Dans cette localité du Pas-de-Calais, 45 ou 46 civils - selon les sources - furent massacrés par un détachement de la Division SS Totenkopf.

Le 22 mai 1940, une colonne du SS-Infanterie-Regiment 2 de la division Totenkopf progressait sur la route entre Arras et Saint-Pol-sur-Ternoise.
Prétextant le fait qu’un SS aurait été abattu par un soldat allié isolé, les Allemands massacrèrent en représailles 45 ou 46 hommes du hameau de Vandélicourt, 41 ou 42 réfugiés et 4 habitants de la commune.
« Mariée et mère de deux enfants, Mme Sternicki témoigne de ce qu’elle a vécu :
Le 22 mai au matin, un convoi allemand arriva dans le hameau. Des soldats descendus des véhicules nous demandèrent s’il y avait des Anglais dans les maisons. Sur nos réponses négatives, ils quittèrent les lieux. (…) dans la matinée, une colonne de petites voitures, suivies de camions, s’arrêta à nouveau sur la grand route. (…) Comme des bêtes déchaînées, ils entrèrent en vociférant. Ils interrogèrent les réfugiés terrorisés. Ils voulaient à tout prix découvrir des soldats britanniques et français cachés. Tout à coup plusieurs d’entre eux lancèrent des grenades un peu partout sur les pauvres gens qui se sauvaient en hurlant. J’ai vu une grenade atteindre une femme qui courait avec son enfant dans les bras, et les déchiqueter. C’était horrible. Les débris de leurs corps pendaient dans les arbustes. Dans la grange où nous étions, les barbares nous ont fait sortir et diriger vers la pâture proche. Des SS tiraient en l’air. Chacun se rendait compte que la mort allait être notre lot. Ce n’était que cris et pleurs. Ces brutes ont pris alors les hommes et les ont abattus, les uns après les autres. Mon mari fut parmi les premiers à être massacrés“.
Les meurtres prennent fin avec l’intervention d’une réfugiée alsacienne dont l’un des fils a été fusillé. Ses explications semblent convaincre l’officier responsable, d’autant plus que le nombre de victimes est déjà élevé. “Quelques appels sont lancés parmi les militaires qui se dirigent alors vers leurs camions et y grimpent. Le convoi disparaît“, se souvient Mme Fauquet, une autre rescapée. »
(Jean-Luc Leleu, op. cit.)
Il s’agit de l’un des nombreux massacres perpétrés par cette division SS au cours de la campagne de mai-juin 1940.
Pour l’interprétation du comportement de cette unité, se reporter à la monographie du massacre de Simencourt (21 mai 1940)


Liste des victimes selon le site Mémoires de pierre (cf. sources). Les noms des quatre victimes de la commune sont inscrits sur un vitrail de l’église de Berles-Monchel, dont Henri Fauquez omis dans la liste du site Mémoire de Pierre.
ADAM Jean-Baptiste
BACQUEVILLE Henri
BACQUEVILLE Henri Arthur
BALLIEU Emile
BALY Adrienne Elise
BAUDRY Félicie
BERENGUEL Antonio Martinez
BLASZCZYK Antoine
BLASZCZYK Edouard
BOUCART Louis
BRAS Norbert Louis
BURZALA Jean
BURZALA Ladislas
CARDON Louis Charles
CARON Henri François
CIERKOSZ Jean
CLAISSE Ferdinand Désiré
CROQUELOIS Hélène Adèle
DELATTRE Raoul Vincent
DELESCLUSE Jules Léopold
DIEUMEGARD Louis
DUQUESNOY Georges
DUQUESNOY Henri Anatole
FAUQUEZ Henri
GLADYSZEWSKI Franz
GOLPART Julien Eugène
GONZE Raymond Victor
GOSLIN Augustin Théodore
HAMON Jules
KOZEROFF Nikita
LAUER Joseph
LAURENT André Pierre
LAURENT Raoul Désiré
LAURENT Raoul François
LERMISSION Georges
MALECOT Fernand
MALECOT Joannis Jean-Marie
MEURISSE Richard
MICHE Félix
MONNEZ Emile Georges
PAVOT Louis Jules
PONCHE Clémence Joséphine
POULAIN Marcel Gustave
RENONCOURT Lucien
STERNICKI Wladislas
VERMOTE André Koseph
VINCENT Alexandre
Après guerre un monument commémoratif fut élevé à l’endroit du massacre, déplacé et restauré en 1992. Le site « Mémoires de pierre » référencé dans les sources relate son histoire.
Sources

SOURCES : Hélène Guillon, Les massacrés par les Allemands en France, 1940-1945, Étude sur la répression extrajudiciaire allemande en France de l’invasion à la Libération, mémoire de Master 2 sous la direction de Michel Boivin, Université de Caen, UFR d’Histoire, 2005-2006, Annexes. — André Coilliot, Sombres jours de mai 1940-Arras et sa région, sl., Éditions Alan Sutton, 2007.— Jean-Luc Leleu, La division SS-Totenkopf face à la population civile du Nord de la France en mai 1940, Revue du Nord 4/2001 (n° 342), p. 821-840Mémoires de pierre, Berles-Monchel, Monument aux victimes civiles du massacre du 22 mai 1940

Dominique Tantin

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