Sur le mur d’entrée de la prison
« Ici durant l’occupation nazie de 1940 à 1944... »
La croix de Kerchopine
La niche de Kerchopine en 2017
Le mémorial des guerres sur le plateau de la Garenne
« À un Résistant inconnu »
« 1939-1945
Morts pour la France
Résistants
Déportés politiques
Fusillés »
Dans le cimetière de Calmont
Le carré militaire
Sépulture de deux maquisards inconnus
SOURCE : Photos Husson
La prison, place Nazareth
La plupart des résistants incarcérés à la prison de Vannes et condamnés à mort par le tribunal militaire allemand (FK 750) ont été fusillés dans la prison de la ville située 12 place Nazareth :

Un en 1941
- Stanislas LARBOULETTE, fusillé le 22 mai 1941

Six en 1942
- André MEUNIER, fusillé le 14 mars 1942
- Paul CADORET, fusillé le 17 mars 1942
- Henri CONAN, fusillé le 30 avril 1942
- Jean MARCA, fusillé le 30 avril 1942
- Marcel ANDRÉ, fusillé le 19 juin 1942
- Marcel COUËDO, fusillé le 19 juin 1942

Quatorze en 1944
- Henri GOUMON, fusillé le 21 février 1944
- Gérard LEBEL, fusillé le 21 février 1944
- Roger LUCAS, fusillé le 21 février 1944
- René PÉDRONO, fusillé le 21 février 1944
- Raymond GUILLEMOT, fusillé le 25 février 1944
- Joseph LE MOUËL, fusillé le 25 février 1944
- Jean MAHÉ, fusillé le 25 février 1944
- Ferdinand MALARDÉ, fusillé le 25 février 1944
- Jean ROBIC, fusillé le 25 février 1944
- François LANQUETIL, fusillé le 23 mars 1944
- Joseph JARNO, fusillé le 21 avril 1944
- Louis LE BOUËDEC, fusillé le 21 avril 1944
- Alphonse LE BRIS, fusillé le 21 avril 1944
- Jean GOUGAUD, fusillé le 15 juillet 1944

Bien qu’ils n’aient pas été exécutés au polygone de tir en Saint-Avé (Morbihan), leurs noms sont inscrits sur le mémorial des fusillés érigé dans cette commune, associés aux noms des quelques patriotes fusillés en ce lieu.

Le 28 juin 1944, Émile BAUDET est décédé dans la prison de Vannes des suites de tortures
Le 11 juillet 1944, devant l’avance des troupes américaines, le chef de la Gestapo de Vannes donna l’ordre au colonel Reese, officier de la Wehrmacht, d’exécuter cinquante deux détenus de la prison surpeuplée de Vannes. Le major Esser, chef de bataillon de la défense côtière, chargé d’exécuter cet ordre, fit transférer cinquante détenus, appartenant pour la plupart aux Forces françaises de l’intérieur (FFI) et aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF), de la prison de Vannes au Fort Penthièvre à Saint-Pierre-Quiberon (Morbihan), où ils furent exécutés le 13 juillet 1944.
Leurs noms sont inscrits sur le mémorial du Fort Penthièvre et sur une plaque commémorative apposée à l’entrée de la galerie du fort, où avaient été entassés leurs cadavres et qui a été transformée en crypte après la découverte du charnier.

Après la guerre, une plaque commémorative a été apposée sur le mur d’entrée de la prison, 12 place Nazareth, pour honorer la mémoire des patriotes qui y ont été fusillés ou exécutés, ou qui y ont été incarcérés avant d’être déportés dans les camps nazis :

« Ici durant l’occupation nazie de 1940 à 1944 furent incarcérés des hommes et des femmes dont le seul crime était de vouloir demeurer Français. Résistants et Maquisards y furent atrocement martyrisés. La plupart n’en sortirent que pour être conduits au poteau d’exécution ou en déportation. N’oublions jamais »

Kerchopine
Le 5 août 1944, dans le village de Kerchopine, Joseph Fily, fils d’agriculteurs, fut arrêté, torturé et jeté dans le brasier de la ferme incendiée par des soldats allemands.
Une petite croix présentée dans une niche avait été installée après la guerre sur le lieu de son exécution, qui avait disparu en 2017, le site étant voué à laisser la place à un nouveau lotissement.

Mémorial des guerres sur le plateau de la Garenne
Après la guerre, les cercueils de cinq résistants morbihannais non identifiés provenant de plusieurs cimetières du Morbihan furent transférés à Vannes et exposés dans la chapelle du collège Jules Simon. L’un d’entre eux fut désigné par la fille d’un résistant mort en déportation, et inhumé le 18 juin 1945 sur le plateau de la Garenne, au pied du monument aux morts de Vannes, sous une pierre tombale en granit bleu portant l’inscription : « À un Résistant inconnu ».
Sur une stèle portant l’inscription « 1939-1945 - Résistants-Déportés politiques-Fusillés », sont inscrits quarante-quatre noms, parmi lesquels figurent quinze fusillés ou exécutés :

