Né le 3 mai 1893 à Niederroedern (Bas-Rhin annexé), massacré le 7 août 1944 à Blond (Haute-Vienne) ; boucher ; victime civile.

Lucien Blum, boucher à Niederroedern
Lucien Blum (2ème en partant de la droite)
Il était le fils de Moses Blum et d’Henriette Lazarus (1857 - 1917), domiciliés à Niederroedern, une petite commune du nord du Bas Rhin à proximité de la frontière allemande. Il appartenait avec sa famille à la petite communauté juive du village, communauté qui comptait 33 personnes en 1936. Vu sa classe d’âge (1913), il fut vraisemblablement mobilisé dans l’armée allemande lors de la première guerre mondiale. Il se maria à Niederroedern, le 17 août 1920 avec Blanche Asch (1891 – 1951). Ils eurent trois enfants, trois filles, Irène née en 1921, Marguerite née en 1922 et Denise née en 1924. Il exerçait à Niederroedern le métier de boucher. Le 1er septembre 1939, à la veille de la guerre, par décret officiel, le village de Niederroedern fut totalement évacué et la population déplacée vers la Haute-Vienne et en particulier vers la commune de Blond. A la fin de l’été 1940, après l’armistice, la plus grande partie des habitants de Niederroedern choisirent de rentrer en Alsace, le retour s’effectuant le 15 octobre 1940. Les autorités allemandes interdirent le retour des familles juives. Une circulaire du préfet de la Haute-Vienne aux maires datée du 29 juillet 1940 (Arch. Dép. 87, 187 W 5) leur indiqua clairement que les Alsaciens israélites étaient interdits de retour. La famille Blum s’installa donc durablement à Blond, regroupée avec plusieurs autres familles apparentées (Kahn, Klein) dans une grande maison du centre du bourg, surnommée « le couvent » (souvenirs de Margot Cohn, née Kahn in Enfances juives en Limousin op. cit.). Margot Kahn raconte ainsi : « La population de Blond, semble-t-il, était plutôt amicale. Un de mes oncles, boucher et marchand de bestiaux de son métier, était en rapport avec le boucher de Blond, et une fois par semaine, le sacrificateur rituel de Bellac venait à Blond pour tuer une bête selon le rite juif, afin que ma famille et les Juifs des environs – et même de Limoges – puissent s’approvisionner en viande cachère ! ».
Au début du mois d’août 1944, les autorités militaires allemandes envoyèrent dans le nord de la Haute-Vienne, des forces armées connues sous le nom de groupement Ottenbacher (du nom du général le commandant) dans le but de « nettoyer » la zone des maquis qui s’y étaient installés et développés. A partir du 3 août et jusqu’au 10 août, selon une tactique éprouvée, les unités allemandes quadrillèrent le secteur, sillonnant toutes les routes pour accrocher et détruire les maquis. Le 6 août 1944, les unités allemandes convergèrent vers les Monts de Blond afin d’encercler les maquis de Blond, de Cieux et de Vaulry et de les anéantir. Le 7 août, des combats eurent lieu dans tout le secteur. Selon le témoignage de Margot Kahn, nièce de René Klein : « Ma famille s’est sauvée dans les bois, lors d’un accrochage entre allemands et résistants, le 7 août 1944. Mon oncle René Klein qui gardait un prisonnier (allemand ? milicien ?), a été pris et fusillé en même temps que Lucien Blum, qui habitait avec sa famille au couvent ».
Lucien Blum fut inhumé après la guerre dans le cimetière juif de Niederroedern, à la sortie du village dans la direction d’Haguenau.
Il obtint la mention mort pour la France et son nom est inscrit sur le monument commémoratif érigé à Blond ainsi que sur le monument commémoratif de la Résistance dans le jardin d’Orsay à Limoges.
Voir Blond et ses environs (7 août 1944)
Sources

SOURCES : ADIRP 87 — ADHV 993 W 222-224 ; 11 J 1 ; 47J3 ; 187 W 118. — Renseignements et photographie Jean Claude Ach (petit-fils de Lucien Blum) — P. Plas et M.C. Kiener (sous la direction de), Enfances juives Limousin-Dordogne-Berry Terres de refuge, Editions Lucien Souny, 2006 (témoignage de Margot COHN née KAHN) — site internet — Mémorial GenWeb. — État-civil. — Wikipédia.

Bernard Pommaret, Dominique Tantin, Michel Thébault

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