La stèle de Kerbregen
« Ici Jean RABY a été fusillé par les Allemands
le 6 juillet 1944 »
« Ici le 6 juillet 1944
après avoir été torturé
a été assassiné par les Allemands Jean RABY »
Le monument du Breneuh
Kerbregen
Le 21 mai 1944 à l’aube, dans le village de Kerbregen en Plumelin (Morbihan) des soldats allemands conduits par un gendarme français sous la contrainte, surprirent cinq francs-tireurs et partisans français (FTPF) du groupe Casanova qui se reposaient dans le grenier d’une ferme.
Ange HOREL, résistant originaire de Kéryado (Morbihan), fut abattu sur place.
Henri GAILLARD, Léon LAUNAY et 190637
furent faits prisonniers et fusillés à Port-Louis 189408.
Adrien GOUZERH, blessé, est décédé six mois plus tard à l’hôpital d’Auray.

Après la guerre, un monument a été érigé à Kerbregen sur le bord de la D 179. Ce monument est constitué d’une pierre dressée qui, en 2016, était en partie masquée par les mousses et les ronces, portant l’inscription :

« Aux patriotes
- Ange HOREL tué le 21 mai 1944
- Henri GAILLARD
- Léon LE GOFF
- Gabriel LE GOFF
capturés et usillés à Port-Louis »

Le bourg
Au début du mois de juin 1944, le 2e Régiment de chasseurs parachutistes du commandant Bourgoin, appartenant aux Forces françaises libres (FFL) et rattaché au SAS (Special Air Service), fut largué dans le secteur de Plumelec-Sérent-Saint-Marcel-Malestroit (Morbihan), où un important maquis se constitua. Plusieurs milliers de résistants morbihannais, appartenant aux Forces françaises de l’intérieur (FFI) et aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF) furent regroupés et armés. Leur mission était de fixer les troupes allemandes stationnées dans le Morbihan, afin d’empêcher ou au moins de retarder l’arrivée des renforts sur le front de Normandie.

Après l’attaque allemande lancée contre le maquis de Saint-Marcel le 18 juin 1944, qui contraignit SAS et FFI à décrocher et à se disperser, la Feldgendarmerie, la Wehrmacht appuyée par de nombreux détachements de soldats russes, géorgiens et ukrainiens rassemblés dans les « unités de l’Est », les agents de l’Abwher (service de renseignements de la Wehrmacht) et du SD (Sicherheitsdienst), service de sûreté et de renseignements de la Gestapo, ainsi que leurs auxiliaires français, les miliciens du Bezen Perrot et du Parti national breton français, se lancèrent dans une traque implacable des parachutistes SAS, des FFI-FTPF et de tous ceux qui les hébergeaient et les ravitaillaient. Rafles, arrestations, interrogatoires, tortures, et exécutions sans jugement de SAS et de résistants, incendies de fermes, pillages et massacres de civils se multiplièrent dans tout le département du Morbihan.

Le 3 juillet 1944, des miliciens bretons qui avaient été informés du retour dans la commune de FTPF venus assister le 2 juillet à un enterrement, effectuèrent une rafle à Plumelin, à l’issue de laquelle trente-cinq jeunes furent arrêtés. Vingt-cinq d’entre eux furent fusillés au fort de Penthièvre 189377 et trois furent déportés. Le jeune Jean RABY fut atrocement torturé et exécuté le 6 juillet 1944 dans un champ à la sortie du bourg.

Après la guerre, un monument a été érigé sur le lieu de son exécution. Entouré d’une clôture en poteaux de ciment, doublée de fers barbelés, il se présente comme une sépulture de pierre surplombée d’une stèle sur laquelle est gravée une inscription devenue presque illisible :

« Ici le 6 juillet 1944
après avoir été torturé
Jean RABY a été assassiné
Victime »

Une plaque commémorative de marbre blanc, scellée sur la stèle porte l’inscription :

« Ici
Jean RABY
a été fusillé
par les Allemands
le 6 juillet 1944 »

Le Breneuh
Le 9 juillet 1944 à Saint-Jean-Brévelay (Morbihan), lors d’une rafle effectuée à la sortie de la messe, plus de soixante-dix habitants de Plumelin furent arrêtés et conduits à Locminé (Morbihan) pour y être interrogés. Le 13 juillet 1944, un détachement de soldats allemands et de miliciens bretons transportèrent cinq d’entre eux, Henri CADIEU, Armel et Maurice MARTIN, Émile LANCO, Laurent LE MAIRE et Roland BRULÉ jusqu’à la carrière du Bréneuh en Plumelin où ils furent fusillés.

Après la guerre, un monument a été érigé sur le lieu de leur exécution au Breneuh où la carrière a été transformée en déchetterie. Ce monument se présente sous la forme d’une sépulture de pierre surplombée par une stèle sur laquelle sont scellées trois plaques de marbre portant l’inscription :

- « Ici ont été fusillés par les Allemands le 13-07-1944
- Maurice MARTIN
- Armel MARTIN
- Henri CADIEU
- Laurent LE MAIRE
- Roland BRULÉ
- Émile LANCO »
Sources

SOURCES
Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur-éditeur, Mayenne, 1978. —" Lieux mémoriels en Morbihan-Plumelin, dossier en ligne sur le site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56, sans date.

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Version imprimable de cet article Version imprimable