Né le 2 juin 1922 à Cavaillon (Vaucluse), abattu le 22 février 1944 à Izon-la-Bruisse (Drôme) ; ajusteur SNCF à Avignon (Vaucluse) ; résistant maquisard du maquis Ventoux.

André Arnaud
Club des cheminots Avignon
André Arnaud plaque au cimetière de Beaumettes
Cliché Robert Mencherini
André Arnaud, fils de cheminot, grandit dans le milieu ferroviaire vauclusien. Son père Félix Léon Arnaud, né à Menerbes (Vaucluse), était manoeuvre à la compagnie du Paris-Lyon-Méditerranée (PLM). Marié à Salon, le 15 février 1921, avec Claire Christine, Félix Arnaud habitait, lors de la naissance de son fils, chemin de la Petite Vitesse, à deux pas de la gare de Cavaillon. La famille déménagea quelques années plus tard à Avignon dans le quartier cheminot des Rotondes, impasse Trilladette, au sud de la ville.
André Arnaud suivit la voie paternelle et travailla au dépôt SNCF des Rotondes d’Avignon comme ajusteur. En septembre 1942, engagé volontaire, il rejoignit l’armée et fut affecté, le 9 septembre 1942, au 38e groupement de Défense aérienne du territoire (DAT), puis, trois jours plus tard, au 61e Batterie. Après la démobilisation de l’armée d’armistice, il fut placé, en décembre 1942, en permission renouvelable de trente jours, puis, le 1er mars 1943 en congé d’armistice.
Menacé par le Service travail obligatoire (STO) et refusant de partir en Allemagne, André Arnaud rallia le maquis Ventoux. Les jeunes réfractaires qui se dissimulaient dans des fermes, à l’écart des villages du massif, formèrent les premiers contingents de ce maquis. Celui-ci se structura et s’arma progressivement, en lien avec les organisations de Résistance et l’Armée secrète, sous la direction de Philippe Beyne, D’Artagnan, officier de réserve et ancien percepteur de Sault (Vaucluse), et de Maxime Fisher, Anatole, avocat parisien réfugié.
Les effectifs maquisards augmentèrent rapidement. Ils furent répartis en plusieurs camps, qui, très mobiles, se déplaçaient dans toute la Haute-Provence vauclusienne et drômoise, en fonction des besoins et de la répression. En effet, les Allemands, qui occupaient la totalité de la région depuis l’automne 1943, étaient très préoccupés par l’existence de formations armées, capables de les prendre à revers lors d’un débarquement allié. Ils multiplièrent les opérations à leur encontre en utilisant des unités de la 8e compagnie Brandebourg basée à Pont-Saint-Esprit (Gard), spécialisées dans l’infiltration et la répression des maquis. Celles-ci comptaient, parmi leurs légionnaires, de nombreux Français, membres pour beaucoup du Parti populaire français (PPF). L’une des actions les plus importantes des occupants fut menée, en février 1944 contre un regroupement du maquis Ventoux dans la Drôme, auquel participait André Arnaud, sous le pseudonyme d’Arnal, autour du petit hameau d’Izon-la-Bruisse, près du village d’Eygalayes (Drôme).
Le 21 février 1944, les troupes allemandes, très bien renseignées, investirent le village proche de Séderon (Drôme) où s’était installé l’état-major du maquis. Elles attaquèrent, le lendemain, à l’aube, les sections du camp maquisard cantonnées sur les hauteurs en amont d’Eygalayes. André Arnaud trouva la mort ce jour-là, ainsi que trente-trois autres maquisards tombés au combat ou abattus. Son corps fut retrouvé au lieu dit « Grange-basse » où bivouaquait la 3e section (section Koenig) du maquis, dans une ferme abandonnée, la ferme Jullien.
André Arnaud fut inhumé (sous le nom d’Arnal) par les villageois, comme ses camarades, à environ deux kilomètres d’Eygalayes, dans une combe sur la route du col Saint-Jean, le 25 février 1944. Son identité véritable ne fut établie que tardivement, le 2 juillet 1948, par un jugement du tribunal civil de Nyons. Trois ans plus tard, sa famille organisa le transfert de son corps, exhumé le 28 juillet 1951, dans le tombeau familial du cimetière de Beaumettes (Vaucluse).
André Arnaud, homologué caporal FFI et décoré, à titre posthume, de la Croix de guerre avec étoile de bronze, obtint les mentions « Interné résistant » et « Mort pour la France ». Son nom fut gravé sur le grand mur qui ferme le cimetière national militaire d’Eygalayes, aménagé sur le lieu de l’inhumation de 1944. Il figure sur plusieurs mémoriaux dédiés aux cheminots, comme, dans le quartier des Rotondes d’Avignon, la stèle du dépôt SNCF, une plaque du club des cheminots en l’honneur des cheminots FTPF d’Avignon, ou le monument municipal du carrefour de la Croix des oiseaux, « À la mémoire des cheminots d’Avignon victimes du nazisme ». Il est également gravé sur la plaque « À la mémoire des agents de la SNCF tués par faits de guerre » de la gare d’Avignon et sur la colonne octogonale dédiée aux 446 agents SNCF « des 8e arrondissements morts pour la France », érigée, à Marseille, dans le square de la gare Saint-Charles. Son nom est également inscrit sur la plaque commémorative apposée dans la mairie d’Avignon et sur le monument aux morts de Beaumettes.
Sources

SOURCES : AVCC, Caen, dossiers de mort pour la France et interné résistant — Claude Arnoux, Maquis Ventoux, Avignon, Aubanel, 1994 — Association pour la mémoire de la Résistance et de la Déportation dans les Hautes-Baronnies, La Tragédie du maquis d’Izon-la-Bruisse, 22 février 1944, Eygalayes, Mémoire Résistance HB, 2013 — Service départemental de l’ONAC-VG, Vaucluse 44. L’année de la liberté retrouvée, Avignon, 2004, p. 16-18 — Robert Mencherini, Résistance et Occupation, 1940-1944, Midi rouge, Ombres et lumières. Histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône, 1930 - 1950, t. 3, Paris, Syllepse, 2011, p. 566 — Robert Mencherini, Cheminots en Provence. Les années de guerre, 1939-1945, Marseille, éditions du CE cheminots, 2012, p. 64 et 158 — Robert Mencherini, notice Arnaud André, in Thomas Fontaine (dir.), Cheminots victimes de la répression, 1940-1945. Mémorial, Paris, Perrin/SNCF, 2017, p. 77-78 — État-civil.

Robert Mencherini

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