Le Mémorial des fusillés de Port-Louis dans le Morbihan a été érigé face à la rade de Lorient, à l’entrée de la citadelle où de nombreux patriotes bretons ont été exécutés. La découverte tardive, le 18 mai 1945, de ce lieu d’exécution s’explique par le fait qu’il était situé à l’intérieur de la Poche de Lorient tenue par la Wehrmacht jusqu’au 7 mai 1945, date de la capitulation de l’Allemagne nazie signée à Reims et de la reddition à Étel des troupes allemandes commandées par le général Fahrmbacher.

Le Mémorial des fusillés
de la citadelle de Port-Louis
Sur les murs du mémorial, les plaques au nom des soixante-trois fusillés identifiés
« Vous qui passez, arrêtez-vous,
souvenez-vous que nous avons été
soixante-neuf patriotes fusillés en juin 1944
par les nazis »
Sur les murs du Mémorial :
plaques et portraits dédiés aux fusillés identifiés
au premier plan :
cénotaphes des fusillés inconnus
Cénotaphe d’un fusillé inconnu
L’urne scellée au centre du mur des fusillés
en mémoire des déportés
Le monument dédié aux déportés implanté
devant le monument provisoire
érigé en 1946
Plaque apposée par l’Amicale de Ravensbrück
Commémoration du 23 mai 2019
La commémoration du 23 mai 2019
Le bunker de la Radio
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
Le stand de tir dynamité par les Allemands
Les officiers allemands
conduits devant le charnier
Portraits des fusillés
SOURCE : Centre d’animation historique
du pays de Port-Louis
Le 27 avril 1944, dans le cadre de la « lutte contre les terroristes », le général Fahrmbacher qui commandait le XXVe Corps d’Armée en Bretagne, donna l’ordre d’« installer des centres de rassemblement » dans la citadelle de Brest dans le Finistère, dans la citadelle de Port-Louis et au Fort Penthièvre dans le Morbihan, « où devront être logés les terroristes arrêtés au cours des interventions de la troupe, en accord avec le SD, jusqu’à leur jugement ou leur évacuation ». La garde de ces lieux de détention, où siégèrent des tribunaux militaires allemands spéciaux, fut confiée à un régiment de forteresse.
De mai 1944 à mai 1945, de nombreux résistants détenus dans des prisons du Morbihan et de Quimperlé dans le Finistère, ont été transférés dans la citadelle de Port-Louis qui servait alors de prison allemande où étaient détenus les soldats de la Wehrmacht frappés de sanctions disciplinaires. Ces résistants y ont été incarcérés, interrogés et torturés, fusillés après condamnation à mort, ou exécutés sans jugement.

Depuis février 1944, dans le Morbihan, le tribunal militaire allemand de Vannes (FK 750), avait à nouveau prononcé des condamnations à mort, ce qu’il n’avait plus fait depuis 1942. Devant le nombre important des jugements à prononcer, deux tribunaux militaires spéciaux furent créés, qui siégèrent dans la citadelle de Port-Louis et dans le Fort Penthièvre en Saint-Pierre Quiberon (Morbihan). Le dossier AVCC du résistant Joseph Le Corre, indique que ce dernier a été condamné à mort le 20 juin 1944 par le tribunal militaire allemand 102381 siégeant provisoirement à Port-Louis, où il a été fusillé le 15 juillet 1944.
Selon le témoignage de Théodore Le Dortz, Jean Feuillet, Roger Le Cunff, Jean Martin, Bertrand Pérennou, Aimé Trébuil, Francis Trébuil et le professeur Émile Mazé auraient été jugés, sans être informés de la sentence. Le 9 juin 1944 l’interprète leur a signifié qu’ils allaient être transférés le lendemain à Vannes, alors que le 10 juin à 5 heures du matin, ils furent conduits au stand de tir de Port-Louis où ils furent exécutés.

Selon les archives allemandes déposées en 1971 à Arolsen, vingt-trois résistants ont été fusillés à Port-Louis après avoir été condamnés à mort par le tribunal militaire allemand de la 265e Division d’infanterie siégeant à Quimperlé (Finistère) : douze les 11 et 12 juin 1944, un le 15 juin 1944, sept le 22 juin 1944 et trois le 30 juin 1944.

