Les lieux-dits Coëtby, Ker-Charlotte, Gabit, Botségalo et Trébimoël situés sur le territoire de la commune de Colpo, où trente-trois résistants furent exécutés ou tués au combat au cours de l’été 1944, font partie des nombreux lieux de mémoire de la Résistance qui jalonnent le département du Morbihan.

La stèle de Coëtby
« Eugène Nédélec - Mort pour la France le 16-06-1944 »
La stèle de Ker(Charlotte
« Ici ont reposé... »
La stèle de Gabit
« Aux quatre patriotes fusillés par les Allemands 21-6-1944 »
Le monument de Botségalo
« Aux patriotes morts pour la France à Botségalo 1944 »
« Botségalo »
« Gabit- Coëtby - Ker-charlotte - Trébimoël »
La stèle de Trébimoël
« Henri Jégat fusillé par les nazis... mort pour la Liberté »
Au début du mois de juin 1944, le 2e Régiment de chasseurs parachutistes du commandant Bourgoin, appartenant aux Forces françaises libres (FFL) et rattaché au SAS (Special Air Service), fut largué dans le secteur de Plumelec-Sérent-Saint-Marcel-Malestroit (Morbihan), où un important maquis se constitua. Plusieurs milliers de résistants morbihannais, appartenant aux Forces françaises de l’intérieur (FFI) et aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF) furent regroupés et armés dans le camp de Saint-Marcel (Morbihan). Leur mission était de fixer les troupes allemandes stationnées dans le Morbihan, afin d’empêcher ou au moins de retarder l’arrivée des renforts sur le front de Normandie.

À partir du 11 juin 1944, quatre compagnies appartenant au 1er bataillon FFI du Morbihan furent regroupées dans le bois de Botségalo en Colpo (Morbihan) dont une partie devait rejoindre le camp de Saint-Marcel.

Coëtby
Le 16 juin 1944, Eugène NÉDÉLEC, domicilié à Keryado, commune du Morbihan aujourd’hui rattachée à Lorient, fut abattu par deux soldats allemands qu’il avait attaqué à Coëtby en Colpo.

Une stèle érigée sur le lieu de son exécution après la guerre a été déplacée en raison des travaux d’élargissement et de mise à quatre voies de la D767, et remplacée par une nouvelle stèle qui se dresse aujourd’hui dans le hameau de Coëtby. Au pied d’une croix de pierre, est scellée une plaque de marbre portant l’inscription :

« Eugène NÉDÉLEC mort pour la France le 16-06-1944 »

Le 18 juin 1944, à l’occasion des obsèques d’Eugène NÉDÉLEC, une compagnie FFI se rendit au bourg de Colpo pour lui rendre les honneurs et conduire sa dépouille au cimetière, drapeau en tête. À l’entrée du bourg, sur la route venant de Vannes, un camion allemand se présenta devant un barrage FFI et ouvrit le feu. Les FFI ripostèrent au fusil-mitrailleur, tuant deux ou trois soldats allemands. Le camion était suivi par un véhicule transportant plusieurs officiers allemands, dont un colonel de la Luftwaffe mortellement blessé par les FFI qui se replièrent ensuite vers le bois de Botségalo.

Ker-Charlotte
Le 21 juin 1944, le maquis du bois de Botségalo fut attaqué par une unité de la Wehrmacht composée de soldats allemands et de soldats géorgiens. Au cours de l’engagement qui s’en suivit, trois FFI furent tués au combat :
- Lucien JOLIVEL, 19 ans, étudiant domicilié à Vannes (Morbihan)
- Roger LE BOURSICAUD, 21 ans, employé de bureau domicilié à Tréffléan (Morbihan)
- Jean Jacques BELLEC, 23 ans, domicilié à Priziac (Morbihan), commis des contributions directes à Vannes.
Surpris par la défense des maquisards, les soldats de la Wehrmacht se retirèrent en emportant leur chef et plusieurs de leurs camarades tués au combat. De leur côté, les FFI se replièrent en bon ordre dans le bois de Floranges situé à une douzaine de kilomètres, sur le territoire de la commune de Camors (Morbihan).

