Né le 13 décembre 1920 à Marmanhac (Cantal), mort en déportation 10 avril 1945 au camp d’Ebensee (Autriche) ; résistant FTPF.

Fils de Pierre Marty et de Angèle Seguin, Louis Jean Marty, appelé couramment Jean, a accompli son service militaire et demeure avec ses parents à Pradines, commune de Marmanhac (Cantal).
Après la promulgation de la loi du 15 février 1943 imposant aux jeunes Français des classes 1940, 1941 et 1942 de partir travailler en Allemagne pour contribuer à l’effort de guerre du IIIe Reich, des réfractaires cherchèrent refuge dans la montagne bourbonnaise, où ils furent pris en main par des responsables de l’Armée secrète (AS), André Mandart, entrepreneur de maçonnerie à Châtel-Montagne (Allier), et Roger Kespy, radio-électricien à Vichy. D’abord cantonnés dans une carrière de Saint-Nicolas-des-Biefs, ils se regroupèrent le 1er juillet 1943 aux Robins de Saint-Clément. Début décembre, le groupe, fort de vingt-huit membres, se déplaça à nouveau pour s’installer à Arfeuilles.
D’abord cantonnés dans une carrière de Saint-Nicolas-des-Biefs, ils se regroupèrent le 1er juillet 1943 aux Robins de Saint-Clément. Début décembre, le groupe, fort de vingt-huit membres, se déplaça à nouveau pour s’installer à Arfeuilles. C’est vers cette période que Jean Marty les rejoint après avoir quitté son domicile familial.
Sur ordre de l’AS, une partie des jeunes gens s’en alla pour constituer un nouveau maquis dans le Puy-de-Dôme. De nouvelles recrues se présentèrent, ainsi que cinq hommes envoyés par les Francs-tireurs et partisans (FTP) et un militant communiste évadé d’un camp de prisonniers politiques, Guy Périlhou. Le 22 décembre 1943, le groupe s’installa dans la ferme désaffectée de La Pourière (commune de Châtel-Montagne), pour affronter l’hiver dans des locaux en dur. Il décida au même moment d’adhérer aux FTP, sans rompre pour autant avec l’AS. La soif d’action était la principale motivation. Le maquis adopta alors les principes d’organisation des FTP, en se dotant d’un « triangle » de direction. Bernard Saumande fut nommé commissaire aux effectifs et prit le pseudonyme de « Claude », un certain Georges Gouverneur, qui allait malheureusement se révéler être un agent de la Milice infiltré (condamné à mort après guerre, puis gracié), devint commissaire aux opérations, tandis que Julien Charpentier prenait la responsabilité de commissaire technique. Otto Georges Weiss, alias « Serge », un agent du Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) d’origine autrichienne, assumait quant à lui le « service B » (service de renseignements des FTP). Jean Marty était nommé chef d’une des trois équipes avec le grade de sergent.
En quelques semaines, le maquis de La Pourière exécuta une dizaine d’actions, y compris deux attaques de débits de tabac auxquelles Bernard Saumande tenta de s’opposer, en vain face à la virulence de leur instigateur, qui n’était autre que le milicien infiltré. Dans la matinée du 4 février 1944, des Groupes mobiles de réserve (GMR) – une police supplétive de Vichy – encerclèrent la ferme et capturèrent vingt-cinq résistants. Seuls quelques-uns, non présents, échappent de façon provisoire aux allemands : Bernard Saumande* (qui sera arrêté le lendemain), Michel Fiatkowski* et Jean Marty. Ces deux derniers étaient en opération à Roanne où ils avaient pris part à une opération de cambriolage avec une femme et deux individus le 2 février.
Arrêté à Roanne (Loire) dans la nuit du 18 février 1944, Michel Fiatkowski * est trouvé porteur d’un portrait de Jean Marty qui était son chef de groupe.
Jean Marty est arrêté le 26 février 1944 par la police allemande à la ferme Chauffailles sur la commune de Noailly (Loire) où il se cachait. Il est trouvé porteur de deux mitraillettes de fabrication anglaise et de sept chargeurs. Il est ensuite détenu à Saint-Étienne où il fut interrogé par la police française le 7 mars 1944.
Ses camarades pensaient qu’il avait été fusillé à Lyon comme son ami Michel Fiatkowski dit « Michel » exécuté le 26 février à la prison Saint-Paul. Il fut en fait envoyé en déportation à Mauthausen sous le matricule 62774. Il décéda le 10 avril 1945 au camp d’Ebensee en Autriche.
Sources

SOURCES : Archives départementales du Puy-de-Dôme. – André Serezat, De Vichy à Valmy, 1995.

Henri-Ferréol Billy

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