-  Fusillés les 11 et 12 juin 1944 : Fernand Evennou, François Henriot, René Le Duigou, François Le Gallic, Jean Le Meste, Georges Le Moëne, André Mauvaise, Louis Mahot, François Morlec, Lucien Perron, Georges Poulhalec et Joseph Riou, qui avaient été condamnés à mort pour activité de franc-tireur le 9 juin 1944 ; leurs corps ont tous été identifiés en mai 1945 ;
-  Fusillé le 15 juin 1944 : François Le Daëron, qui avait été condamné à mort à une date non précisée dans les archives allemandes par le tribunal militaire allemand de la 265e Division d’infanterie siégeant à Quimperlé (Finistère) ; son corps n’a pas pu été identifié en mai 1945 ;
-  Fusillés le 22 juin 1944 : Jean Coré, Jean Le Coz, Yves Le Jan, Joseph Le Meste, Joseph Le Solliec, François Mahé et Pierre Morvan, qui avaient été condamnés à mort le 20 juin 1944 par le tribunal militaire allemand de la 265e Division d’infanterie siégeant à Quimperlé (Finistère) ; leurs corps ont tous été identifiés en mai 1945 à l’exception de celui de Joseph Le Meste ;
-  le 30 juin 1944 : Anatole Kerhervé, Pierre Le Fort et Joseph Quéret, qui avaient été condamnés à mort le 28 juin 1944 par le tribunal militaire allemand de la 265e Division d’infanterie siégeant à Quimperlé (Finistère) ; leurs corps n’ont pas pu être identifiés en mai 1945.

Le 18 mai 1945, une dizaine de jours après la reddition de l’Allemagne nazie, sur les indications fournies par un soldat tchèque et un soldat polonais incorporés de force dans des unités disciplinaires de la Wehrmacht, un charnier fut découvert sous les décombres du stand de tir installé par les Allemands à l’entrée de la citadelle de Port Louis. Ils l’avaient délibérément dynamité pour faire croire à une destruction causée par une bombe lancée par l’aviation alliée. Au cours des jours qui ont suivi, soixante-neuf corps furent exhumés par des prisonniers de guerre allemands.

Dans un procès-verbal adressé le 19 mai 1945 au procureur de la République de Lorient par le commissaire central Édouard Brunet-Dramard, qui a procédé à l’exhumation, précise que ces soixante-neuf corps ont été découverts dans trois fosses :

« Nous faisons procéder à l’exhumation des cadavres dans ce fosses en vue de leur identification et nous établissons que cinq corps se trouvaient dans la fosse de droite, vingt-deux dans la première de gauche et quarante-deux dans la seconde du même côté. Après le relevé du signalement, chaque corps a été placé dans un linceul, et numéroté de 1 à 69, puis déposé dans un garage de Port-Louis jusqu’au moment de l’inhumation définitive ».

Selon Jean Tisserand, ingénieur principal de la marine qui a assisté à l’exhumation,
« Les corps étaient recouverts de chaux, certains mutilés, avec des patates à la place des yeux. Ils étaient déjà dans un état de décomposition qui rendait les identifications difficiles. Certains avaient les mains attachées derrière avec du fil de fer. Ils ont été alignés le long du muret de la citadelle ».

Selon l’historien Jean-Claude Catherine, « Les exécutions se passaient vers 5 heures du matin. Le peloton de soldats était aux ordres du sous-lieutenant Hermann Fuchs, 30 ans, qui commandait la compagnie disciplinaire de la citadelle. Celui-ci était sous l’autorité du général Walter Düvert qui, en tant que chef de la 265e division d’infanterie basée en Bretagne-Sud, s’impliquait directement dans l’activité de la citadelle, interdisant les échanges de lettres et de colis entre les prisonniers et leurs familles ainsi que la présence d’un aumônier pour assister les fusillés. Les victimes, dont beaucoup avaient les pieds et mains entravés de fil de fer et les yeux bandés, étaient abattues au bord de la fosse et recevaient le coup de grâce d’une rafale de mitraillette  ».

Les corps qui avaient été jetés pêle-mêle dans trois fosses, étaient en état de décomposition avancée. Les corps furent déposés dans des cercueils et alignés le long du rempart de la citadelle où familles et proches de disparus sont venus identifier, un époux, un fils, un frère, un ami.
Le 19 mai, contraint par les autorités militaires françaises et américaines à regarder en face ce charnier, le général allemand Fharmbacher simula un haut-le-cœur de dégoût et osa prétendre qu’il ignorait tout du sort de ces fusillés.

