Né le 7 juillet 1915 à Budapest (Empire d’Autriche-Hongrie, Hongrie), massacré le 27 mars 1944 à Sainte-Marie-de-Chignac (Dordogne) ; chirurgien-dentiste ; victime civile d’origine juive.

Du 26 mars au 2 avril 1944, la division Brehmer, ou division B de l’initiale du patronyme de son chef, le général Brehmer, accompagnée par des éléments de la Sipo-SD et de la Brigade nord-africaine et bénéficiant de renseignements collectés par des délateurs, collaborationnistes ou non, et par l’administration de Vichy, traversa le département de la Dordogne, traquant les maquisards et massacrant des civils en représailles dans le cadre d’opérations de répression, mais aussi en conduisant une politique génocidaire à l’encontre des nombreux Juifs réfugiés dans le département ;
les hommes furent abattus parce que juifs et les femmes et les enfants furent souvent arrêtés, transférés à Drancy puis déportés vers les centres de mise à mort, Auschwitz-Birkenau principalement.
En zone dite libre puis zone sud, les Juifs avaient été recensés en application d’une loi de Vichy du 2 juin 1941, le jour même de la promulgation du second statut des Juifs ; un recensement spécifique des Juifs étrangers intervint en janvier 1942 ; enfin, une loi de Vichy du 11 décembre 1942 imposa en zone sud la mention « juif » sur la carte d’alimentation et sur la carte d’identité des Juifs français et étrangers.
Laja Louis Blaustein, entré en France en 1938, s’était domicilié à Saint-Pierre-de-Chignac (Dordogne). Il avait été engagé volontaire en 1940 mais il avait été réformé. Le 7 juin 1941, la commission d’incorporation dans les Groupes de Travailleur Etranger (GTE) de la Dordogne avait décidé de son « incorporation », pour travaux légers, au 652e GTE de Mauzac (Dordogne). Le 20 juin de la même année, il avait été transféré de ce GTE, qui servait de centre de triage, au 665e GTE de Soudeilles (Corrèze), réservé aux Juifs. Il y était intégré sous le matricule n° 665.009. Il avait épousé sa femme, Frédérika Stern, couturière, à la mairie de Soudeilles, le 9 novembre 1941. A la date du 1er janvier 1942, il était en détachement à Servières-le-Château (Corrèze). Il avait été hospitalisé à Brive du 7 au 29 janvier 1942. Reconnu inapte, il avait été libéré du camp de Soudeilles le 13 juillet 1942 et il avait alors rejoint sa famille à Saint-Pierre-de-Chignac.
Il y fut arrêté le 4 mars et il fut exécuté à Sainte-Marie-de-Chignac, au lieu-dit Les Potences, le 27 mars 1944, par des éléments de la division Brehmer, ainsi que 24 autres personnes.
Son nom figure sur la stèle des « Rivières Basses » à Sainte-Marie-de-Chignac.


Voir Sainte-Marie-de-Chignac, 27 mars et 1er avril 1944
Sources

SOURCES : Arch. dép. Dordogne, 1573 W 8 ; 1573 W 6 ; 42 W 240. — Bernard Reviriego, Les Juifs en Dordogne, 1939-1944. De l’accueil à la persécution, Périgueux, Éditions Fanlac-Archives départementales de la Dordogne, 2003, pp. 240-242, 294. — Guy Penaud, Les crimes de la division Brehmer, La traque des résistants et des juifs en Dordogne, Corrèze, Haute-Vienne (mars-avril 1944), Périgueux, Éditions La Lauze, 2004, p. 401. — Anacr Dordogne, Mémorial de la Résistance en Dordogne… Sous la terreur nazie, Périgueux, Copédit, 1985, p.

Bernard Reviriego, Dominique Tantin

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