Le mémorial des fusillés de Vannes (Morbihan) se dresse dans une clairière située près du hameau de Kermelin sur le territoire de la commune de Saint-Avé (Morbihan). C’est là que les résistants condamnés à mort par le tribunal militaire allemand de Vannes (FK 750) étaient fusillés, dans une carrière qui servait de polygone de tir. Trente-cinq patriotes, dont six inconnus, y ont été fusillés. Le plus jeune, André Vernon, n’avait que 18 ans, le plus âgé, André Meunier, avait 37 ans.

Le mémorial des fusillés dans la clairière du polygone de tir de Saint-Avé
Le colonne de granit
« Aux martyrs fusillés en ce lieu »
« Résistants fusillés en ce lieu »
« Que ces courageux résistants ne soient jamais oubliés »
« Merci de respecter ce lieu »
Le mémorial érigé à l’emplacement du polygone de tir de Vannes sur le territoire de la commune de Saint-Avé (Morbihan), est constitué d’une aire en carré de 10 mètres de côté, délimitée par une chaîne, où se dresse une colonne en granit de 7 mètres de hauteur dédiée « Aux martyrs français fusillés en ce lieu par les Allemands 1941-1944 ».
Une plaque de marbre noir a été scellée en bas de cette colonne, sur laquelle sont inscrits par année d’exécution les noms de vingt-neuf patriotes qui ont pu être identifiés, avec l’initiale de leur prénom ainsi que l’indication de leur âge :

« Résistants fusillés en ce lieu en 1941
- LARBOULETTE S., 21 ans (Stanislas, fusillé le 25 mai 1941)
en 1942
- ANDRÉ M., 19 ans (Marcel, fusillé le 19 juin 1942)
- CADORET P., 19 ans (Paul, fusillé le 17 mars 1942)
- CONAN H., 30 ans (Henri, fusillé le 30 avril 1942)
- COUËDO M., 24 ans (Marcel, fusillé le 19 juin 1942)
- MARCA J., 22 ans (Jean, fusillé le 30 avril 1942)
- MEUNIER A., 37 ans (André, fusillé le 14 mars 1942)
en 1944
- AUDRAN A., 30 ans (Amédée, fusillé le 2 juillet 1944)
- BAUDET E., 24 ans (Émile, décédé à la prison de Vannes le 28 juin 1944)
- BEVAN A., 22 ans (Alban, fusillé le 1er juin 1944)
- BOUEDIC L., 21 ans
- FABLET L., 34 ans (Louis, fusillé le 26 mai 1944)
- GAUMONT H., 22 ans, (en réalité GOUMON Henri, fusillé le 21 février 1944)
- GOUGAUD J., 20 ans (Jean, fusillé le 15 juillet 1944)
- GUILLEMOT R., 19 ans ( Raymond, exécuté à la prison de Vannes le 25 février 1944)
- JARNO J., 22 ans (Joseph, fusillé le 21 avril 1944)
- LANQUETIL F., 27 ans (François, fusillé le 23 mars 1944)
- LEBEL G., 21 ans (Gérard, fusillé le 21 février 1944)
- LE BOUËDEC L., 24 ans (Louis, fusillé le 21 avril 1944)
- LE BRIS A., 22 ans (Alphonse, fusillé le 21 avril 1944)
- LE MOUËL J., 23 ans (Joseph, fusillé le 25 février 1944)
- LUCAS R., 19 ans (Roger, fusillé le 21 février 1944)
- MAHÉ J., 23 ans (Jean, fusillé le 25 février 1944)
- MALARDÉ F., 21 ans (Ferdinand, fusillé le 25 février 1944)
- PEDRONO R., 25 ans (René, fusillé le 21 février 1944)
- ROBIC J., 20 ans (Jean, fusillé le 25 février 1944)
- TANGUY M., 18 ans (Michel, fusillé le 2 juillet 1944)
- TELLIER F., 23 ans (François, fusillé le 2 juillet 1944)
- VERNON A., 18 ans (André, fusillé le 2 juillet 1944) »
- INCONNU 1
- INCONNU 2
- INCONNU 3
- INCONNU 4
- INCONNU 5
- INCONNU 6

Sur cette liste de fusillés, deux résistants, Émile BAUDET et Raymond GUILLEMOT, n’ont pas été exécutés au polygone de tir de Vannes.
Émile BAUDET a été arrêté le 24 juin 1944, en même temps qu’Amédée AUDRAN et François TELLIER au cours d’une opération de ratissage opérée à la suite des combats du 18 juin à Saint-Marcel par une « unité de l’Est » formée de soldats géorgiens armés par la Wehrmacht. Emmené à La Nouette, brutalisé et torturé, il est mort le 28 juin 1944 à la prison de Vannes.
Raymond GUILLEMOT était le plus jeune des huit Francs-tireurs et partisans français (FTPF) appartenant au groupe Vaillant-Couturier, qui ont été arrêtés après dénonciation le 10 décembre 1943 sur ordre du capitaine de gendarmerie Gauffenic de Pontivy (Morbihan). Il faisait partie du groupe de cinq résistants condamnés à mort le 17 février 1944 par le tribunal militaire allemand de Vannes (FK750) pour « acte de franc-tireur ». Il a été exécuté le même jour à la prison de Vannes, sans doute au moment de monter dans le camion qui emmenait les condamnés vers le Polygone de tir de Saint-Avé pour y être fusillés.

Le 11 mai 1945, six à sept cents personnes se sont rendues en cortège jusqu’au polygone de tir de Saint-Avé où a été inauguré le Mémorial des fusillés.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Morbihan, 41 J 47 et 2 W 11308. — Le Morbihan en guerre 1939-1945, Archives départementales du Morbihan, 2009. — René Le Guénic, Morbihan, Mémorial de la Résistance, Imprimerie Basse Bretagne, Quéven, 2013. — " Lieux mémoriels en Morbihan-Saint-Avé " et " Les fusillés du Polygone de Vannes 1941-1942-1944 ", dossiers en ligne sur le site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan.

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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