Dès le 14 juin 1945, quarante-quatre cadavres purent être identifiés par leurs familles, par les vêtements et les chaussures, par les initiales d’un mouchoir, par les dents.
En 1995, un soixante-dixième corps, celui d’une femme INCONNUE 7, a été retrouvé à l’intérieur de la citadelle, qui lui non plus n’a pas pu être identifié.

Les fusillés-exécutés de Port-Louis étaient très majoritairement des jeunes célibataires : soixante d’entre eux avaient moins de 25 ans, les plus jeunes 18 ans, et le plus âgé 49 ans. Beaucoup étaient des réfractaires au Service du travail obligatoire (STO). Il y avait des militaires, des gendarmes, d’anciens marins, des cultivateurs, des ouvriers, des artisans, des employés, des étudiants. La plupart étaient originaires du Nord-Ouest du Morbihan et des confins Est du Finistère.
Il est difficile de déterminer la date précise de leur exécution, qui pour le plus grand nombre se situe au cours du printemps et de l’été 1944, de mai à juillet. La date de décès mentionnée sur leur état-civil correspond à la date de leur identification au printemps-été 1945.

Après la guerre, à l’issue de la procédure judiciaire engagée par les familles de fusillés devant les tribunaux français à Rennes puis à Paris, le lieutenant Fuchs, qui avait commandé le peloton d’exécution, a été condamné à deux ans d’emprisonnement, peine qu’il n’a pas effectuée en raison de la loi d’amnistie du 16 août 1947. Un autre lieutenant qui avait procédé aux interrogatoires a été acquitté. Un adjudant poursuivi pour coups et blessures volontaires a été condamné à cinq ans de prison par contumace. Quant au général Düvert, qui avait réussi à rentrer en Allemagne sans être inquiété, et dont un rapport de la Police judiciaire avait démontré le « rôle clé » en particulier dans la décision de procéder à des exécutions sans jugement, il a échappé à la justice française. En 1951, un jugement définitif n’a pas retenu la qualification de « crime de guerre » pour les exécutions sans jugement de Port-Louis.

Le 25 octobre 1945, la mère de Joseph Le Corre écrivit au maire de Port-Louis :

« Monsieur le Maire,
Je suis la mère d’un des infortunés jeunes gens qui ont trouvé la mort dans le carnage de la forteresse de Port-Louis.
Je viens vous demander, si comme on le fait un peu partout, il n’y aurait pas question d’ériger un monument à la mémoire de ces pauvres garçons, si oui je vous demanderai Monsieur le Maire de bien vouloir me le dire et au moment de l’inauguration de me prévenir.
Dans l’attente d’une réponse veuillez agréer Monsieur le Maire l’assurance de mes sentiments les plus respectueux.
Madame Le Corre Jean
Bourg
de Lescouët-Gouarec
Côtes du-Nord. »

En 1946, le conseil municipal de Port-Louis proposa d’ériger un monument à la mémoire de ces résistants sur le lieu de leur exécution, le stand de tir de la citadelle, c’est-à-dire sur un terrain militaire du domaine maritime. Le commandement de la Marine nationale accorda à la commune de Port-Louis une autorisation temporaire d’occupation d’une parcelle de ce terrain.
Le 3 mars 1946, un monument provisoire surmonté d’une croix de Lorraine fut inauguré à proximité du lieu d’exécution à l’initiative du Parti communiste. À l’issue de la cérémonie, son représentant, M. Perrotin, exprima le souhait que « plus tard, soit élevé un monument définitif sur le lieu-même du crime ». Un comité d’érection, présidé par le maire de Port-Louis, Monsieur Le Saux, fut constitué.
Ce n’est qu’en 1959, au début de la Ve République, que commença la construction du mémorial proprement-dit, conçu par les architectes Guillou et Lamourec, sur un terrain racheté par la commune de Port-Louis et situé à l’emplacement de l’ancien stand de tir.

