Né le 19 janvier 1914 à Moulins (Allier), exécuté sommairement le 24 juillet 1944 à Gannat (Allier) ; ouvrier ajusteur ; militant communiste ; résistant FTPF.

Fils de François Alphonse Maupas, chef de dépôt SNCF en gare de Montereau (Loiret) et de Pauline Marguerite Pichot, Léopold Maupas épousa le 15 juillet 1939 à Montluçon Georgette Jeanne Olivier. Le couple eut une fille née le 1er juin 1940 à Roanne (Loire). Il obtint le brevet élémentaire et un diplôme de fin d’étude pratique d’industrie. Il fit son service militaire à compter du 24 avril 1935 au 170e Régiment d’Infanterie (RI) à Remiremont (Vosges) jusqu’au 27 novembre 1936.
Il fut membre des Jeunesses Communistes et du PCF à Moulins, puis ouvrier ajusteur à l’arsenal de Roanne étant domicilié rue Anatole France à Roanne.
Il fit partie, avec notamment Louis Bavay, Marcel Zwilling et Pierre Katz, des initiateurs de la manifestation du 6 janvier 1943 à Montluçon visant à empêcher le départ d’un train de travailleurs requis pour l’Allemagne en application de la loi du 4 septembre 1942. Face à la vague de répression qui suivit cette journée, il dut se cacher chez la famille Barbat à Montluçon. C’est probablement à ce moment là qu’il entra en clandestinité ; peut-être fut-il d’abord redirigé vers les FTP de la Loire dont il fit partie à un moment donné sous le matricule 132.483 au sein du 302e bataillon FTP. Il prit comme nom de guerre "Marceau", vraisemblablement en hommage au général révolutionnaire François Marceau tué au combat le 19 septembre 1796 à Altenkirchen à l’âge de 27 ans.
A partir du 1er juin 1944, il fit partie du Camp FTP Jean Chauvet (du nom de Jean Chauvet, militant communiste fusillé le 23 février 1944 à la centrale d’Eysses) qui dépendait de la 3e Compagnie FTP de l’Allier et était alors stationné sur la commune de Youx (Puy-de-Dôme). Le 14 juin, le Camp Chauvet, alors stationné sur la commune d’Echassières (Allier), monta une opération de ravitaillement qui tourna mal : les FTP furent surpris par les Allemands qui capturèrent l’un d’eux et prirent dix otages qui furent exécutés le lendemain.
Suite à ces faits, le Camp Chauvet s’installa sur la commune d’Ebreuil (Allier). C’est alors, vraisemblablement, que Léopold Maupas fut nommé capitaine au sein du Camp FTP Gabriel Dionnet (du nom d’un jeune FTP du Camp Chauvet tué le 9 juin 1944) alors stationné en forêt de Giverzat (Allier). Le 22 juin, le Camp Dionnet s’installa dans le bois de Veauce sur la commune de Lalizolle (Allier) et mena une opération de sabotage qui réussit. Le lendemain, Léopold Maupas fut nommé chef de camp par l’Etat Major FTP de l’Allier.
Le 23 juillet, les Allemands menèrent une opération contre les maquis Chauvet et Dionnet. Léopold Maupas se réfugia avec d’autres à Gannat chez la famille de Maurice Barroin, un des membres du Camp. Le lendemain, vers 17 heures, les FTP furent surpris par les Allemands et ce vraisemblablement suite à une dénonciation. Léopold Maupas, Émile Cavard, Bernard Bruneau et Raymond Chambonnet furent exécutés tandis que Maurice Barroin était déporté.
Sur le corps de Léopold Maupas fut retrouvée une fausse carte d’identité au nom d’André Lucien Martin, jardinier-fleuriste, demeurant à Bellenavec et né le 14 janvier 1914 à Murat (Allier). En son hommage, le Camp Dionnet pris le nom de Camp Marceau. Victor Brigand, membre de l’État-Major FTP de l’Allier, le citera comme « officier ayant fait preuve d’une moralité et d’une tenue exemplaire. A démontré de réelles capacités aucommandement. » Il fut inhumé le 10 novembre 1944 à Moulins. Une cellule communiste de Moulins portait son nom en décembre 1944, nom qui figure sur la plaque du monument aux morts de Veauce, sur la plaque commémorative de Gannat située sur le lieu de l’exécution (lieu-dit Les vignes) et sur le monument aux morts du cimetière de Moulins. Quatre villes de l’Allier ont donné son nom à une de leur rues ou place : Bressolles, Gannat, Moulins et Neuvy.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. — SHD Vincennes. — Jean Marielle, Le maquis de Veauce dans Résistance Allier n°32 et 33 (2e et 3e trimestre 2006). — Robert Fallut, 1939-1945, la Résistance du tract à la lutte armée en Allier, 2008. — État civil.

Henri-Ferréol Billy

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