Né le 8 octobre 1900 à Mayence (Allemagne), exécuté sommairement le 27 mars 1944 à Sainte-Marie-de-Chignac (Dordogne) ; de nationalité allemande ; distillateur ; résistant.

Simon Wolfgang fut l’une des nombreuses victimes de la division Brehmer en Dordogne.
Du 26 mars au 2 avril 1944, la division Brehmer, ou division B de l’initiale du patronyme de son chef, le général Brehmer, accompagnée par des éléments de la Sipo-SD et de la Brigade nord-africaine et bénéficiant de renseignements collectés par des délateurs, collaborationnistes ou non, et par l’administration de Vichy, traversa le département de la Dordogne, traquant les maquisards et massacrant des civils en représailles dans le cadre d’opérations de répression, mais aussi en conduisant une politique génocidaire à l’encontre des nombreux Juifs réfugiés dans le département. Les hommes furent abattus parce que Juifs et les femmes et les enfants furent souvent arrêtés, transférés à Drancy puis déportés vers les centres de mise à mort, Auschwitz-Birkenau principalement.
En zone dite libre puis zone sud, les Juifs avaient été recensés en application d’une loi de Vichy du 2 juin 1941, le jour même de la promulgation du second statut des Juifs ; un recensement spécifique des Juifs étrangers intervint en janvier 1942 ; enfin, une loi de Vichy du 11 décembre 1942 imposa en zone sud la mention « juif » sur la carte d’alimentation et sur la carte d’identité des Juifs français et étrangers.


Simon Wolfgang quitta Mayence pour Sarrebruck puis il s’établit à Strasbourg en 1930 avec sa famille. Il fut évacué en septembre 1939 avec sa femme, Berthe Osswald et leurs trois enfants, vers Douzillac (Dordogne). Il s’engagea dans la Légion étrangère pour échapper, en tant que ressortissant allemand à l’internement au camp de Mirecourt, et il fut affecté au camp de Sathonay puis envoyé à Sidi-Bel-Abbès, où il contracta le paludisme. Démobilisé, il rejoignit sa famille en Dordogne.
Le 14 juin 1941, il fut incorporé au 665e Groupement de Travailleurs étrangers de Soudeilles (Corrèze) sous le matricule n° 665 257, mais affecté en permanence au 647e GTE de Chancelade (Dordogne). Il en fut libéré le 15 octobre 1942 par la commission d’incorporation, peut-être parce qu’il avait été engagé volontaire. En contact avec le maquis, il fut arrêté à Périgueux par la Sipo-SD ou la Milice. Il fit partie des 23 exécutés comme otages à Sainte-Marie-de-Chignac au lieu-dit Les Potences le 27 mars 1944, par des éléments de la division Brehmer en représailles à une action de la Résistance. Les victimes étaient en majorité, comme lui, d’origine juive.
Une partie de sa famille, dont son frère, Max Emmanuel, était réfugiée à Agen. Max était né le 23 septembre 1904 à Würzburg. Par deux fois il fut arrêté par la milice et relâché, car c’était Simon, engagé dans la Résistance, que l’on recherchait. Pourtant, le 15 mars 1944, il fut arrêté par la Gestapo, avec son ami Willy Loew, interné à Drancy et déporté par le convoi n° 73.
Son nom ne figure pas sur la stèle érigée au lieu-dit Rivières-Basses, car il faisait partie des cinq victimes dont l’identité restait inconnue. Il fut identifié à la suite des recherches menées par Bernard Reviriego. L’acte de décès numéro 17, établi le 29 mars, évoque un inconnu immatriculé sous le numéro 9. Son corps fut pourtant reconnu par son fils et sa femme peu après les faits, mais l’acte de décès n’a pas encore été modifié et la stèle n’a pas pris en compte cette identification.


Voir Sainte-Marie-de-Chignac, 27 mars et 1er avril 1944
Sources

SOURCES : Arch. dép. Dordogne, 1573 W 8 ; 5 H 3 et 5 W 5 E dépôt Périgueux ; 1573 W 6 ; 1 W 1829-1 ; 42 W 6 ; 42 W 240. — Bernard Reviriego, Les Juifs en Dordogne, 1939-1944, Périgueux, Éditions Fanlac-Archives départementales de la Dordogne, 2003, pp. 237-242, 495-496. — Guy Penaud, Les crimes de la division Brehmer, La traque des résistants et des juifs en Dordogne, Corrèze, Haute-Vienne (mars-avril 1944), Périgueux, Éditions La Lauze, 2004, p. 143-163. — Paul Mons, La folie meurtrière de la division Brehmer, mars-avril 1944, Dordogne-Corrèze, Haute-Vienne, Brive-la-Gaillarde, Éditions Les Monédières, 2016, pp. 71-73. — Blum-Cherchevsky, Nous sommes 900 français. A la mémoire des déportés du convoi n° 73 ayant quitté Drancy le 15 mai 1944, tome 3, p. 704, 2000, et tome 4, 2003, p. 363, Besançon et Résistance réalités, été automne 2001, n° 58, p. 13. — Mouny Estrade-Szwarckopf, Paul Estrade, Un camp de Juifs oublié. Soudeilles (1941-1942), Brive-la-Gaillarde, Editions Les Monédières, 2015, p. 346.

Bernard Reviriego, Dominique Tantin

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