Né le 25 décembre 1899 à Monchy-Lagache arrondissement de Péronne (Somme), tué le 22 août 1944 à Paris (XVIIIe arr.) ; manœuvre, gardien de la paix ; membre de Libération Nord et d’Honneur de la Police.

Fils d’un couple de manouvriers Émile, Frédéric, Ludovic et Marie, Madeleine née Bocquet, Moïse Warrier alla à l’école primaire, savait lire et écrire. Pendant la guerre de 1914-1918, Monchy-Lagache se trouvait dans la zone des combats, la famille Warrier a été évacuée à Jeumont (Nord). Prisonnier civil des allemands, il fut employé à tous les travaux pénibles, Moïse Warrier ne put regagner Monchy-Lagache le 17 février 1919. Dans un important état de faiblesse, il ne travailla pas jusqu’à son incorporation le 12 juin 1919 au 26e Régiment d’infanterie à Nancy (Meurthe-et-Moselle), il était libéré le 25 mars 1921 avec le grade de caporal.
Il vint habiter à Paris au 15 rue Geoffroy l’Asnier à Paris (IVe arr.). En 1921, il écrivit au Préfet de police de Paris pour solliciter un emploi de gardien de la paix. Embauché le 4 novembre 1921, il écrivit dans sa biographie que l’influence d’un brigadier retraité et d’un gardien de la paix membre de sa famille le décida à solliciter un emploi de gardien de la paix. Il pensait que les policiers étaient estimés « de tous, tout en faisant honnêtement [mon] devoir, j’aurais ma vie assurée ».
Affecté dans le IVe arrondissement de Paris dans le quartier Saint-Gervais, il était professionnellement apprécié pour son activité sur la voie publique et son bon esprit de discipline et son désir de mieux servir. Le 1er juin 1923 alors qu’il regagnait son domicile à bicyclette, un taxi le renversa à la hauteur du 68 rue de Rivoli (IVe arr.). Il a été blessé à la jambe gauche, et souffrit de douleurs internes.
Il était parmi les policiers chargés de refouler les manifestants et contre-manifestants place de la Concorde en février 1934. Des pierres et des objets divers furent jetés sur les policiers, Moïse Warrier touché par une pierre dans le dos porta plainte contre X… En avril 1935 vers 18 heures 20, il interpellait un homme en état d’ivresse rue de Jouy (VIIe arr.), alors qu’il l’accompagnait au poste pour ivresse en scandale, l’homme lui retourna les doigts de la main gauche, il dut cesser son travail.
Le 16 mars 1937 le Parti Social Français du colonel de La Rocque organisait en soirée la projection du film La Bataille au cinéma Olympia à Clichy (Seine, Hauts-de-Seine). Le maire socialiste de la ville Charles Auffray et le député communiste Maurice Honel organisèrent une contre-manifestation, une fusillade éclata faisant six morts dont une femme chez les antifascistes. De service Moïse Warrier a été légèrement blessé.
Bien noté il était apprécié comme un « Bon gardien » en 1941, noté 15 et 16 en 1942, en 1943 18 – 18 – 15 « Excellent gardien, très bonne tenue, très discipliné ». Moïse Warrier qui était sous-brigadier depuis le 1er juillet 1933 n’exprimait aucun désir, aucun souhait de promotion. Il était membre de Libération-Nord et d’Honneur de la Police d’obédience gaulliste. Le 22 août 1944, il était de service au poste central de la rue du Mont Cenis (XVIIIe arr.). Il recevait l’ordre de se rendre avec plusieurs collègues faire un coup de main contre les allemands qui se tenaient place de la Chapelle. Chef d’un groupe franc, il s’y rendit en tenue civile avec plusieurs collègues pour tenter de dégager un groupe de F.F.I. attaqué par les allemands au rond-point de la Chapelle près du pont de chemin de fer.
Le groupe franc fut pris sous le feu d’un fusil mitrailleur. Moïse Warrier reçut une balle en plein cœur vers 17 heures 15, une ambulance transporta son corps au dépôt mortuaire du 41 rue d’Albouy (Lucien-Sampaix) à Paris (Xe arr.).
Moïse Warrier était marié à Blanche Oliphie née Leroux, le couple sans enfant vivait 55 rue Ordener à Paris (XVIIIe arr.). Son inhumation se déroula au cimetière parisien de Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis). Le 22 mars 1946 au matin, le corps de Moise Warrier fut exhumé en présence de son épouse, de sa famille et d’une importante délégation de policiers dont un commissaire et plusieurs gradés qui lui rendirent hommage. Il a été ré-inhumé sans son village natal de la Somme.
Considéré « Victime du devoir », le ministère des Anciens combattants attribua à Moïse Warrier la mention « Mort pour la France », il fut cité à l’Ordre de la Nation (JO du 20 décembre 1944), et décoré de la Légion d’honneur (JO du 3 janvier 1945), il a été homologué F.F.I. et au titre de la Résistance Intérieure Française. Une plaque commémorative honorant sa mémoire a été posée sur un pilier du métro aérien à la hauteur du 22 boulevard de la Chapelle (XVIIIe arr.), et sur la liste des policiers tués dans les combats de la Libération au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.).
Oeuvres
Sources

SOURCES : Arch. PPo. BA 1801, BA 1819, CB 39.97 main courante du commissariat de la porte Saint-Martin, KC 39. – SHD, Caen AC 21 P 175003. – Bureau Résistance GR 16 P 601065. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – « Au cœur de la Préfecture de Police de la Résistance à la Libération », Sous la dir. De Luc Rudolph, Directeur honoraire des services actifs, Éd. LBM, 2009. – Site internet GenWeb. – État civil AD Somme 2 E 55/7 acte n° 30 vues 136-137.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo.

Daniel Grason

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