Né le 7 janvier 1908 à Rostov-sur-le-Don (Russie), fusillé le 11 février 1944 à Limoges (Haute Vienne) après condamnation à mort d’une cour martiale (SGMO) ; mineur ; résistant Armée secrète (AS) en Corrèze.

D’après ses déclarations aux policiers suite à son arrestation, Yvan Alexandrov était un ouvrier mineur des environs de Rostov. Au début de 1942, il fut déporté par les Allemands avec sa famille dans le secteur de Vitebsk où il fut employé pour la construction de routes et de chemins de fer.
En 1943, il fut séparé de sa femme et de ses enfants et déplacé en Allemagne. Il parvint à quitter l’Allemagne pour rejoindre un oncle émigré près de Versailles. Arrivé à destination en octobre 1943, il apprit par le voisinage que son oncle serait parti pour Périgueux. Il décida de s’y rendre à pied, en s’aidant d’une carte de calendrier fournie par un voisin. En janvier 44, il fut intercepté par des résistants et amené dans un maquis. Selon une autre version, Alexandrov, avec un compatriote, avait déserté une unité allemande stationnée en Corrèze et ils avaient été récupérés par l’AS.
Le 29 janvier, il participa à l’attaque d’un convoi de GMR près de Treignac (Corrèze) avec son groupe AS épaulé par une unité FTPF dans le but de libérer trois membres de l’AS capturés un peu plus tôt dans la journée. Au cours de l’attaque, deux résistants AS furent tués, un troisième achevé. Alexandrov, resté pour couvrir le repli, fut capturé avec un FTPF, René, Antoine Chabanier* et fut sévèrement brutalisé par les GMR.
Le 11 février 1944, il fut condamné à la peine capitale avec le FTPF Chabanier par la cour martiale de Vichy à Limoges et fusillé, sans doute le jour-même à la maison d’arrêt comme c’était l’usage. Il fut inhumé au cimetière de Louyat à Limoges. Sa sépulture porte aussi le nom d’Ivan Pilipenko, mais par erreur. Ce nom a été rajouté à l’initiative des FTP de la Dordogne, qui ont dû croire qu’Ivan Alexandrov était une fausse identité donnée par leur camarade Pilipenko, lui-aussi soviétique, capturé par les Allemands le 25 mars 1944.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Haute Vienne 1517 art.280 et 9J2. — Maquis de Corrèze, 5e édition,1995, p. 343.

Hervé Dupuy

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