Le passage les 11 et 12 juin 1944 d’unités de la division SS Das Reich remontant de Limoges (Haute-Vienne) vers Poitiers (Vienne), entraîna sur les communes de Peyrat-de-Bellac, Saint-Bonnet-de-Bellac et Bussière-Poitevine, la mort au combat ou à la suite d’exécutions de sept résistants et d’un civil.

stèle commémorative du combat de Peyrat-de-Bellac a été dressée sur le lieu du combat, à l’intersection de la N2147 (ex N147) et de la D675
Crédit : ASCOMEMO
Crédit : Jean-Marie Gabaud
Au lendemain du débarquement allié du 6 juin 1944, et suivant le mot d’ordre d’un soulèvement général, les chefs de la Résistance dans le nord de la Haute-Vienne décidèrent d’une libération de Bellac. Pour y parvenir ils concentrèrent autour de la ville plusieurs maquis : la 2403ème compagnie FTPF du lieutenant Brissiaud alias Rolland, basée au Mas de Vaulry dans les Monts de Blond et un maquis de l’Armée Secrète (AS). S’étant établis auparavant dans les bois du Roy au nord de Bellac, les résistants pénétrèrent dans la ville le 9 juin 1944. Il fallut la médiation du sous-préfet de Bellac, Jean Marie Fabre, pour éviter l’affrontement avec les élèves de l’école de gendarmerie de Brive qui stationnaient alors en ville. Les résistants occupèrent momentanément Bellac, récupérant un important matériel et arrêtant une vingtaine d’habitants de Bellac suspects de collaboration (qui furent peu après relâchés).
Mais la libération ne fut que temporaire. En effet, dès le 9 juin au soir le Haut Commandement allemand donna ordre aux unités de la division SS Das Reich qui avaient été engagées à partir du 8 juin en Limousin contre la résistance de se préparer à partir vers le front de Normandie. Les 11 et 12 juin les unités allemandes se dirigèrent ainsi de Limoges, où elles avaient été regroupées, vers Poitiers lieu du regroupement suivant avant le départ vers la Normandie. Le trajet de la RN 147, Limoges – Poitiers passait par Bellac. La compagnie FTPF qui avait regagné le Mas de Vaulry pour camoufler camions et matériel, décida de laisser plusieurs points de contrôle sur les axes routiers. Le lieutenant « Roland » établit des barrages sur les communes de Saint-Bonnet-de-Bellac (au lieu-dit Bel Air) et Mézières-sur-Issoire. Le 11 juin, en fin d’après-midi, un véhicule transportant des maquisards venant relever l’un des barrages, s’égara et se trouva, au carrefour de la départementale 675 et de la route nationale 147, au pont du Vincou, sur la commune de Peyrat-de-Bellac, face à une unité blindée de la division Das Reich. Un combat bref et violent s’ensuivit, cinq maquisards furent tués et un sixième fut fait prisonnier. Un peu plus tard et quelques kilomètres plus loin, sur la commune de Saint-Bonnet-de-Bellac, à Bel Air, l’unité allemande abattit un jeune résistant et fit une victime civile. Enfin, le prisonnier emmené par les troupes allemandes et conduit quelques kilomètres plus loin à Bussière-Poitevine (Haute-Vienne), à la limite du département de la Vienne y fut exécuté le lendemain 12 juin par pendaison.
Liste des huit victimes :
A Peyrat-de-Bellac : Roger Baujard, Henri Dijoux, Armand Paupert, Jean Simon et X (pseudonyme « Georges ») tous les cinq morts en action.
A Saint-Bonnet-de-Bellac : Jean Villesange exécuté sommaire, et Marcel Ranger civil massacré.
A Bussière-Poitevine : Adrien Girettes exécuté sommaire.
Une stèle commémorative du combat de Peyrat-de-Bellac a été dressée sur le lieu du combat, à l’intersection de la N2147 (ex N147) et de la D675 et une seconde au lieu-dit Bel Air sur la commune de Saint-Bonnet-de-Bellac. Elles sont toujours l’objet de cérémonies mémorielles.
Sources

SOURCES : François Adeline Haute-Vienne La guerre secrète 1940-1944 Hors-série édité par Le Populaire du Centre décembre 2006 — Article Le Populaire 13 juin 2014 — Mémorial genweb.

Michel Thébault

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