Monument n° 1
Monument n° 2
Vingt-sept personnes, dont dix FTP venus du Pas-de-Calais et deux civils du Nord, furent exécutées à Guise, Vadencourt et Longchamps (Aisne) le 14 juin 1944, par les troupes allemandes (SS) et le Sipo-SD de Saint-Quentin.
Il y avait alors une forte présence allemande dans la région. Quelques plus tôt, dans la soirée du 3 juin 1944, un attentat visant un soldat (ou un officier, selon les sources) allemand avait été commis à Aisonville-et-Bernoville (Aisne), à quelques kilomètres de Guise. En outre, le 10 juin 1944, des jeunes francs-tireurs et partisans (FTP) étaient partis du Pas-de-Calais pour rejoindre le maquis des Ardennes (peu avant le massacre des Manises, qui eut lieu le 13 juin).
Selon le site de la commune de Bourlon (Pas-de-Calais), le « 8 juin 1944 [est diffusé] Sur les ondes de la BBC, un message personnel : « Le canapé est au milieu du salon ».
Trois compagnies FTP [5], comprenant 350 hommes, font mouvement du bassin minier du Pas-de-Calais vers les Ardennes. Elles sont sous les ordres des commandants Bruno, Arthur et Tino. Leur destination finale : Revin où ils sont appelés à former un maquis destiné à se battre sur les arrières de l’ennemi.
Les jeunes dont la plupart ont moins de 20 ans prennent la route du maquis par petits groupes. Les itinéraires sont variés pour éviter les troupes de l’occupant.
Mais les Allemands sont informés de ces mouvements. C’est ainsi que le 9 juin, trois FTP sont arrêtés sur la route de Cambrai, ils avaient des pétards explosifs dans leurs musettes.
Les Allemands préparent leurs interventions et de nombreux accrochages se produisent.
  • à Fampoux (8 juin) : 30 FTP, qui font une halte dans le cimetière pour se reposer, sont faits prisonniers. Ils seront déportés le 13 juillet 1944.
  • à Mont Saint Eloi, Ablain Saint Nazaire, Monchy Le Preux (9 juin), Guemappe, Villers-lès-Cagnicourt, Aisonville-et-Bernoville, Guise, Fourmies (3 morts), d’autres accrochages ont lieu.
  • dans la nuit du 8 au 9 juin, un violent combat à lieu entre Hénin-Liétard et Drocourt. Après 4 heures de combat les rescapés se replient vers Noyelles Godault où ils seront tous arrêtés sur dénonciation.
  • le 10 juin, 17 sont arrêtés à Vitry, Biache, Fresnes-lès-Montauban.
  • le 11 juin, 20 FTP sont arrêtés à Dury [6].
  • à Bourlon : le 11 juin 1944, les troupes Allemandes encerclent les FTP. Bilan : 10 morts et 22 prisonniers.
  • à Haplincourt : le 11 juin 1944, 7 morts sont à déplorer.
  • à Vadencourt : le 13 juin 1944 [7], une centaine de FTP est encerclée, de lourdes pertes sont à déplorer dans les deux camps.
  • à Tilloy les Mofflaines : le 14 juin, deux hommes se font arrêter sur la route, ils ont des armes sur eux… Ils seront fusillés immédiatement.
  • à Aizecout-le-Bas : le 28 juin 1944, les Allemands encerclent un baraquement où 22 jeunes FTP doivent passer la nuit. Bilan : 3 morts et plusieurs prisonniers ».



Pour ce qui concerne uniquement le secteur de Guise, le massacre commença à Vadencourt-et-Bohéries, vers 5 h. du matin. Les premières victimes furent Édouard Bézeau, Raymond Virot et un inconnu. Une heure plus tard tombèrent Marcel Cavroy, Henri Legroux et le commandant « Jean », tandis que Roland Demeester et Charles Roche périssaient brûlés vif dans l’incendie de la maison Mulet, à Bohéries. Près de la gare de Vadencourt, furent abattus Serge Gentien, Jacques Lecœur et Maurice Lenfant.


Il se poursuivit à Longchamp, où Georges Lefort fut abattu, et à Guise. Vers sept heures du matin, onze personnes furent exécutées en bordure de la route de Villers-lès-Guise (Aisne), à la sortie de Guise. Le lieu est une pâture située après le « château » de Mademoiselle Godin (aussi appelé « château de Faÿ »), sur la droite en direction de La Capelle (Aisne). D’après le témoignage d’un employé de cette maison, Armand Alizard, une soixantaine de soldats SS avaient amené là deux hommes, qui furent exécutés. Les corps furent abandonnés près la clôture jusque dans l’après-midi. Il s’agissait de Pierre de Martimprey, maire d’Aisonville-Bernoville (Aisne), et Émile Borgne, de la même commune.
Vers 14 h. 30, toujours selon la même source, quatre hommes furent conduits sur les mêmes lieux, dont Henri Minet. Après qu’ils aient été obligés de creuser une fosse, ils y furent abattus. Les deux premiers cadavres du matin y furent également traînés, et le trou comblé.
Un homme blessé au bras droit, prisonnier, fut interrogé vers 15 h. 45 par la Gestapo (probablement la Sipo-SD de Saint-Quentin). Quatre hommes le furent également dans le salon du château, trois quarts d’heure plus tard, avant qu’on leur fasse creuser une nouvelle fosse. Les cinq furent abattus vers 18 h. 30.


