Sainte-Anne en Pluneret (Morbihan), village devenu aujourd’hui la commune de Saint-Anne d’Auray, où cinq civils furent exécutés en août 1944, fait partie des nombreux lieux d’exécutions et de mémoire qui jalonnent le territoire du Morbihan.

Dans le cimetière de Sainte-Anne d’Auray, les sépultures de Joseph Le Barh (à gauche) et de Louis Allanic (à droite).
Au second plan, le monument érigé en 1951
« Fusillés par les Allemands le 5 août 1944 »
Dans la cour de la maison de retraite Sainte-Marie
« Il n’est de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »
Le 3 août 1944, alors que les troupes américaines commençaient à libérer le Morbihan avec l’aide des bataillons des Forces françaises de l’intérieur (FFI) et des Francs-tireurs et partisans français (FTPF), le 2e Bataillon FFI investit le village de Saint-Anne en Pluneret (Morbihan), où un hôpital militaire allemand s’était installé dans le juvénat des Filles du Saint-Esprit. Le commandant FFI Le Garrec confia à deux prêtres, l’abbé Joseph LE BARH, curé de la paroisse de Sainte-Anne d’Auray, et l’abbé Louis ALLANIC, professeur-économe au Petit-séminaire et conseiller municipal de Pluneret, la mission d’aller remettre une lettre au médecin-chef allemand, le docteur Ernst Berges, lui demandant de se rendre. Ce dernier les renvoya et appela ses supérieurs à Lorient pour leur demander des moyens de transports afin d’évacuer l’hôpital.
Au cours de la nuit un premier convoi de camions allemands débuta l’évacuation.
Le 5 août à l’aube, un second convoi d’autocars fut attaqué par des FFI à l’entrée du village. Le lieutenant Roschlau qui commandait ce convoi ordonna des opérations de représailles au cours desquelles trois civils furent tués :
- Stanislas LE LOUËR, âgé de 70 ans ;
- Xavier BRIANCEAU, 34 ans ;
- Augustine HENRY, veuve GUÉGAN, âgée de 64 ans, réfugiée originaire de Lorient.
Une vingtaine d’habitants furent arrêtés dans le village et la basilique où les soldats allemands incendièrent les confessionnaux, puis ils furent conduits au juvénat des Filles du Saint-Esprit. Parmi eux se trouvaient les abbés :
- LE BARH Joseph
- ALLANIC Louis
qui furent sortis du rang et exécutés devant le mur ouest.

Après la guerre, le lieutenant Roschlau a été condamné par le tribunal militaire de Paris aux travaux forcés à perpétuité.
Joseph LE BARH et Louis ALLANIC ont été inhumés dans le cimetière de Sainte-Anne en Pluneret, aujourd’hui Sainte-Anne d’Auray, où un monument a été inauguré le 16 septembre en 1951. Ce monument est constitué d’une imposante croix celtique en pierre dressée sur un socle, où est scellée une plaque portant l’inscription : </br/
« À la mémoire
des Abbés LE BARH et ALLANIC
et de M. M. BRIANCEAU et de LE LOUËR
fusillés par les Allemands
le 5 août 1944
— 
16 septembre 1951 »

Dans la cour du juvénat des Filles du Saint-Esprit de Sainte-Anne d’Auray devenu la Maison de retraite Sainte-Marie, une plaque commémorative a été apposée sur le mur-ouest devant lequel les abbés ALLANIC et LE BARH ont été exécutés, qui porte l’inscription :

« Ici
Sont morts pour la France
Fusillés le 5 août 1944
Les prêtres
Joseph LE BARH - Premier Recteur
Louis ALLANIC - Conseiller Municipal
de Sainte-Anne
" Il n’est de plus grand amour que
De donner sa vie pour ceux qu’on aime " »
Sources

SOURCES : Ami entends-tu… Bulletin de liaison et d’information de l’ANACR, numéro 43, 1er semestre 1979. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur-éditeur, Mayenne, 1978. — " Lieux mémoriels en Morbihan-Sainte-Anne d’Auray ", dossier en ligne sur le site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56, sans date.

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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