Dans la cour du collège Sainte-Anne
Dans la cour de l’ancienne école publique
Le collège Émile Mazé
Sur le monument aux morts de Guémené-sur-Scorff
SOURCE : Photos Husson
À partir de la nuit du 5 au 6 juin 1944, 475 parachutistes appartenant au 2e Régiment de chasseurs parachutistes (2e RCP) ou 4e SAS (Special air service) des Forces françaises libres (FFL) furent largués en Bretagne dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor) et dans le Morbihan. Leur mission était d’effectuer des missions de sabotage (Cooney parties) sur les voies de communication, puis de rejoindre deux bases, la base Samwest dans les Côtes-du-Nord et la base Dingson dans le Morbihan, les maquisards bretons appartenant aux Forces françaises de l’intérieur (FFI) et aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF), devaient être rassembles, armés, formés, encadrés par les SAS. L’objectif était d’empêcher ou au moins de retarder l’arrivée des renforts allemands sur le front de Normandie. Après la dispersion le 12 juin 1944 de la base Samwest) attaquée par la Wehrmacht, les SAS parachutés dans les Côtes-du-Nord rejoignirent le camp de Saint-Marcel (base Dingson) dans le Morbihan. Trois à quatre mille FFI-FTPF furent armés et formés dans ce camp qui s’étendait sur le territoire des deux communes de Saint-Marcel et de Sérent.
Le 18 juin 1944, le camp de Saint-Marcel où étaient stationnés un peu plus de deux mille FFI encadrés par deux cents SAS, fut attaqué en force par la Wehrmacht. Après avoir livré combat durant toute la journée en infligeant de lourdes pertes aux troupes allemandes, parachutistes SAS et FFI se replièrent en bon ordre et se dispersèrent.
Après cette dispersion, la Feldgendarmerie, la Wehrmacht appuyée par de nombreux détachements de soldats russes, géorgiens et ukrainiens rassemblés dans les « unités de l’Est », les agents de l’Abwher (service de renseignements de la Wehrmacht) et du SD (Sicherheitsdienst), service de sûreté et de renseignements de la Gestapo, ainsi que leurs auxiliaires français, les miliciens du Bezen Perrot et du Parti national breton, se lancèrent dans une traque implacable des parachutistes SAS, des FFI-FTPF, de leurs dépôts d’armes, et de tous ceux qui les hébergeaient et les ravitaillaient. Rafles, arrestations, tortures, et exécutions sans jugement de SAS et de résistants, incendies de fermes, pillages et massacres de civils se multiplièrent dans tout le département du Morbihan.

École Sainte-Anne
L’école Saint-Anne de Guémené-sur-Scorff (Morbihan) fut réquisitionnée par les Allemands qui y installèrent une prison où de nombreux patriotes ont été interrogés et torturés
En 1992, un monument a été inauguré à l’entrée de l’école devenue aujourd’hui collège Saint-Anne. Il s’agit d’une pierre dressée en forme de menhir, sur laquelle est scellée une plaque commémorative portant l’inscription :

« À la mémoire des résistants qui furent ici torturés par la Gestapo, fusillés ou déportés - 1944 - N’oublions pas »

École publique
Une plaque commémorative a été érigée après la guerre dans la cour de l’école publique, devenue Cours complémentaire puis collège Bisson. Aujourd’hui désaffecté, ce collège a été remplacé par un nouveau collège construit à proximité et baptisé collège Émile Mazé. Professeur de mathématiques au lycée Dupuy de Lôme à Lorient, replié à Guémené-sur-Scorff pendant la 2e guerre mondiale, Émile Mazé a été fusillé le 10 juin 1944 à Port-Louis en même temps que trois de ses élèves dont les noms figurent sur cette plaque.

Sous la mention « 1939-1945 - À la mémoire des anciens élèves de l’école Fusillés-Morts en déportation-Tués au maquis », y est inscrite la liste de vingt élèves :

