Les villages ou lieux-dits de Saint-Nudec, Manébos et Kercand situés sur le territoire de la commune de Lanester où dix sept civils ont été torturés et abattus par les Allemands en août 1944, font partie des nombreux lieux d’exécutions qui jalonnent le département du Morbihan.

La stèle de Saint-Nudec
« À la mémoire des victimes civiles de la barbarie nazie torturées, fusillées en ce lieu le 9 août 1944... »
La stèle de Manébos
« Ici furent assassinés le 9 août 1944, victimes du nazisme qui voulait asservir le pays... »
La stèle de Kercand
« Aux victimes lanestériens victimes de la barbarie fasciste, fusillés le 26 août 1944... Français souvenez-vous »
Souvenir français
Saint-Nudec
Le 9 août 1944 à Hennebont, alors que la Wehrmacht livrait de durs combats pour stopper l’avance des troupes américaines appuyées par plusieurs bataillons des Forces française de l’intérieur (FFI) et des Francs-tireurs et partisans français (FTPF), avant de se replier dans la poche de Lorient, trois soldats allemands réquisitionnèrent trois civils du quartier de Kerroch, appartenant à la famille Le Saec : le père Joseph et ses deux fils, Joseph-Louis et Yves. Ils les obligèrent à déplacer un affût de canon depuis le lieu-dit La Croix-Verte jusqu’à Saint-Nudec en Lanester (Morbihan). Arrivés exténués à destination, ils furent roués de coups de crosse et abattus. Leurs corps furent abandonnés dans un fossé.

Le 8 mai 2004, un monument a été érigé par le Souvenir français sur le lieu de leur exécution à Saint-Nudec en Lanester. ce monument associe leur mémoire à celle de deux résistants du 6e Bataillon FFI, Robert LE BOUDIC et Pierre RIVALLAIN morts au combat le 9 septembre 1944 sur la ligne de front de la Poche de Lorient près de Naint-Nudec. Un troisième FFI, le sergent Joseph RUFFAUT, porté disparu, n’y figure pas.
Ce monument est constitué d’une pierre dressée sur laquelle est accrochée une feuille de palme en métal à l’effigie du Souvenir français, et scellée une plaque de marbre portant l’inscription :

« À la mémoire des victimes civiles de la barbarie nazie torturées, fusillées en ce lieu le 9 août 1944 :
- LE SAEC Joseph, 62 ans
- LE SAEC Joseph-Louis, 32 ans
- LE SAEC Yves, 18 ans
des résistants du 6e Bataillon FFI disparus ici au combat le 9 septembre 1944
- LE BOUDIC Jean, 16 ans
- RIVALLAIN Pierre, 25 ans
Morts pour la France »

Manébos
Le 9 août 1944 également, six habitants de Keriec, village situé sur le territoire de la commune de Caudan (Morbihan), furent arrêtés par trois soldats allemands battant en retraite. Accusés d’avoir guidé les chars américains à travers le champ de mines de Manéhullec, ils furent conduits à Manébos en Lanester et présentés au capitaine Hillenbrandt qui commandait le 2e Régiment d’artillerie légère. Ce dernier feignit d’accepter leurs dénégations et de les libérer, avant de donner l’ordre de les abattre dans le dos.

Après la guerre, une stèle a été érigée par le Souvenir français sur le lieu de leur exécution au milieu d’un petit bois auquel on accède aujourd’hui par un sentier au croisement des rues Jean-Marie Djibaou et Gérard Philippe. Elle est constituée d’une pierre dressée sur laquelle est scellée une plaque commémorative portant la mention :
« Ici furent assassinés le 9 août 1944 victimes du nazisme qui voulait asservir le pays :
- LE LANNIER L. (Louis), 43 ans
- LE LANNIER L.( Louis), 14 ans
- GUILLERMIC J. (Joseph), 45 ans
- GULLERMIC L. (Laurent), 14 ans
- LEBLANS M. (Maurice), 43 ans
- COGUIC M. (Mauric), 51 ans
cultivateurs de Kerviec en Caudan.
Français souvenez-vous »

Le nom de Maurice LEBLANS qui figure également sur la stèle de Kerviec en Caudan, est orthographié LE BLANC sur la plaque commémorative du cimetière de Caudan.

Kercand
Le 24 août 1944, six habitants du village de Kerléano en Lanester furent arrêtés par une patrouille allemande, conduits au château de Kéraliguen pour y être interrogés, puis présentés au capitaine Beltram qui ordonna leur exécution. Dans la nuit du 25 au 26 août 1944, ils furent amenés, en même temps que deux autres habitants de Lanester, dans le bois de Kercand où ils furent abattus d’une balle dans le dos.
La fosse dans laquelle les huit corps ont été jetés, n’a été découverte que le 26 août 1946. Ils avaient les mains liées derrière le dos avec des fils de fer. Tous les corps ont pu être identifiés.

Après la guerre, une stèle a été érigée par le Souvenir français sur le lieu de leur exécution. Elle est constituée d’une pierre dressée sur laquelle sont scellées une branche de palmier en métal à l’effigie du Souvenir français et une plaque de marbre noir portant la mention : « Morts pour la France ».
Les noms, prénoms et âges des fusillés sont gravés en lettres dorées à même la pierre, encadrés par la mention :

« Aux huit Lanestériens victimes de la barbarie fasciste, fusillés le 26 août 1944 :
- EVANO Jean, 59 ans
- LE FLOCH Jacques, 53 ans
- BOUGER Joseph, 41 ans
- MORVAN Mathurin, 34 ans
- PENVERN Joseph, 34 ans
- PAVIC Léon, 31 ans
- VALY Lucien, 23 ans
- GOUAUX Marcel, 18 ans
Français, souvenez-vous »
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Morbihan, 2 W 19920, 156 W 229 et 41 J 9. — Ami entends-tu… Bulletin de liaison et d’information de l’ANACR, numéros 7 (juillet-août 1968) 119 (4e trimestre 2001) et 129 (2e trimestre 2004). — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur-éditeur, Mayenne, 1978. — René Le Guénic, Morbihan, Mémorial de la Résistance, Imprimerie Basse Bretagne, Quéven, 2013. — " Lieux mémoriels en Morbihan-Lanester ", dossier en ligne sur le site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56, sans date.

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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