Né le 8 novembre 1920 à Marsangy (Yonne), tué le 24 mai 1944 à Arces (Yonne) ; chauffeur forestier ; résistant chef de maquis FTP.

Le débardeur forestier Henri Mittay (3e à partir de la gauche) devant son camion gazogène.
Cliché fourni par Claude Delasselle.
Né au hameau de Roussemeau (commune de Marsangy), dans une famille de cinq frères et sœurs dont le père était grand mutilé de la Première Guerre mondiale, Henri Mittay devint chauffeur débardeur dans une entreprise forestière de la forêt d’Othe. Marié en 1938, il habitait avec son épouse et ses deux enfants à Villeneuve-sur-Yonne.
En 1943, réfractaire au STO, il se cacha chez son patron. Avec son frère Jean, né en 1925, il participa aux activités d’un groupe de sédentaires affilié au Front national à Villeneuve-sur-Yonne, en récupérant notamment des armes. Fin décembre 1943, accompagné de son épouse et de ses deux enfants, il prit la tête d’un petit groupe de résistants installé d’abord au hameau de Villefroide, sur la commune des Bordes puis, en février 1944, dans les bois à proximité du hameau de La Grange-aux-Malades.
Les hommes de ce maquis, dénommé « Bourgogne », réalisèrent de février à avril 1944 plusieurs sabotages de voies ferrées et d’écluses dans la région de Villeneuve-sur-Yonne. Vers le 15 mars, les maquisards eurent un accrochage avec des militaires allemands à Marsangy. Cette activité ayant attiré l’attention des gendarmes locaux qui l’avaient identifié, Henri Mittay reçut en mai 1944 l’ordre de l’état-major des FTP de gagner le Morvan. Ayant refusé, il fut désavoué par la majorité de son groupe et partit avec seulement quelques hommes s’installer au hameau de Fort Jacquet, près de Bérulle, dans l’Aube. Le matin du 24 mai 1944, alors qu’en compagnie de René Peigné, il approchait en vélo de l’entrée du village d’Arces, les deux hommes furent abattus par des miliciens postés sur le bord de la route, qui venaient de procéder à plusieurs arrestations dans la région.
Les deux corps, déposés dans un local du village, furent enlevés la nuit suivante par son frère Jean et d’autres membres de la résistance locale et les corps d’Henri Mittay et de René Peigné furent enterrés au hameau de Fort Jacquet, près de Bérulle. Le 19 novembre 1945, les obsèques définitives d’Henri Mittay eurent lieu au cimetière de Marsangy.
Une stèle dédiée à la mémoire d’Henri Mittay et de René Peigné fut construite en 1946 sur le lieu du drame à Arces. Le nom d’Henri Mittay figure sur le monument aux morts de Marsangy et sur le monument des déportés et fusillés de l’Yonne à Auxerre. Il est titulaire de la carte de Combattant volontaire de la Résistance.
Sources

SOURCES : Le Travailleur de l’Yonne, 1er décembre 1944. — Témoignages de Guy Mathieu (1997), de Ferruccio Ricco (2002), de Paul Solmon (2002) et de Jean Mittay (2003). — CDrom La Résistance dans l’Yonne, ARORY-AERI, 2004 (Joël Drogland, notice biographique d’Henri Mittay). — Mémorial GenWeb.

Claude Delasselle

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