- LE BOURLAIS (en réalité LE BOURLAY Paul, fusillé à Port-Louis)
- LE DILY Jean (exécuté sans jugement le 27 juillet 1944 à Kelautre en Lignol, Morbihan)
- FEUILLET Jean (fusillé à Port-Louis)
- FORTUNÉ Honoré (mort en déportation, présumé décédé lors du naufrage du Cap Arcona en Baie de Lübeck le 3 mai 1945)
- FRABOULET Jérôme (fusillé à Port-Louis)
- GUÉGUEN Louis (mort en déportation le 4 mai 1945 à Gusen, kommando de Mauthausen en Autriche)
- LANQUETIL François (fusillé le 23 mars 1944 au polygone de tir de Vannes sur le territoire de la commune de Saint-Avé)
- LE LARDIC Joseph (FFI mort au combat le 27 juin 1944 à Treffléan, Morbihan)
- LE BAIL Louis (exécuté le 22 juillet à Colpo)
- LE STRAT Émile (FFI mort au combat le 28 août 1944 à La Bâtie-Rolland dans la Drôme)
- LE NESTOUR Maurice (FFI mort au combat le 14 août 1944 à Saint-Caradec-Trégomel, Morbihan)
- LUCAS Roger (fusillé le 21 février 1944 au polygone de tir de Vannes sur le territoire de la commune de Saint-Avé)
- PÉRÈS Joseph (exécuté sans jugement le 27 juin 1944 à Ploërdut (Morbihan)
- ROUILLÉ André (fusillé à Port-Louis)
- TRÉBUIL Francis (fusillé à Port-Louis le 10 juin 1944)
- TRÉBUIL Aimé (fusillé à Port-Louis le 10 juin 1944)
- VOISIN Raymond (abattu le 15 juin 1944 à Pontivy, Morbihan)
- HÉMONET Joseph (tué le 21 août 1944 à Chartres, Eure-et-Loir)
- LE CALVÉ Joseph (décédé des suites de ses blessures le 22 août 1944 à l’hôpital américain de Villelaure dans le Vaucluse)
- MORVAN Maurice (FFI décédé accidentellement en service commandé le 30 juillet 1944 à Séglien, Morbihan)

Le monument aux morts
La liste des morts de la 2e guerre mondiale du monument aux morts de Guémené-sur-Scorff comporte trente-cinq noms dont cinq disparus :

« Guerre 1939-1945
- LE BAIL Louis (Louis, Marie, exécuté le 22 juillet 1944 à Colpo, Morbihan)
- BARDOUIL Jean (FFI mort au combat à Bernwiller, Haut-Rhin)
- BARDOUIL Louis (mort au combat le 24 août 1944 à Hennebont, Morbihan)
- LE BOZEC Joseph (FFI mort pour la France le 28 août 1944 à Kervignac, Morbihan)
- LE CALVÉ Joseph
- CROIZIER Louis (peut-être François, Louis CROIZIER, mort pour la France le 27 novembre 1941 à Gourin, Morbihan)
- LE DUIGO Eugène (mort pour la France le 20 juin 1940 à Bruyères, Vosges)
- ESVAN Théodore (FFI mort en déportation le 22 avril 1945 à Ravensbrück)
- FALIGUERO Joseph
- FEUILLET Jean (exécuté le 10 juin 1944 à Port-Louis, Morbihan)
- GUIGUIN Louis (mort pour la France le 13 janvier 1945 à Saintes, Charente)
- HELLEC Marcel (mort au combat en 1940)
- HEMONET Joseph
- KERVAREC Louis (exécuté le 18 juillet 1944 à Berné, Morbihan)
- LE LARDIC Joseph (abattu le 27 juin 1944 à Treffléan, Morbihan)
- LAVERSENNE Georges
- LE MALICOT Maurice (mort accidentellement le 4 août 1945 à Valençay, Indre)
- MARTIN Jean (exécuté le 10 juin 1944 à Port-Louis, Morbihan)
- MAZÉ Émile (exécuté le 10 juin 1944 à Port-Louis, Morbihan)
- LE NALBAUT Louis (mort pour la France le 9 juin 1940 à Montblainville, Meuse)
- PÉRÈS Joseph (exécuté sommairement le 27 juin 1944 à Ploërdut, Morbihan)
- PHILIPPE Louis (mort pour la France el 16 mai 1940 à Brunehamel, Aisne)
- ROBIC Louis (fusillé le 18 juillet 1944 à Berné, Morbihan)
- ROBIC Alfred
- TRÉBUIL Aimé(exécuté le 10 juin 1944 à Port-Louis, Morbihan)
- TRÉBUIL Francis (exécuté le 10 juin 1944 à Port-Louis, (
Morbihan)
- VOISIN Marcel (décédé par noyade le 1er avril 1940 à Calais, Pas-de-Calais)
- LE DIAGON Alain

Disparus
- AUDRAN Émile (FFI mort en déportation le 22 février 1945 à Dohlen-Hammers)
- FORTUNÉ Mathurin (mort en déportation à Neuengamme)
- FORTUNÉ Fortuné (mort en déportation à Neuengamme)
- SALLADAIN Louis (disparu en mer en juin 1940)
- VOISIN Raymond (abattu le 15 juin 1944 à Pontivy, Morbihan)
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Morbihan, 41 J 9. — Ami entends-tu… Bulletin de liaison et d’information de l’ANACR, numéros 6 (avril 1968), 62 (2e demestre 1986) et 82 (3e trimestre 1992). — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur-éditeur, Mayenne, 1978. — " Lieux mémoriels en Morbihan-Guémené ", dossier en ligne sur le site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56, sans date. — État civil,Guémené-sur-Scorff (actes de décès)

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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