Né le 5 mai 1902 à Szcerzcow (Pologne), massacré le 5 août 1944 à Fleix (Dordogne) ; tailleur ; victime civile d’origine juive.

Son épouse se prénommait Ruchla et ils avaient deux enfants, Ida, née le 20 février 1926 à Szcerzcow, et Joseph, né vers 1922. Aron Alembik et sa famille se réfugièrent à Sainte-Foy-la-Grande (Dordogne) en septembre 1939. Ils étaient domiciliés 78 rue du maréchal Pétain.
L’arrestation et l’exécution d’Aron Alembik s’inscrivent dans le cadre plus large des combats qui opposent les Allemands aux forces de la Résistance, et les événements tragiques du Fleix (Dordogne), indissociables de ceux de Sainte-Foy-la-Grande (Gironde), se seraient vraisemblablement passés en deux temps. Le 4 août 1944, Sainte-Foy-la-Grande fut encerclée par une colonne allemande forte de 1200 hommes venue pour écraser le maquis rassemblé au Fleix. Ces opérations firent une quarantaine de morts.
Ce même jour, le commandant Besson-Rapp, qui dirigeait un commando d’une quinzaine de Français appartenant à la formation Karolus intégrée à la division Waffen SS Charlemagne, entreprit la traque des Juifs. Il exigea du maire de Sainte-Foy une liste. Il semble établi que le garde champêtre a dénoncé des familles. Six familles juives furent emprisonnées et maltraitées au Collège de filles. Le lendemain, 5 août 1944, les femmes et les enfants furent relâchées sans explication. Six hommes – parmi lesquels Aron Alembik - furent conduits en camion dans le bois de Souleillou où ils furent massacrés et mutilés par les hommes de Besson-Rapp. Ce ne fut que quelques jours plus tard que, en dépit de l’interdiction d’enterrer ces morts, quelques Foyens intervinrent pour le faire.
La mention Mort pour la France lui a été attribuée.
Son nom, et celui des cinq autres victimes, c’est-à-dire René Dreyfuss, Maurice Jourkevitch, Salomon Szmul Rappaport, Charles Rosemblum, Léon Liébus Wroblewski, figurent sur la stèle érigée en 1988 sur les lieux des événements, à Souleillou, ainsi que sur la stèle inaugurée en 1995 et placée à côté du monument de la Résistance de Sainte-Foy-la-Grande. Il est également mentionné sur la plaque commémorative des anciens combattants juifs de la guerre 39-45 de la synagogue de Metz ainsi que sur la plaque du souvenir de la synagogue « Adass Yeschouroun » de Metz.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Dordogne, 1 W 492 ; 14 J 19. Dossier UPMRAC du Fleix. — Registre d’état civil du Fleix. — Jacques Puyaubert, Les Juifs à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) 1939-1945. « Témoignages », Cahier double des Amis de Sainte-Foy, n° 96 (2010) et n° 97 (2011), p. 23-29, 66, 145-154. — Jean Corriger, La Libération de Sainte-Foy, Bordeaux, Imprimerie Delmas, 1945. — Témoignage de Mme Rachel Smutek-Birenbaum, « La rafle du 5 août 1944, à Sainte-Foy », in Cahiers des Amis de Sainte-Foy, 3e trimestre 1987. — Consistoire israélite de la Moselle, Le martyrologe des Juifs de la Moselle. 1939-1945, Consistoire israélite de la Moselle, 1999, p. 113, 115. — Bernard Reviriego, Les Juifs en Dordogne. 1939-1944, éd. Fanlac/Archives départementales de la Dordogne, 2003, p 261, 281.

Bernard Reviriego, Philippe Wilmouth

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