Né le 28 décembre 1898 à Dossena (province de Bergame, Lombardie, Italie), mort fusillé sommaire le 3 mars 1944 à Labastide-de-Virac (Ardèche)

Philippe Alcaini [Alcaïni à l’état civil] était le fils de Bernardo et de Catherine Micheli domiciliés en 1898 à Dossena. Marié, il résidait avec son frère cadet Jean-Marie, célibataire, au hameau des Crottes, près des gorges de l’Ardèche, dans la commune de Labastide-de-Virac (Ardèche), limitrophe du département du Gard. Nous ignorons quand et pour quel motif ils avaient quitté l’Italie pour s’installer en France.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la population des Crottes était partagée, presque à parts égales, entre des Français (8) et des Italiens (7). Le maquis Bir Hakeim (Armée secrète), venant de la région de Pont-Saint-Esprit (Gard) , aux prises avec la 9e Panzerdivison SS Hohenstaufen s’installa aux Crottes le 29 février 1944. Le chef du maquis, Jean Capel alias commandant Barot suggéra aux habitants de quitter un lieu que la présence du maquis rendait dangereux. Ils refusèrent. Le 2 mars 1944, tard dans la soirée, Barot leur conseilla à nouveau d’abandonner leur domicile, alors que Bir Hakeim quittait les lieux afin d’échapper à une nouvelle attaque prévisible de la 9e Panzer Hohenstaufen.
Le nouveau refus des habitants des Crottes leur fut fatal. Ils furent fusillés. Les actes de l’état civil indiquent que ce fut à douze heures. Mais, en l’absence de témoins directs, en dehors des Allemands, il s’agit là d’une annotation purement indicative. Les Allemands traversèrent le village de Labastide vers 14 heures après s’être livrés à leur action meurtrière de représailles.
Le docteur Louis Abrial, de Vallon-Pont-d’Arc (Ardèche), fit le constat du décès de Philippe Alcaini. Il nota que la mort de Philippe Alcaini avait été provoquée par l’impact de deux balles de fusil de guerre dans la région temporale gauche. Comme l’ensemble des victimes civiles italiennes de ce massacre, Philippe Alcaini ne reçut pas la mention « mort pour la France », à la différence de leurs compagnons d’infortune français.
Son nom figure sur la stèle mémorial érigée au hameau des Crottes afin de conserver le souvenir du massacre de ses habitants le 3 mars 1944.
Voir Labastide-de-Virac, hameau des Crottes (3 mars 1944)
Sources

SOURCES : Arch. com. Labastide-de-Virac, état civil, acte de décès de Philippe Alcaini — Sources de la notice Labastide-de-Virac, hameau des Crottes (3 mars 1944).— MemorialGenWeb, consulté le 20 octobre 2017.

André Balent

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