Le Mémorial des fusillés de la citadelle de Port-Louis a été inauguré le 30 octobre 1960 par Raymond Triboulet, ministre des Anciens combattants. Il est constitué d’une stèle inclinée en pierre, sur laquelle est incrustée une croix de Lorraine en métal avec l’inscription :

« Vous qui passez, arrêtez-vous, souvenez-vous que nous avons été 69 patriotes fusillés ici en juin 1944 par les nazis ».

En contre-bas, sont alignés six cénotaphes (sépultures vides) dédiés aux fusillés qui n’ont pu être identifiés et sur lesquels est gravée dans la pierre la mention « Inconnu ».
Sur les murs sont scellées des plaques sur lesquelles sont inscrits les noms des 63 fusillés qui ont pu être identifiés, l’initiale de leurs prénoms et leurs communes de résidence : cinquante-et-un d’entre eux étaient domiciliés dans le Morbihan, huit dans le Finistère, trois dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor) zt un à Paris.

- AUDO Alphonse, Silfiac (Morbihan, exécuté en juin ou juillet 1944)
- BARON Pierre, Groix (Morbihan, exécuté en 1944 à une date inconnue)
- BOGARD Yves, Silfiac (Morbihan, fusillé après condamnation à mort en juillet 1944)
- COGET Michel, Noyal-Pontivy (Morbihan, exécuté en 1944 à une date inconnue)
- COGET Noël, Noyal-Pontivy (Morbihan, exécuté en 1944 à une date inconnue)
- COMMUN Jean, Paris (exécuté en 1944 à une date inconnue)
- CORÉ Jean, Scaër (Finistère, fusillé après condamnation à mort le 22 juin 1944)
- COTONNEC Joseph, Plouay (Morbihan, exécuté le 26 juillet 1944)
- DELOFFRE Jean, Saint-Thuriau (Morbihan, exécuté en 1944 à une date inconnue)
- DONIAS Henri, Moustoir-Remungol (Morbihan,exécuté le 25 mai 1944)
- EVENNOU Fernand, Lanvénégen (Morbihan, fusillé après condamnation à mort le 11 ou le 12 juin 1944)
- FEUILLET Jean, Guéméné-sur-Scorff (Morbihan, exécuté le 10 juin 1944)
- FRABOULET Jérôme, Cléguérec (Morbihan, fusillé après condamnation à mort en mai 1944)
- GAILLARD Henri, Pontivy (Morbihan, fusillé après condamnation à mort le 29 juin 1944)
- GAINCHE Marcel, Naizin (Morbihan, exécuté en 1944 à une date inconnue)
- GUILLO Mathurin, Cléguérec (Morbihan, exécuté en 1944 à une date inconnue)
- HASCOAT Jean, Quimperlé (Morbihan, exécuté fin mai ou courant juin 1944)
- HELLO Raymond, Plouay (Morbihan, exécuté le 26 juillet 1944)
- HENRIOT François, Querrien (Finistère, fusillé après condamnation à mort le 11 ou le 12 juin 1944)
- HERVÉ Pierre, Lorient (Morbihan, exécuté en 1944 à une date inconnue)
- HOUARNO Rémy, Cléguérec (Morbihan, exécuté en 1944 à une date inconnue)
- JUSTUM Roger, Pluméliau (Morbihan, exécuté en 1944 à une date inconnue)
- KERMABON André, Quimperlé (Finistère, exécuté en juin 1944)
- LAUNAY Léon, Pontivy (Morbihan, fusillé après condamnation à mort le 28 juin 1944)
- LAVOLÉ Joseph, Meslan (Morbihan, exécuté en 1944 à une date inconnue)
- LE BAIL Louis, Gouarec (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor, exécuté en 1944 à une date inconnue)
- LE BOURLAY Paul, orthographié BOURLAY sur le mur du Mémorial, Silfiac (Morbihan, exécuté en juin ou juillet 1944)
- LE CHENADEC Alexandre, Hennebont (Morbihan)
- LE CORRE Joseph, Lescouet Gouarec (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor, fusillé après condamnation à mort le 15 juillet 1944)
- LE COZ Jean, Scaër (Finistère, fusillé après condamnation à mort le 22 juin 1944)
- LE CUNFF Roger, Pontivy (Morbihan, exécuté le 10 juin 1944)
