Sur le mur d’entrée de la prison :
« Ici durant l’occupation nazie de 1940 à 1944... »
La croix de Kerchopine
La niche de Kerchopine en 2017
Le monument aux morts sur le plateau de la Garenne
« À un Résistant inconnu »
« 1939-1945
Morts pour la France
Résistants
Déportés politiques
Fusillés »
Dans le cimetière de Calmont
Le carré militaire
« Ici reposent
2 maquisards inconnus
Passant souviens-toi »
La prison, place Nazareth
Les résistants incarcérés à la prison de Vannes et condamnés à mort par le tribunal militaire allemand (FK750) étaient fusillés, dans une carrière qui servait de Polygone de tir et qui était située près du hameau de Kermelin sur le territoire de la commune de Saint-Avé (Morbihan).
Le 11 juillet 1944, devant l’avance des troupes américaines, le chef de la Gestapo de Vannes donna l’ordre au colonel Reese, officier de la Wehrmacht, d’exécuter cinquante deux détenus de la prison surpeuplée de Vannes. Le major Esser, chef de bataillon de la défense côtière, chargé d’exécuter cet ordre, fit transférer cinquante détenus, appartenant pour la plupart aux Forces françaises de l’intérieur (FFI) et aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF), de la prison de Vannes au Fort Penthièvre à Saint-Pierre-Quiberon (Morbihan), où ils furent exécutés le 13 juillet 1944.
Leurs noms sont inscrits sur le mémorial du Fort Penthièvre et sur une plaque commémorative apposée à l’entrée de la galerie du fort, où avaient été entassés leurs cadavres et qui a été transformée en crypte après la découverte du charnier.
Au moins deux résistants et peut-être quatre sont décédés dans la prison de Vannes :
- Émile Baudet (24 ans), arrêté le 24 juin 1944 au cours d’une opération de ratissage opérée à la suite des combats du 18 juin à Saint-Marcel (Morbihan), emmené à La Nouette, brutalisé et torturé, puis conduit à la prison de Vannes où il décéda le 28 juin 1944 ;
- Raymond Guillemot (19 ans), jeune résistant appartenant au groupe FTPF Vaillant-Couturier, arrêté le 10 décembre 1943, condamné à mort le 17 février 1944 par le tribunal militaire allemand de Vannes (FK750) pour « acte de franc-tireur », et exécuté le même jour dans l’enceinte de la prison de Vannes, sans doute au moment de monter dans le camion qui emmenait les condamnés à mort vers le Polygone de tir de Saint-Avé pour y être fusillés.
- Marcel André et Marcel Couëdo fusillés le 19 juin 1942, « à Vannes » selon la note adressée le lendemain par la Feldkommandantur 750 au préfet du Morbihan, « au polygone militaire de Vannes » selon une lettre adressée le 20 juin 1942 par l’ambassadeur de France dans les Territoires occupés, au préfet délégué du ministère de l’Intérieur à la Délégation générale du gouvernement français dans les Territoires occupés, et « dans la cour de la prison de Vannes » selon le rapport adressé au préfet du Morbihan le 22 juin 1942 par le capitaine de gendarmerie Salomon.
Leurs noms sont inscrits sur le mémorial des fusillés érigé à Saint-Avé.

À Vannes, place Nazareth, une plaque commémorative a été apposée après la guerre sur le mur d’entrée de la prison pour honorer la mémoire des patriotes fusillés, exécutés ou morts en déportation qui y ont été incarcérés :

« Ici durant l’occupation nazie de 1940 à 1944 furent incarcérés des hommes et des femmes dont le seul crime était de vouloir demeurer Français. Résistants et Maquisards y furent atrocement martyrisés. La plupart n’en sortirent que pour être conduits au poteau d’exécution ou en déportation. N’oublions jamais »

Kerchopine
Le 5 août 1944, dans le village de Kerchopine, Joseph Fily, fils d’agriculteurs fut arrêté, torturé et jeté dans le brasier de la ferme incendiée par des soldats allemands.
Une petite croix présentée dans une niche avait été installée après la guerre sur le lieu de son exécution, qui avait disparu en 2017, le site étant voué à laisser la place à un nouveau lotissement.

Mémorial des guerres sur le plateau de la Garenne
Après la guerre, les cercueils de cinq résistants morbihannais non identifiés provenant de plusieurs cimetières du Morbihan furent transférés à Vannes et exposés dans la chapelle du collège Jules Simon. L’un d’entre eux fut désigné par la fille d’un résistant mort en déportation et inhumé le 18 juin 1945 sur le plateau de la Garenne, au pied du monument aux morts de Vannes, sous une pierre tombale en granit bleu portant l’inscription : « À un Résistant inconnu ».
Une stèle élevée près du monument aux morts portant l’inscription « 1939-1945 - Résistants-Déportés politiques-Fusillés », sont inscrits quarante-quatre noms, parmi lesquels figurent quinze fusillés ou exécutés :

