Né le 15 novembre 1893 à Zaramin [orthographe certainement approximative] (Pologne), massacré le 27 mars 1944 à Sainte-Marie-de-Chignac (Dordogne) ; victime civile d’origine juive.

Heyman Granat fut l’une des nombreuses victimes de la division Brehmer en Dordogne.
Du 26 mars au 2 avril 1944, la division Brehmer, ou division B de l’initiale du patronyme de son chef, le général Brehmer, accompagnée par des éléments de la Sipo-SD et de la Brigade nord-africaine et bénéficiant de renseignements collectés par des délateurs, collaborationnistes ou non, et par l’administration de Vichy, traversa le département de la Dordogne, traquant les maquisards et massacrant des civils en représailles dans le cadre d’opérations de répression, mais aussi en conduisant une politique génocidaire à l’encontre des nombreux Juifs réfugiés dans le département. Les hommes furent abattus parce que Juifs et les femmes et les enfants furent souvent arrêtés, transférés à Drancy puis déportés vers les centres de mise à mort, Auschwitz-Birkenau principalement.
En zone dite libre puis zone sud, les Juifs avaient été recensés en application d’une loi de Vichy du 2 juin 1941, le jour même de la promulgation du second statut des Juifs ; un recensement spécifique des Juifs étrangers intervint en janvier 1942 ; enfin, une loi de Vichy du 11 décembre 1942 imposa en zone sud la mention « juif » sur la carte d’alimentation et sur la carte d’identité des Juifs français et étrangers.
Heyman Granat était réfugié en Dordogne et domicilié à Saint-Pierre-de-Chignac avec ses proches. Raflé et interné à Limoges, il fit partie des 23 exécutés comme otages à Sainte-Marie-de-Chignac au lieu-dit Les Potences le 27 mars 1944 par des éléments de la division Brehmer en représailles à une action de la Résistance. Les victimes étaient en majorité d’origine juive.
Son nom figure sur la stèle des Rivières-Basses.
Isaac Granat connut le même sort. Le grand-père paternel, abandonné, serait mort quelques jours après à Saint-Pierre-de-Chignac, enterré par le rabbin Kugler et quelques femmes.
Voir Sainte-Marie-de-Chignac, 27 mars et 1er avril 1944
Sources

SOURCES : Registre d’état civil de Sainte-Marie-de-Chignac. Arch. dép. Dordogne, 1573 W 8 ; E dépôt Périgueux, 5 H 3 et H 5. — Bernard Reviriego, Les Juifs en Dordogne, 1939-1944, Périgueux, Éditions Fanlac-Archives départementales de la Dordogne, 2003, pp. 237-242, 341. — Guy Penaud, Les crimes de la division Brehmer, La traque des résistants et des juifs en Dordogne, Corrèze, Haute-Vienne (mars-avril 1944), Périgueux, Éditions La Lauze, 2004, p. 143-163, 401. — Paul Mons, La folie meurtrière de la division Brehmer, mars-avril 1944, Dordogne-Corrèze, Haute-Vienne, Brive-la-Gaillarde, Éditions Les Monédières, 2016, pp. 71-73.

Bernard Reviriego, Dominique Tantin

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