- LE DUIGOU René, Querrien (Finistère, fusillé après condamnation à mort le 11 ou le 12 juin 1944)
- LE GALLIC François, Querrien (Finistère, fusillé après condamnation à mort le 11 ou le 12 juin 1944)
- LE GLOANNEC Joseph, Plouay (Morbihan, exécuté le 26 juillet 1944)
- LE GOFF Gabriel, Pontivy (Morbihan, fusillé après condamnation à mort le 23 juin 1944))
- LE GUIFF Jean-Marie, Lorient (Morbihan, exécuté en juin 1944)
- LE JAN Yves, Quimperlé (Finistère, fusillé après condamnation à mort le 22 juin 1944)
- LE MESTE Jean, Lanvénégen (Morbihan, fusillé après condamnation à mort le 11 ou le 12 juin 1944)
- LE MOËNE Georges, Lanvénégen (Morbihan, fusillé après condamnation à mort le 11 ou le 12 juin 1944)
- LE MOULEC Jean, Gouarec (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor, exécuté en 1944 à une date inconnue)
- LE SOLLIEC Joseph, Meslan (Morbihan, fusillé après condamnation à mort le 22 juin 1944)
- LE TRÉQUESSER Joseph, Locmiquélic (Morbihan, exécuté en juin 1944)
- LE TUTOUR Mathurin, Pluméliau (Morbihan, fusillé après condamnation à mort le 19 ou le 25 mai 1944)
- LESCOAT Albert, Cléguérec (Morbihan, exécuté en 1944 à une date inconnue)
- MAHÉ François, Quimperlé (Finistère, fusillé après condamnation à mort le 22 juin 1944)
- MAHOT Louis, Lanvénégen (Morbihan, fusillé après condamnation à mort le 11 ou le 12 juin 1944)
- MARTIN Jean, Guéméné-sur-Scorff (Morbihan, exécuté le 10 juin 1944)
- MAUBÉ Louis, Cléguérec (Morbihan, exécuté en 1944 à une date inconnue)
- MAUVAIX André, Lanvénégen (à l’état civil MAUVAISE André, Morbihan, fusillé après condamnation à mort le 11 ou le 12 juin 1944 )
- MAZÉ Émile, Guéméné-sur-Scorff (Morbihan, exécuté le 10 juin 1944)
- MORLEC François, Lanvénégen (Morbihan, fusillé après condamnation à mort le 11 ou le 12 juin 1944)
- MORVAN Eugène, Pluméliau (Morbihan, fusillé après condamnation à mort le 19 ou le 25 mai 1944)
- MORVAN Pierre, Guiscriff (Morbihan, fusillé après condamnation à mort le 22 juin 1944)
- NIVOIX Jean, Saint-Thuriau (Morbihan, exécuté en 1944 à une date inconnue)
- PÉRENNOU Bertrand, Lorient (Morbihan, exécuté le 10 juin 1944)
- PERRON Lucien, Lanvénégen (Morbihan, fusillé après condamnation à mort le 11 ou le 12 juin 1944)
- POULHALEC Georges, Lanvénégen (Morbihan, fusillé après condamnation à mort le 11 ou le 12 juin 1944)
- RIOU Joseph, Lanvénégen (Morbihan, fusillé après condamnation à mort le 11 ou le 12 juin 1944)
- ROUILLÉ André, Naizin (Morbihan, exécuté en 1944 à une date inconnue)
- ROYANT Pierre, Lorient (Morbihan, exécuté en 1944 à une date inconnue)
- TRÉBUIL Aimé, Guéméné-sur-Scorff (Morbihan, exécuté le 10 juin 1944)
- TRÉBUIL Francis, Guéméné-sur-Scorff (Morbihan, exécuté le 10 juin 1944)
- VALY François, Plouay (Morbihan, exécuté le 26 juillet 1944)
- INCONNU 1
- INCONNU 2
- INCONNU 3
- INCONNU 4
- INCONNU 5
- INCONNU 6

Parmi ces six inconnus se trouvent vraisemblablement les corps des cinq résistant, Anatole Kerhervé, François Le Daëron, Pierre Le Fort, Joseph Le Meste et Joseph Quéret, dont les archives allemandes attestent qu’ils ont été fusillés en juin 1944 dans la citadelle de Port-Louis. Le sixième pourrait être Joseph Justum, arrêté le 8 juin 1944 à Pluméliau en même temps que son frère Roger Justum. Ils furent tous les deux emmenés à Pontivy (Morbihan), où ils furent torturés avant d’être transférés à Port-Louis. Seul le corps de Roger a pu être identifié parmi les corps retrouvés le 18 mai 1945 dans les décombres du stand de tir de la citadelle.