- CADORET A.. (Albert, exécuté le 13 juillet 1944 au Fort Penthièvre en Saint-Pierre-Quiberon, Morbihan)
- CADORET P.. (Paul, fusillé le 17 mars 1942 à Vannes, Morbihan)
- FILY J. (Joseph, exécuté le 5 août 1944 à Vannes, Morbihan)
- GASNIER G.. (Gilbert, exécuté le 13 juillet 1944 au Fort Penthièvre en Saint-Pierre-Quiberon, Morbihan)
- GOUGAUD J. (Jean, fusillé le 15 juillet 1944 à Vannes)
- JOUBAUD M. (Maurice, mort au combat en juin 1944 dans le Morbihan)
- JOUBAUD R. (Roger, mort au combat en juin 1944 dans le Morbihan)
- LE BIHAN L. (Léon, exécuté le 13 juillet 1944 au Fort Penthièvre en Saint-Pierre-Quiberon, Morbihan)
- LE CAM A. (Albert, exécuté le 31 juillet 1944 à Arradon, Morbihan)
- LE CUILLER A. (LE CUILLIER Alain, exécuté le 3 août 1944 à Josselin, Morbihan)
- LE GREVELLEC É. (Émile, fusillé le 8 juin 1944 à Saint-Jacques-de-la-Lande, Ille-et-Villaine)
- MAHÉ A. (Alexis, exécuté le 31 juillet 1944 à Arradon, Morbihan)
- MARTIN J. (Jean, exécuté le 13 juillet 1944 au Fort Penthièvre en Saint-Pierre-Quiberon, Morbihan)
- PENPENIC J. (Jules, exécuté le 13 juillet 1944 au Fort Penthièvre en Saint-Pierre-Quiberon, Morbihan)
- TANGUY M. (Michel, fusillé le 2 juillet 1944 à Saint-Avé, Morbihan)

Carré militaire du cimetière de Calmont
Dans le carré militaire du cimetière de Calmont sont inhumés une vingtaine de FFI, marins, fusillés, victimes civiles :
- « MEUNIER André, civil mort pour la France, fusillé le 15 mars 1942 à 35 ans »
Une plaque commémorative déposée sur sa sépulture porte l’inscription :
« Les otages de Coëtquidan à leur camarade André Meunier fusillé par les Allemands en 1942 »
- « GUÉZENNEC François, sergent au dépôt colonial n° 118, mort pour la France le 18 décembre 1944 à 50 ans »
- « LEBEL Gérard Jean Marie, civil, otage, profession manœuvre, mort pour la France fusillé le 21 février 1944 à 21 ans »
- « PÉDRONO René Marie, victime civile, décédé le 21 février 1944 à 26 ans »
- « SCIALLER François, soldat des Forces françaises de l’intérieur, mort pour la France le 6 septembre 1945 à 33 ans »
- « LE GAL Jean Marie, adjudant au 2e Régiment d’infanterie coloniale, mort pour la France le 17 mars 1943 à 44 ans »
- « PÉDRONO Georges, soldat des Forces françaises de l’intérieur, mort pour la France le 26 septembre 1945 à 19 ans »
Né le 19 octobre à Locminé, Georges Joseph Pédrono, soldat au 141e Régiment d’infanterie alpine, est mort de noyade. Il n’est pas reconnu comme « Mort pour la France » sur le site Internet Mémoire des hommes.
Une plaque commémorative déposée sur sa sépulture porte l’inscription :
« À notre frère regretté - Soldat Georges Pédrono 19 ans mort pour la France - Angles-sur-L’Anglin (Vienne) le 26 septembre 1945 »
- « PRÉZEAU André, sergent au dépôt d’infanterie n° 83, mort pour la France le 8 septembre 1944 à 40 ans »
- « LE DUFF Claude, soldat au 46e Régiment d’infanterie, mort pour la France le 20 février 1944 à 26 ans »
- « DANNACHER Georges, victime civile, décédé le 21 avril 1944 à 36 ans »
- « LE CAM Albert, soldat des Forces françaises de l’intérieur, mort pour la France fusillé le 31 juillet 1944 à 34 ans »
- « JAN Jules, officier mécanicien de 3e classe de la Marine nationale, mort pour la France le 17 janvier 1943 à 47 ans »
- « CADORET Albert Marie, soldat FFI, mort pour la France fusillé le 13 juillet 1944 à 25 ans »
Une plaque commémorative déposée sur sa sépulture porte l’inscription :
« Albert Cadoret, 24 ans – À mon fils et frère fusillé par les Allemands à Penthièvre le 13 juillet 1944 »
- « PINAULT Jacques Germain, caporal au 180e Régiment du génie, 1ère compagnie, mort pour la France le 27 février 1945 à 23 ans »
Une plaque commémorative déposée sur sa sépulture porte l’inscription :
« Jacques Pinault, FFI mort pour la France à Strasbourg le 27 février 1945 »
- « DEL PINO Isidoro, soldat des Forces française de l’intérieur mort pour la France le 18 juin 1947 à 29 ans » (?)
Au milieu de la première rangée de sépultures, une stèle de granit rectangulaire se dresse, sur laquelle est gravée une Croix de Lorraine avec l’inscription :
« Ici reposent 2 maquisards inconnus – Passant souviens-toi »
Sur la dalle de ciment, délimitée par une chaîne portée par sept obus, ont été déposées une croix et une plaque commémorative portant l’inscription ;
« Les anciens FFI à leurs camarades »
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Morbihan, 41J47 et 2W11308 – Le Morbihan en guerre 1939-1945, Archives départementales du Morbihan, 2009 – René Le Guénic, Morbihan, Mémorial de la Résistance, Imprimerie Basse Bretagne, Quéven, 2013 — " Lieux mémoriels en Morbihan_Vannes " et " Les fusillés du Polygone de Vannes 1941-1942-1944 ", dossiers en ligne sur le site Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56. — État civil, Vannes (actes de décès).

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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