Le monument de Boccabois
« Tombés au champ d’honneur à Boccabois...
Ne les oublions pas »
Le monument aus morts de Guégon
« Combat du 20 juin 1944 (Boccabois) »
Entre le village de Boccabois et La Ville Guimard
Le menhir du lieutenant de la Grandière
Le menhir du sergent Plouchard
Au début du mois de juin 1944, le 2e Régiment de chasseurs parachutistes (RCP) ou 4e SAS (Special air service) des Forces françaises libres (FFL) fut largué dans le secteur de Plumelec-Sérent-Saint-Marcel-Malestroit (Morbihan). Sa mission était de fixer les troupes allemandes stationnées dans le Morbihan, afin d’empêcher ou au moins de retarder l’arrivée des renforts allemands sur le front de Normandie. Plusieurs milliers de résistants appartenant aux Forces françaises de l’intérieur (FFI) et aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF) furent regroupés et armés dans le camp de Saint-Marcel qui recevait chaque nuit des parachutages d’hommes, d’armes, de munitions et de Jeep. Le commandant Pierre Bourgoin, chef du 4e SAS et le colonel Morice, chef des FFI du Morbihan, établirent leur quartier général à la ferme de La Nouette située sur le territoire de la commune de Sérent. Dans la nuit du 17 au 18 juin 1944, considérant que cette concentration devenait très dangereuse et qu’il fallait plutôt privilégier la guérilla, le commandement interallié donna, mais trop tard, l’ordre de dispersion.
Le 18 juin 1944, le camp de Saint-Marcel où étaient stationnés un peu plus de deux mille FFI encadrés par deux cents SAS, fut attaqué en force par la Wehrmacht. Après avoir livré combat durant toute la journée en infligeant de lourdes pertes aux troupes allemandes, parachutistes SAS et FFI se replièrent en bon ordre et se dispersèrent.
Après cette dispersion, la Feldgendarmerie, la Wehrmacht appuyée par de nombreux détachements de soldats russes, géorgiens et ukrainiens rassemblés dans les « unités de l’Est », les agents de l’Abwher (service de renseignements de la Wehrmacht) et du SD (Sicherheitsdienst), service de sûreté et de renseignements de la Gestapo, ainsi que leurs auxiliaires français, les miliciens du Bezen Perrot et du Parti national breton, se lancèrent dans une traque implacable des parachutistes SAS, des FFI-FTPF, de leurs dépôts d’armes, et de tous ceux qui les hébergeaient et les ravitaillaient. Rafles, arrestations, tortures, et exécutions sans jugement de SAS et de résistants, incendies de fermes, pillages et massacres de civils se multiplièrent dans tout le département du Morbihan.

Le 20 juin 1944, le groupe SAS du lieutenant Roger de La Grandière qui battait en retraite et avait reçu l’ordre de se replier sur Pontivy (Morbihan), fit une halte dans la ferme de la famille Mounier au village de Boccabois en Guégon (Morbihan). À court d’essence, contraints d’abandonner leurs jeeps, trempés, affamés, ils demandèrent à se restaurer et à prendre un peu de repos dans le grenier à foin. Un voisin, Constant LE GUENNEC, partit chercher du ravitaillement au bourg et téléphoner à un médecin de Josselin pour lui demander de venir soigner le lieutenant CAMARET, blessé. Les Allemands cantonnés à Josselin, renseignés sur la présence de parachutistes à Boccabois, prirent la direction du village où l’alerte fut donnée. Les SAS, qui étaient une douzaine, quittèrent précipitamment la ferme en laissant sur place des sacs et des vêtements, vite découverts par les Allemands.
Les Allemands pourchassèrent les SAS qui avaient emprunté un sentier détrempé et entreprirent de les encercler. Le lieutenant Roger de LA GRANDIÈRE ordonna au lieutenant CAMARET de se replier avec six parachutistes, tandis qu’il faisait face avec les autres SAS. Blessé à la poitrine, il leur demanda de se replier. Le sergent Jean PLOUCHARD refusa de l’abandonner et tint la position avec son fusil-mitrailleur jusqu’à épuisement de ses munitions, avant de succomber à son tour. Joseph MOUNIER découvrit les deux corps le lendemain.
Trois habitants de Guégon furent abattus : Jean BERTHO à la sortie du bourg, Joseph LE COQ au village du Bot et Constant LE GUENNEC à la ferme de Boccabois où il était revenu pour ravitailler les SAS.

Un monument a été érigé après la guerre dans le village de Boccabois pour honorer leur mémoire. Il est formé d’une stèle dressée sur un socle en escalier, sur laquelle est sculptée une Croix de Lorraine et scellée une plaque commémorative portant l’inscription :

« 20 juin 1944
Tombés au champ d’honneur
à Boccabois
- Lt DE LA GRANDIÈRE R.
- Sgt PLOUCHARD J.
Parachutistes
Tués pour la France
à Boccabois
- LE GUENNEC C. 45 ans
au Bot
LE COQ J. 20 ans
Sortie du bourg
- BERTHO J. 14 ans
Ne les oublions pas »

Leurs noms sont également inscrits sur une plaque commémorative scellée au pied du monument aux morts de Guégon :

« Combat du 20 juin 1944 (Boccabois)
Victimes civiles
- C. LE GUENNEC
- J. LE COQ
- J. BERTHO
Parachutistes
Lt R. DE LA GRANDIÈRE
Sgt J. PLOUCHARD »

Entre le village de Boccabois et le lieu-dit La Ville Guimard, à l’endroit où le lieutenant DE LA GRANDIÈRE et le sergent PLOUCHARD ont été tués, se dressent deux menhirs sur lesquels sont fixées des plaques commémoratives honorant leur mémoire :

« Le 20.6.1944
Ici fut tué le Lt
R. DE LA GRANDIÈRE
Parachutiste »
« Le 20.6.1944
Ici fut tué le Sgt
J. PLOUCHARD
Parachutiste »
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Morbihan, 2 W 11308. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur-éditeur, Mayenne, 1978. — Joseph Jégo, 1939-1945 Rage Action Tourmente au Pays de Lanvaux, Imprimerie La Limitrophe, 1991. — René Le Guénic, Les Maquisards chez nous en 1944 et Morbihan, Mémorial de la Résistance, Imprimerie Basse Bretagne, Quéven, 2013. —" Lieux mémoriels en Morbihan-Guégon , dossier en ligne sur le site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56, sans date

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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