Après la guerre, une stèle a été érigée à Ker-Charlotte en Colpo pour honorer la mémoire des deux guetteurs FFI tués au combat, au pied de laquelle est scellée une plaque portant l’inscription :

« Ici ont reposé les FFI
- Roger BOURSICAUD (LE BOURSICAUD sur le monument de Botségalo)
- Lucien JOLIVEL
tués en combat
le 21 juin 1944 »

Gabit
Le même jour, des soldats allemands et géorgiens interceptèrent quatre FFI de Bieuzy-Lanvaux (Morbihan) qui se portaient au secours des maquisards de Botségalo et qui furent exécutés au lieu-dit Gabit en Colpo en représailles des pertes subies dans le bois de Botségalo. Ces quatre FFI étaient :
- LHÉRIDAUD Édouard, directeur d’école à Bieuzy-Lanvaux
- CONAN Joseph, 17 ans, domicilié à Bieuzy-Lanvaux
- PRIGENT Alexis, 26 ans, garçon de café, domicilié à Bieuzy-Lanvaux
- DONIAS René, 22 ans, domicilié à Plumergat (Morbihan)

Aujourd’hui une stèle érigée sur le lieu de leur exécution porte l’inscription :

« Aux quatre patriotes fusillés par les Allemands le 21-6-1944 »

Botségalo
Le 22 juin 1944 au matin, les Allemands revinrent en force à Botségalo et tirèrent au mortier sur le camp des maquisards qui avait été totalement évacué au cours de la nuit. Furieux de constater qu’il n’y avait plus aucun résistant dans le secteur, ils ont mis le feu à la forêt et à la Chapelle Notre-Dame du Cloître qui avait servie de PC au 1er bataillon de FFI du Morbihan

Les 18 juillet et 22 juillet 1944, vingt-quatre combattants pour la plupart appartenant au 4e bataillon FTPF du Morbihan, faits prisonniers le 14 juillet lors des combats de Kervernen en Pluméliau (Morbihan) et qui avaient été conduits à Locminé pour y être interrogés et torturés, furent transférés dans le bois de Coët-Kermeno à Botségalo en Colpo, où ils furent exécutés sans jugement. Les exécutés du 22 juillet furent tués d’une balle dans la nuque. L’un d’entre eux, Fernand CARGOUËT, a survécu à l’exécution : la balle lui a perforé une oreille, puis est ressortie par le haut de la joue. Des miliciens appartenant au Brezen Perrot ont participé à ce transfert et à cette exécution.
Les corps des fusillés furent découverts le lendemain 23 juillet.

Les treize fusillés du 18 juillet 1944 :
- CORVEC Georges, 20 ans, domicilié à Pluméliau (Morbihan)
- DOUSSINEAU Marcel, 37 ans, domicilié à Puteaux (Seine, Hauts de Seine)
- GARAUD Julien, 23 ans, domicilié à Baud (Morbihan)
- GILLET Auguste, 31 ans, domicilié à Guéhenno (Morbihan)
- HENRIO Laurent, 19 ans, domicilié à Hennebont (Morbihan)
- LE DUIC Louis, 22 ans, domicilié à Bieuzy-les-Eaux (Morbihan)
- LE GRÉGAM Jean, 28 ans, domicilié à Séné (Morbihan)
- LE GRÉGAM Roger, 21 ans, domicilié à Séné (Morbihan)
- LE ROY Marcel, 24 ans, domicilié à Saint-Thuriau (Morbihan)
- ROBO Robert, 21 ans, domicilié à Saint-Thuriau (Morbihan)
- MAHO Raymond, 20 ans, domicilié à Guénin (Morbihan)
- deux fusillés non identifiés

Les onze fusillés du 22 juillet 1944 :
- BRIENT Joseph, 26 ans, domicilié à Baud (Morbihan)
- DUBRAY Lionel, domicilié à Athis-Mons (Seine-et-Oise, Essonne)
- LE BAIL Louis, 27 ans, domicilié à Guémené (Mobihan)
- LE BOT Pierre, 23 ans, domicilié à Camors (Morbihan)
- LE CALVÉ Robert, 31 ans, domicilié à Pontivey (Morbihan)
- LE GLEUHER André, 20 ans, domicilié à Landaul (Morbihan)
- LE PENNE Édouard, 29 ans, domicilié à Hennebont (Morbihan)
- RENAULT Charles, 34 ans, domicilié à Auboué (Meurthe-et-Moselle)
- trois fusillés non identifiés

