Né le 27 août 1919 à Bidart (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques), mort au combat le 14 juillet 1944 à Trédion (Morbihan) ; militaire ; FFL-SAS.

Jean Decrept dit Francis
SOURCE  : Site FFL-SAS
Sur le monument de Kerlanvaux en Trédion
Sur le mémorial SAS de Plumelec
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
Le mémorial international des SAS
à Sennecey-le-Grand
SOURCE : Site 22sas12.over-blog.com
Jean (dit Francis) Decrept était le fils d’Étienne Decrept, peintre décorateur, et de Marthe Davant, sans profession. Célibataire, il était domicilié à Paris (XVIe arr.)
Militaire de carrière affecté au dépôt d’armes 171 à Auch (Gers) le 15 avril 1940, et maintenu dans l’Armée d’armistice, Francis Decrept embarqua à Marseille en avril 1941 pour Casablanca. Démobilisé en novembre 1941, il rentra en France en novembre 1942, puis rejoignit l’Angleterre en passant par l’Espagne en octobre 1943, et s’engagea dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL) sous le matricule 36 255. Il suivit l’entrainement de parachutiste et fut breveté à Ringway, et fut affecté au 2e régiment de chasseurs parachutistes (2e RCP) ou 4e SAS (Special Air Service) du commandant Bourgoin qui fut parachuté en Bretagne à partir du 6 juin 1944. La mission des SAS était de saboter les voies de communication et de rassembler, équiper, former, encadrer les maquis bretons, avec pour objectif d’empêcher ou au moins de retarder le transfert vers le front de Normandie des troupes allemandes stationnées en Bretagne.

Parachuté le 10 juin 1944, Francis Decrept rejoignit le camp de Saint-Marcel (Morbihan) où de nombreux résistants appartenant aux Forces françaises de l’intérieur (FFI) et aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF) furent regroupés et armés, et qui fut attaqué en force par la Wehrmacht le 18 juin 1944. Les parachutistes SAS et les combattants FFI-FTPF durent se disperser et se cacher pour échapper à l’impitoyable traque engagée par la Feldgendarmerie, la Wehrmacht appuyée par de nombreux détachements de soldats russes, géorgiens et ukrainiens rassemblés dans les « unités de l’Est », les agents de l’Abwher (service de renseignements de la Wehrmacht) et du SD (Sicherheitsdienst-Service de sécurité de la SS), ainsi que les agents français de la FAT 354 (Front Aufklärung Truppe) et les miliciens bretons du Bezen Perrot.

Francis Decrept trouva refuge avec plusieurs camarades SAS blessés dans la ferme d’Armand Kerhervé à Kerlanvaux en Trédion (Morbihan). Le 14 juillet 1944, des soldats allemands et des agents français du FAT 354 (Front Aufklärung Truppe) cernèrent et attaquèrent la ferme. Francis Decrept fut tué lors de l’assaut en même temps que cinq autres SAS : Joseph Collobert, Joseph Galliou, Frederick Harbinson, Paul Miot et Jean Perrin. Armand Kerhervé fut battu à mort et jeté dans le brasier de sa ferme incendiée, avec les corps de quatre parachutistes SAS.

Francis Decrept a obtenu la mention « Mort pour la France » et a été homologué FFL. Il est titulaire de la Médaille militaire et de la Croix de guerre.

Dans le Morbihan, le nom de Francis Decrept est inscrit sur le monument commémoratif de Kerlanvaux en Trédion et sur le mémorial des parachutistes SAS de la France libre à Plumelec (Morbihan).
Dans les Pyrénées-Atlantiques, il figure sur le monument aux morts de Bidart.
En Saône-et-Loire, il est gravé sur le mémorial international des SAS à Sennecey-le-Grand.
Sources

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21 P 114 134. — SHD, Vincennes, GR 16 P 164052. — Arch. Dép. Morbihan, 41 J 46 et 47, 77. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur-éditeur, Mayenne, 1978. — Joseph Jégo, 1939-1945 Rage Action Tourmente au Pays de Lanvaux, Imprimerie " La Limitrophe ", 1991 — Le Morbihan en guerre 1939-1945, Archives départementales du Morbihan, 2009. — Kristian Hamon, Agents du Reich en Bretagne, Morlaix, Skol Vreizh, 2011. — René Le Guénic, Les Maquisards chez nous en 1944. Gourin-Le Faouët-Guéménéet Morbihan-Mémorial de la Résistance, Imprimerie Basse-Bretagne-Quéven-Morbihan, 2013. — Site Internet FFL-SAS (photo). — " Lieux mémoriels en Morbihan-Trédion " et " Brûlés vifs par représailles. Le 14 juillet 1944 au village Karlanvaux, en Trédion ", dossiers en ligne sur le site Internet des Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56. État civil, Bidart (acte de naissance) ; Trédion, (acte de décès transcrit le 10 décembre 1945).

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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