Le Mémorial de Port-Louis associe la mémoire des déportés à celle des fusillés. Une urne contenant des cendres recueillies dans plusieurs camps de concentration a été scellée au centre du mur de façade, au-dessus d’une plaque sur laquelle est gravée l’inscription :
« Ici reposent les cendres des martyrs de la Déportation ».

Un rosier " Résurrection " a été planté par l’Amicale de Ravensbrück au pied du monument provisoire sur lequel a été déposée une plaque de marbre portant l’inscription : « " Résurrection " dédiée à la Déportation et à la Résistance par l’Amicale de Ravensbrück ».

Chaque année le 23 mai, date anniversaire qui correspond à l’achèvement de l’exhumation des corps des fusillés, une commémoration se déroule devant le mémorial de Port-Louis, où les portraits des fusillés sont exposés.
Le 8 mai 2011, Nicolas Sarkozy, président de la République, est venu y commémorer le 66e anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie.

À l’initiative du Centre d’animation historique du pays de Port-Louis et en partenariat avec l’ANACR, un ancien bunker allemand dit « Bunker de la Radio », qui servait d’abri pour les soldats malades, blessés ou au repos, a été transformé en lieu de mémoire. Dans la première salle du bunker où est retracé l’historique de la découverte du charnier du stand de tir de la citadelle de Port-Louis, sont exposées les portraits des fusillés qui ont pu être identifiés et dont les familles ont conservé des photographies.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Morbihan, 2 W 15919, crimes de guerre 1944-194 (fosses, exhumations) ; 15920, crimes allemands, découvertes de fosses 1944-4945 ; 1526 W 229, Renseignements généraux, inauguration du monument de Port-Louis ; 41 J 9, Fonds Leroux. — Arolsen-International Center on Nazi Persecution, archives allemandes versées le 14 juillet 1971 : liste des personnes arrêtées, jugées et condamnées en mai et juin 1944. — Documents d’archives du Centre d’animation historique du pays de Port-Louis et de l’ANACR, communiqués par Françoise Le Louër et Nicole Borde. — Rapports d’activité du XXVe Corps d’Armée allemand en occupation en Bretagne (13 décembre 1940-20 novembre 1944), traduit et annoté par le commandant Even, Château de Vincennes, 1978. — Signalétique du Mémorial de Port-Louis. — Théodore Le Dortz, " Le bagne de Port-Louis ", Le maquis breton, février 1947. — " Les Martyrs de la Citadelle ", Chroniques Port-Louisiennes, Centre d’Animation Historique du Pays du Port-Louis, hors-série n° 3, juillet 1995. — Témoignage de Jean Tisserand, Ouest-France, 18 juin 1988. — Antoine Fouchet, " Les fusillés de Port-Louis, un crime impuni ", entretien avec l’historien Jean-Claude Catherine, La Croix, 6 juin 2011 — Ami entends-tu… Bulletin de liaison et d’information de l’ANACR, numéros 4 (octobre 1967), 13 (4e trimestre 1968), 15 (2e semestre 1971), 19 (2e semestre 1972), 22 (1er semestre 1973), 28 et 29 (1er semestre 1975), 31 (2e semestre 1975), 38 (2 semestre 1977), 99 (4e trimestre 1996), 154 (2e trimestre 2011) et 157 (3e trimestre 2012). — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur-éditeur, Mayenne, 1978. — Le Morbihan en guerre 1939-1945, Archives départementales du Morbihan, 2009. — René Le Guénic, Morbihan, Mémorial de la Résistance, Imprimerie Basse Bretagne, Quéven, 2013. — " Les massacres de Port-Louis de mai à juillet 1944 ", " Lieux mémoriels en Morbihan-Citadelle de Port-Louis " et " Mémorial de Port-Louis - Liste des fusillés condamnés à mort à Quimperlé, communiquée par Alain Floch ", dossiers en ligne sur le site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56. — État civil, Port-Louis (actes de décès).

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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