- CADORET A.. (Albert, exécuté le 13 juillet 1944 au Fort Penthièvre, Morbihan)
- CADORET P.. (Paul, fusillé le 17 mars 1942 à Saint-Avé, Morbihan)
- FILY J. (Joseph, exécuté le 5 août 1944 à Vannes, Morbihan)
- GASNIER G.. (Gilbert, exécuté le 13 juillet 1944 au Fort Penthièvre, Morbihan)
- GOUGAUD J. (Jean, fusillé le 15 juillet 1944 à Saint-Avé, Morbihan)
- JOUBAUD M. (Maurice, mort au combat en juin 1944 dans le Morbihan)
- JOUBAUD R. (Roger, mort au combat le 20 juin 1944 dans le Morbihan)
- LE BIHAN L. (Léon, exécuté le 13 juillet 1944 au Fort Penthièvre, Morbihan)
- LE CAM A. (Albert, exécuté le 31 juillet 1944 à Arradon, Morbihan)
- LE CUILLER A.* (en réalité LE CUILLIER Alain, exécuté le 3 août à Josselin, Morbihan)
- LE GREVELLEC É. (Émile, fusillé le 8 juin 1944 à Saint-Jacques-de-la-Lande, Ille-et-Villaine)
- MAHÉ A. (Alexis, exécuté le 31 juillet à Arradon, Morbihan)
- MARTIN J. (Jean, exécuté le 13 juillet 1944 au Fort Penthièvre, Morbihan)
- PENPENIC J. (en réalité PENPENNIC Jules, exécuté le 13 juillet 1944 au fort Penthièvre, Morbihan)
- TANGUY M. (Michel, fusillé le 2 juillet 1944 à Saint-Avé, Morbihan)

Carré militaire du cimetière de Calmont
Dans le carré militaire du cimetière de Calmont sont inhumés une vingtaine de FFI, marins, fusillés, victimes civiles :
- « MEUNIER André, civil mort pour la France, fusillé le 15 mars 1942 à 35 ans »
Une plaque commémorative déposée sur sa sépulture porte l’inscription :
« Les otages de Coëtquidan à leur camarade André Meunier fusillé par les Allemands en 1942 »
- « GUÉZENNEC François, sergent au dépôt colonial n° 118, mort pour la France le 18 décembre 1944 à 50 ans »
- « LEBEL Gérard Jean Marie, civil, otage, profession manœuvre, mort pour la France fusillé le 21 février 1944 à 21 ans »
- « PÉDRONO René Marie, victime civile, décédé le 21 février 1944 à 26 ans »
- « SCIALLER François, soldat des Forces françaises de l’intérieur, mort pour la France le 6 septembre 1945 à 33 ans »
- « LE GAL Jean Marie, adjudant au 2e Régiment d’infanterie coloniale, mort pour la France le 17 mars 1943 à 44 ans »
- « PÉDRONO Georges, soldat des Forces françaises de l’intérieur, mort pour la France le 26 septembre 1945 à 19 ans »
Né le 19 octobre à Locminé, Georges Joseph Pédrono, soldat au 141e Régiment d’infanterie alpine, est mort de noyade. Il n’est pas reconnu comme « Mort pour la France » sur le site Internet Mémoire des hommes.
Une plaque commémorative déposée sur sa sépulture porte l’inscription :
« À notre frère regretté - Soldat Georges Pédrono 19 ans mort pour la France - Angles-sur-L’Anglin (Vienne) le 26 septembre 1945 »
- « PRÉZEAU André, sergent au dépôt d’infanterie n° 83, mort pour la France le 8 septembre 1944 à 40 ans »
- « LE DUFF Claude, soldat au 46e Régiment d’infanterie, mort pour la France le 20 février 1944 à 26 ans »
- « DANNACHER Georges, victime civile, décédé le 21 avril 1944 à 36 ans »
- « LE CAM Albert, soldat des Forces françaises de l’intérieur, mort pour la France fusillé le 31 juillet 1944 à 34 ans »
- « JAN Jules, officier mécanicien de 3e classe de la Marine nationale, mort pour la France le 17 janvier 1943 à 47 ans »
- « CADORET Albert Marie, soldat FFI, mort pour la France fusillé le 13 juillet 1944 à 25 ans »
Une plaque commémorative déposée sur sa sépulture porte l’inscription :
« Albert Cadoret, 24 ans – À mon fils et frère fusillé par les Allemands à Penthièvre le 13 juillet 1944 »
- « PINAULT Jacques Germain, caporal au 180e Régiment du génie, 1ère compagnie, mort pour la France le 27 février 1945 à 23 ans »
Une plaque commémorative déposée sur sa sépulture porte l’inscription :
« Jacques Pinault, FFI mort pour la France à Strasbourg le 27 février 1945 »
- « DEL PINO Isidoro, soldat des Forces française de l’intérieur mort pour la France le 18 juin 1947 à 29 ans » ?
Au milieu de la première rangée de sépultures, une stèle de granit rectangulaire se dresse, sur laquelle est gravée une Croix de Lorraine avec l’inscription :
« Ici reposent 2 maquisards inconnus – Passant souviens-toi »
Sur la dalle de ciment, délimitée par une chaîne portée par sept obus, ont été déposées une croix et une plaque commémorative portant l’inscription ;
« Les anciens FFI à leurs camarades »
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Morbihan, 41J47 et 2W11308 – Le Morbihan en guerre 1939-1945, Archives départementales du Morbihan, 2009 – René Le Guénic, Morbihan, Mémorial de la Résistance, Imprimerie Basse Bretagne, Quéven, 2013 — " Lieux mémoriels en Morbihan_Vannes " et " Les fusillés du Polygone de Vannes 1941-1942-1944 ", dossiers en ligne sur le site Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56.

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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