Né le 7 juillet 1904 à Dossena (province de Bergame, Lombardie, Italie), mort fusillé par les Allemands au hameau des Crottes (commune de Labastide-de-Virac, Ardèche) ; agriculteur aux Crottes ; victime civile de la répression menée par la division SS Hohenstaufen dans la cadre de la lutte contre les maquis

Jean-Marie Alcaini [Alcaïni, à l’état civil de Labastide-de-Virac] était le fils de Bernardo et de Catherine Micheli, domiciliés à Dossena, en Lombardie. Célibataire, il résidait au hameau des Crottes, près des gorges de l’Ardèche, dans la commune de Labastide-de-Virac (Ardèche), limitrophe du département du Gard. Nous ignorons quand et pour quel motif il avait quitté l’Italie pour s’installer en France.
Dans ce hameau isolé, dans la zone karstique des gorges de l’Ardèche, vivaient quinze personnes appartenant à deux groupes de familles, françaises pour l’un d’entre eux, italienne pour l’autre.
Le maquis (AS) Bir Hakeim, venant de la région de Pont-Saint-Esprit (Gard) , aux prises avec le 9e Panzerdivison SS Hohenstaufen s’installa aux Crottes le 29 février 1944. Le chef du maquis, Jean Capel alias commandant Barot suggéra aux habitants de quitter un lieu que la présence du maquis rendait dangereux. Ils refusèrent. Le 2 mars 1944, tard dans la soirée, Barot leur conseilla à nouveau d’abandonner leur domicile, alors que Bir Hakeim quittait les lieux afin d’échapper à une nouvelle attaque prévisible de la 9e Panzer Hohenstaufen.
Le nouveau refus des habitants des Crottes leur fut fatal. Ils furent fusillés. Les actes de l’état civil indiquent que ce fut à douze heures. Mais, en l’absence de témoins directs, en dehors des Allemands, il s’agit là d’une annotation purement indicative. Les Allemands traversèrent le village de Labastide vers 14 heures après s’être livrés à leur action meurtrière de représailles.
Le docteur Louis Abrial, de Vallon-Pont-d’Arc, fit le constat de son décès. Il nota que son décès avait été par deux balles de fusil de guerre : la première avait pénétré au niveau de l’aisselle droite et l’autre, après avoir perforé le côté droit du cou, avait sectionné les vaisseaux. Comme l’ensemble des victimes civiles italiennes de ce massacre, Jean-Marie Alcaini ne reçut pas la mention « mort pour la France », à la différence de leurs compagnons d’infortune français. Son nom figure sur la stèle mémorial érigée au hameau des Crottes afin de conserver le souvenir du massacre de ses habitants le 3 mars 1944.
Voir Labastide-de-Virac, hameau des Crottes (3 mars 1944)
Sources

SOURCES : Arch. com. Labastide-de-Virac, état civil, acte de décès de Jean-Marie Alcaini — Sources de la notice Labastide-de-Virac, hameau des Crottes (3 mars 1944). — Site MemorialGenWeb consulté le 20 octobre 2017.

André Balent

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