du 10 janvier, les vingt-deux prisonniers furent exécutés dans les caves de l’École du Service de santé militaire, siège de la Gestapo, avenue Berthelot (Lyon, VIIe arr.). Le lendemain vers 6 heures du matin, les inspecteurs du Service de l’identité judiciaire, chargés de transporter les cadavres à l’Institut médico-légal, découvrirent l’une des victimes assise dans un fauteuil.
Dans une lettre du 22 janvier 1944, le préfet régional Angeli écrivit : « les chefs de la Police allemande […] m’ont fait connaître que les détenus auraient essayé de s’enfuir par une porte laissée ouverte après avoir tenté de désarmer le gardien. Celui-ci aurait appelé au secours. D’autres seraient venus qui auraient fauché les vingt-deux victimes à coup de mitraillettes ». Il s’agit de la version habituelle dont la Gestapo usait pour ne pas avoir à expliquer les causes réelles des morts violentes survenues dans ses locaux. Le préfet ne fut pas dupe. Il ajouta : « L’opinion considère que les autorités d’occupation ont usé en la circonstance de représailles à la suite d’un attentat qui la veille avait coûté la mort dans les rues de Lyon à deux soldats allemands. Quoi qu’il en soit, cette affaire a provoqué une émotion profonde. L’Officier de la police allemande qui m’a reçu ainsi que le Maire de Lyon m’a exprimé ses regrets en disant c’est la guerre ».
Le corps de Léon Garel fut identifié par sa famille. Il fut homologué FFC et FFI. Une plaque commémorative, située sur la façade de la poste centrale de Lyon, place Antonin Poncet (IIe arr.), et rendant hommage aux agents PTT fusillés et déportés, porte le nom de Léon Garel.
Sources

SOURCES : AD Rhône, 3335W22, 3335W6, 182W269, 31J157, 3460W4, 1RP1905, 6MP655, 6MP705. — SHD, Vincennes, inventaire de la sous-série GR16P. — Bruno Permezel, Victimes de l’Occupation à Lyon et alentour, 81 monuments 11 parcours, 2001. — Onac du Rhône, Les Fusillés de l’avenue Berthelot, 24 novembre 1943, 2008. — Paul Garcin, Interdit par la censure : 1942-1944, 1944. — Mémorial Genweb. — État civil.

Jean-Sébastien Chorin

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