Né le 17 novembre 1887 au Lonzac (Corrèze) ; exécuté en représailles le 4 Avril 1944 au lieu-dit la Veyrerie sur la commune de Treignac (Corrèze), près du Lonzac.

Fils de Jean et de Marianne Bonhomme, marié à Marie Roume, il était père de deux enfants Charbonnier à Paris au moment de la conscription, il avait effectué son service militaire dans le 126ème Régiment d’Infanterie. Mobilisé le 1er août 1914, caporal puis sergent du 326ème RI, il avait été blessé le 13 janvier 1915 à Fontenoy, puis le 30 mars 1918 à Vaux, cité à l’ordre de la 77ème division en 1916. La Médaille militaire lui avait été attribuée le 1er mars 1923. Revenu au Lonzac, il était cultivateur au lieu-dit Les Plas et maire de la commune.

Le 1er avril 1944, après avoir sévi en Dordogne, la division Brehmer entra en Corrèze. Après un accrochage avec des maquisards Francs-tireurs et partisans (FTP) du détachement « Camille Maumey », sur la nationale 89, entre Brive et Tulle, les forces allemandes investirent Tulle où ils exigèrent du préfet Trouillé la localisation des maquis. Or, si la présence des résistants était avérée, leur mobilité ne l’était pas moins : les opérations de ratissage commencèrent le 2 avril, l’une en direction d’Argentat, l’autre en direction de Treignac.

Après les saccages et les exécutions des 3 et 4 avril, le 5 avril 1944, les hommes de la division Brehmer apparemment bien informés, revinrent au Lonzac dans des camions et des voitures blindées. Ils entrèrent d’abord à l’hôtel Geneste dont les propriétaires étaient absents et se saisirent de la belle-fille et de son enfant de 5 ans qu’ils emmenèrent à la mairie ; la maison fut pillée et détruite à coup de grenades et la grange et l’écurie incendiées. Dans le même temps, la maison de Madame Chauzat fut incendiée et le feu gagna les habitations voisines. Les allemands s’attaquèrent ensuite aux buralistes Monsieur Dupuy et Madame Leugnac : leurs immeubles et ceux de leurs voisins furent la proie des flammes. Les mêmes opérations de destruction et de brutalités se répétèrent aux hôtels Dezanis, Cérézat, Bardagot. En tout cinq hôtels, deux bureaux de tabac, une boulangerie- furent fouillés, pillés, saccagés : onze maisons et cinq granges furent incendiées, leurs occupants molestés et une trentaine de personnes furent prises en otages et conduites à la mairie pour un interrogatoire musclé. Roger Cérézat, fils d’un hôtelier, dut malgré lui servir de guide mais à l’approche du moulin de Rome, il fut abattu et le meunier Jean-Baptiste Boissy fut pris en otage. Jean Marsaleix, le facteur du village qui traversait la place du Foirail, fut arrêté à son tour. Vers 16 heures, un camion dans lequel avaient pris place dix otages quitta le bourg pour revenir vide une demi-heure plus tard.

En fin d’après-midi, quand les allemands quittèrent Le Lonzac, ils emmenèrent avec eux onze personnes : Mesdames Bardagot, Cérézat, Chauzat, Dezanis, Grisoti et Leynac, Madame Deshortet sa fille Huguette, Messieurs Bourdarias, Dupuy et Mazouffre ; transférées à la prison de Limoges, elles furent libérées un mois plus tard.

Le 6 avril, les corps de Pierre Bardagot, Jean Boissy, Gabriel Cérézat, Antoine Deshors, Antoine Dezanis, Jean Durousseau, Jean-Paul Fauger, Jean Marsaleix, Salomon Muller, Pierre Taesch, furent retrouvés au Bois de Chassagnac, en bordure de la RD 26 en direction de Madranges.

Voir la monographie de Le Lonzac (3-5 avril 1944)
Sources

SOURCES : Arch. Dép. de la Corrèze : recensement de population (1936).— Paul Mons, Afin que nul n’oublie la folie meurtrière de la division Brehmer Mars-Avril 1944, Editions Les Monédières.— Site les Chemins de la Mémoire.

Michelle Destour

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