Le mémorial des fusillés dans la clairière du polygone de tir de Saint-Avé
Le colonne de granit
« Aux martyrs fusillés en ce lieu »
« Résistants fusillés en ce lieu »
« Que ces courageux résistants ne soient jamais oubliés »
« Merci de respecter ce lieu »
Dans le cimetière de Saint-Avé
SOURCE : Photos Husson
Le mémorial des fusillés érigé à l’emplacement du polygone de tir
Le 11 mai 1945, six à sept cents personnes se sont rendues en cortège jusqu’au Polygone de tir situé sur le territoire de la commune de Saint-Avé (Morbihan), où a été inauguré un Mémorial des fusillés.
Le mémorial des fusillés de Saint-Avé qui se dresse dans une clairière située près du hameau de Kermelin, honore la mémoire des trente cinq patriotes qui ont été fusillés après avoir été condamnés à mort par le tribunal militaire allemand (FK 750) de Vannes ou qui ont été fusillés comme otages. Ils ont été exécutés dans la prison de Vannes 12 Place Nazareth, ou au Polygone de tir en Saint-Avé. Le plus jeune, André Vernon, n’avait que 18 ans, le plus âgé, André Meunier, avait 37 ans.
Le monument est constitué d’une aire en carré de 10 mètres de côté, délimitée par une chaîne, où se dresse une colonne en granit de 7 mètres de hauteur dédiée « Aux martyrs français fusillés en ce lieu par les Allemands 1941-1944 », mention erronée, puisque la plupart des patriotes dont les noms figurent sur ce monument ont été fusillés en réalité dans la prison de Vannes, 12 place Nazareth.
Une plaque de marbre noir a été scellée en bas de cette colonne, sur laquelle sont inscrits par année d’exécution les noms de vingt-neuf patriotes qui ont pu être identifiés, avec l’initiale de leur prénom ainsi que l’indication de leur âge :

« Résistants fusillés en ce lieu

en 1941
- LARBOULETTE S., 21 ans (Stanislas, fusillé le 25 mai 1941 à Vannes)

en 1942
- ANDRÉ M., 19 ans (Marcel, fusillé le 19 juin 1942 à Vannes)
- CADORET P., 19 ans (Paul, fusillé le 17 mars 1942 à Vannes)
- CONAN H., 30 ans (Henri, fusillé le 30 avril 1942 à Vannes)
- COUËDO M., 24 ans (Marcel, fusillé le 19 juin 1942 à Vannes)
- MARCA J., 22 ans (Jean, fusillé le 30 avril 1942 à Vannes)
- MEUNIER A., 37 ans (André, fusillé le 14 mars 1942 à Vannes)

en 1944
- AUDRAN A., 30 ans (Amédée, fusillé le 2 juillet 1944 à Saint-Avé)
- BAUDET E., 24 ans (Émile, décédé à la prison de Vannes le 28 juin 1944)
- BEVAN A., 22 ans (Alban, fusillé le 1er juin 1944 à Vannes)
- BOUEDIC L., 21 ans ?
- FABLET L., 34 ans (Louis, fusillé le 26 mai 1944 à Saint-Avé)
- GAUMONT H., 22 ans, (en réalité GOUMON Henri, fusillé le 21 février 1944 à Vannes)
- GOUGAUD J., 20 ans (Jean, fusillé le 15 juillet 1944 à Vannes)
- GUILLEMOT R., 19 ans ( Raymond, exécuté le 25 février 1944à Vannes)
- JARNO J., 22 ans (Joseph, fusillé le 21 avril 1944 à Vannes)
- LANQUETIL F., 27 ans (François, fusillé le 23 mars 1944 à Vannes)
- LEBEL G., 21 ans (Gérard, fusillé le 21 février 1944 à Vannes)
- LE BOUËDEC L., 24 ans (Louis, fusillé le 21 avril 1944 à Vannes)
- LE BRIS A., 22 ans (Alphonse, fusillé le 21 avril 1944 à Vannes)
- LE MOUËL J., 23 ans (Joseph, fusillé le 25 février 1944 à Vannes)
- LUCAS R., 19 ans (Roger, fusillé le 21 février 1944 à Vannes)
- MAHÉ J., 23 ans (Jean, fusillé le 25 février 1944 à Vannes)
- MALARDÉ F., 21 ans (Ferdinand, fusillé le 25 février 1944 à Vannes)
- PEDRONO R., 25 ans (René, fusillé le 21 février 1944 à Vannes)
- ROBIC J., 20 ans (Jean, fusillé le 25 février 1944 à Vannes)
- TANGUY M., 18 ans (Michel, fusillé le 2 juillet 1944 à Saint-Avé)
- TELLIER F., 23 ans (François, fusillé le 2 juillet 1944 à Saint-Avé)
- VERNON A., 18 ans (André, fusillé le 2 juillet 1944 à Saint-Avé) »
- INCONNU 1
- INCONNU 2
- INCONNU 3
- INCONNU 4
- INCONNU 5
- INCONNU 6

Émile BAUDET a été arrêté le 24 juin 1944, en même temps qu’Amédée AUDRAN et François TELLIER au cours d’une opération de ratissage opérée à la suite des combats du 18 juin à Saint-Marcel par une « unité de l’Est » formée de soldats géorgiens armés par la Wehrmacht. Emmené à La Nouette, brutalisé et torturé, il est mort le 28 juin 1944 à la prison de Vannes.
Raymond GUILLEMOT était le plus jeune des huit Francs-tireurs et partisans français (FTPF) appartenant au groupe Vaillant-Couturier, qui ont été arrêtés après dénonciation le 10 décembre 1943 sur ordre du capitaine de gendarmerie Gauffenic de Pontivy (Morbihan). Il faisait partie du groupe de cinq résistants condamnés à mort le 17 février 1944 par le tribunal militaire allemand de Vannes (FK750) pour « acte de franc-tireur ».

Le bourg
Le 5 août 1944, alors que les dernières unités de la Wehrmacht quittaient le bourg de Saint-Avé devant l’avance des troupes américaines et des Forces françaises de l’intérieur (FFI), trois habitants de Saint-Avé, Louis Caudal, Joseph Guyodo et Casimir Le Blanc, ont été abattus par des soldats allemands.
En août 2013, une rue et une stèle ont été inaugurées pour honorer leur mémoire :

« À la Mémoire de 3 AVÉENS
fusillés par les nazis
le 5 août 1944
- Louis CAUDAL
- Joseph GUYODO
- Casimir LE BLANC »
Cimetière
Ils sont tous les trois inhumés dans le cimetière de Saint-Avé avec Jean Langlo, déporté à Neuengamme, décédé à son retour de déportation le 22 juillet 1945 à Saint-Avé. Derrière leurs sépultures alignées les unes contre les autres au fond du cimetière dans l’axe central, se dressé une stèle de pierre sur laquelle est sculptée une Croix de Lorraine avec l’inscription :
« - CAUDAL Louis Fusillé
- GUYODO Joseph Fusillé
- LE BLANCCasimir Fusillé
- LANGLO Jean Déporté »
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Morbihan, 41 J 47 et 2 W 11308. — " Une rue 5-août-1944 en mémoire des trois civils tués ", Ouest-France, 28 septembre 2013. — Le Morbihan en guerre 1939-1945, Archives départementales du Morbihan, 2009. — René Le Guénic, Morbihan, Mémorial de la Résistance, Imprimerie Basse Bretagne, Quéven, 2013. — " Lieux mémoriels en Morbihan-Saint-Avé " et " Les fusillés du Polygone de Vannes 1941-1942-1944 ", dossiers en ligne sur le site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan.

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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