Un imposant monument a été érigé à deux kilomètres du bourg de Colpo, sur le bord de la D150 qui conduit à Grand-Champ. Il est constitué en son centre d’une croix de pierre sur laquelle sont scellées une Croix de Lorraine et une feuille de palme en métal, au-dessus de l’inscription :
« In memoriam
Aux 33 patriotes morts pour la France à Botségalo
1944 »

Deux plaques de marbre se dressent de part et d’autre de cette croix.
Sur la plaque de droite sont gravés les noms et prénoms des 19 résistants exécutés sans jugement le 18 juillet et le 22 juillet 1944 dans le Bois de Coët-Kermeno, dont les corps ont pu être identifiés :

« Botségalo 17-07-1944 (en réalité le 18 juillet) - 22-07-1944
- BRIEND Joseph (en réalité BRIENT)
- CORVEC Georges
- DOUSSINEAU Marcel
- DUBRAY Lionel
- GARAUD Julien
- GILLET Auguste
- HENRIO Laurent
- LE BAIL, Louis
- LE BOT Pierre
- LE CALVÉ Robert
- LE DUIC Louis
- LE GLEUHER André
- LE GRÉGAM Roger
- LE GRÉGAM Jean
- LE PENNE Édouard
- LE ROY Marcel
- MAHO Raymond
- ROBO Robert
- RENAULT Charles »

En bas de cette liste a été ajoutée la mention : « Cinq patriotes non identifiés »

Sur la plaque de gauche sont inscrits les noms de neuf autres patriotes exécutés sans jugement ou tués au combat sur le territoire de la commune de Colpo avec l’indication du village ou du lieu-dit où ils ont été exécutés ou tués au combat et la date de leur mort :

« Gabit
21-06-1944
- CONAN Joseph
- DONIAS René
- LHÉRIDAUD Édouard
- PRIGENT Alexis
Coëtby
16-06-1944
- NÉDÉLEC Eugène
Ker-Charlotte
21-06-1944
- BELLEC Jean Jacque
- LE BOURSICAUD Roger
- JOLIVEL Lucien
Trébimoël
03-08-1944
- JEGAT Henri

Trébimoël
Le 3 août 1944, les Allemands avant de se replier devant l’avance des troupes américaines appuyées par les bataillons FFI-FTPF du Morbihan, exécutèrent à Trébimoël en Colpo Henri JEGAT [pseudonyme dans la Résistance : Victor], qui commandait la 2e compagnie du 4e bataillon FTPF. Arrêté la veille alors qu’il se rendait à son domicile à Bignan (Morbihan) pour y chercher une carte, il avait été conduit dans la prison de Locminé (Morbihan) d’où il fut extrait et conduit à Colpo.
Aujourd’hui se dresse sur le lieu de son exécution à Trébimoël en Colpo une croix de pierre sur laquelle une plaque commémorative de marbre noir a été scellée, qui porte l’inscription :

« Henri Jegat, fusillé par les nazis le 3 août 1944, officier résistant mort pour la Liberté ».
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Morbihan, 41 J 46 et 47 et 88 J 1. — " Colpo, la commune se souvient des victimes du maquis de Botségalo ", Ouest-France, 8 juin 2014. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur-éditeur, Mayenne, 1978. — Le Morbihan en guerre 1939-1945, Archives départementales du Morbihan, 2009. — Françoise Morvan, Miliciens contre maquisards-Enquête sur un épisode de la Résistance en Centre-Bretagne, Éditions Ouest-France, 2010. — René Le Guénic, Morbihan-Mémorial de la Résistance, Imprimerie Basse-Bretagne-Quéven-Morbihan, 2013. — " Maquis du 1er bataillon FFI, haut-lieu de la Résistance ", dossier en ligne sur le site de l’Amicale de la Chapelle de Notre-Dame du Cloître. — " Lieux mémoriels en Morbihan-Colpo " et " Botségalo ", dossiers en ligne sur le site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56, sans date.

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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