Liste des vingt-sept victimes :
  1. Bézeau Édouard, Vadencourt (Bohéries), 5 h. ;
  2. Borgne Émile, Guise, 7 h. ;
  3. Boulay Raphaël, Guise, 14 h. 30 ;
  4. Bucquoy Édouard, Guise, 14 h. 30 ;
  5. Cavroy Marcel, Vadencourt (Bohéries), 6 h. ;
  6. Commandant « Jean », Vadencourt (Bohéries), 6 h. ;
  7. Demeester Roland, Vadencourt (ferme Mulet), 6 h. ;
  8. Dubois Émile, Guise, 18 h. 30 ;
  9. Durocher Roger, Guise, 18 h. 30 ;
  10. Gentien Serge, Vadencourt (gare), 6 h. ;
  11. Guise René, Vadencourt (gare), 6 h. 30 ;
  12. Inconnu, Vadencourt (Bohéries), 5 h. ;
  13. Lecœur Jacques, Vadencourt (gare), 6 h. ;
  14. Lefort Georges, Longchamp, 8 h. 30 ;
  15. Legroux Henri, Vadencourt (Bohéries), 6 h. ;
  16. Lenfant Maurice, Vadencourt (gare), 6 h. ;
  17. Luthon Pauline, ép. Guise, Vadencourt (gare), 6 h. 30 ;
  18. Maksymenko Stéphane, Guise, 9 h. ;
  19. Martimprey Pierre de, Guise, 7 h. ;
  20. Minet Henri, Guise, 14 h. 30 ;
  21. Oget Jules, Vadencourt (ferme Mulet), 6 h. 28.
  22. Roche Charles, Vadencourt (ferme Mulet), 6 h. ;
  23. Rousseau Marcel, Guise, 18 h. 30
  24. Salé Robert, Guise, 18 h. 30 ;
  25. Virot Raymond, Vadencourt (Bohéries), 5 h. ;
  26. Williot Raymond, Guise, 14 h. 30 ;
  27. Zygefrid Dominiak, Guise, 18 h. 30 ;



Différents monuments commémoratifs ont été élevés dans les deux communes.


À Vadencourt, une plaque commémorative a été apposée sur le mur de l’ancienne abbaye cistercienne. Le texte (accompagné des photographies des victimes) indique :


« Hommage
de la population reconnaissante
aux vaillants résistants
qui, le 14 juin 1944,
ont ici lutté contre l’envahisseur
et sont tombés glorieusement
pour la défense de nos libertés

  1. Demester Roland ;
  2. Durocher Roger ;
  3. Gavroy Marcel [8] ;
  4. Lecœur Jacques ;
  5. Legroux Henri ;
  6. Lenfant Maurice ;
  7. Roche Charles ».



Une plaque commémorative plus récente existe près de la première :


« Hommage aux
vaillants résistants
F.T.P.
de la 2e compagnie

  1. Demester Roland ;
  2. Durocher Roger ;
  3. Cavroy Marcel ;
  4. Lecœur Jacques ;
  5. Legroux Henri ;
  6. Lenfant Maurice ;
  7. Roche Charles.



Morts pour la France ».


Une autre plaque a été placée dans l’église, avec les mêmes noms :


« Souvenir des héros
de Vadancourt [sic] ».


D’autres monuments commémoratifs ont été érigés dans le Pas-de-Calais.
Un monument surmonté d’une croix fut érigé à Guise, au château de Faÿ. Le texte indique ce qui suit :


« Ici ont été fusillés
par les Allemands le 14 juin 1944
  1. Pierre de Martimprey ;
  2. Henri Minet ;
  3. Édouard Bucquoy ;
  4. Roger Durocher ;
  5. Émile Dubois ;
  6. Émile Borgne ;
  7. Raymond Williot ;
  8. Raphaël Boulay ;
  9. Robert Salé ;
  10. Marcel Rousseau ;
  11. Zygefrid Dominiak ».









Sources

Frédéric Stévenot

[1D’après la fiche du CRDP d’Amiens, il s’agirait de « la 2ème compagnie, basée à Harnes, au nord-est de Lens, de la 5ème de Bruay, au sud-ouest de Béthune, ainsi que de la 6ème du nord d’Arras ».

[2Le département n’est pas précisé. On trouve ce toponyme dans la Somme, le Pas-de-Calais et l’Aisne

[3En réalité, il s’agit du 14 juin.

[4Erreur sur le nom : il s’agit de Marcel Cavroy.

[5D’après la fiche du CRDP d’Amiens, il s’agirait de « la 2ème compagnie, basée à Harnes, au nord-est de Lens, de la 5ème de Bruay, au sud-ouest de Béthune, ainsi que de la 6ème du nord d’Arras ».

[6Le département n’est pas précisé. On trouve ce toponyme dans la Somme, le Pas-de-Calais et l’Aisne

[7En réalité, il s’agit du 14 juin.

[8Erreur sur le nom : il s’agit de Marcel Cavroy.

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