Dans cette commune du Pas-de-Calais, dix civils furent pris en otages et massacrés par un détachement de la division SS Totenkopf.

Hinges (24 mai 1940) : stèle commémorative
Crédit : MémorialGenWeb
La mort d’un Waffen-SS tué le 24 mai dans l’après-midi près du canal fut suivie de représailles.
Les soldats du IIIe bataillon du SS-Infanterie-Regiment 3 et de la 3e compagnie du bataillon du génie commandée par le SS Obersturmführer Max Seela pensaient avoir affaire à des francs-tireurs.
Ils perquisitionnèrent les maisons de la rue conduisant au canal et en firent sortir les occupants qui furent rassemblés sur la place avec des réfugiés. Ils sélectionnèrent 10 hommes qui furent aussitôt massacrés en tant qu’otages.
Une source indique ce qui suit : « Vers 16 heures, alors qu’un groupe de S.S. descendant la rue d’Hingettes pour s’approcher du canal, un soldat embusqué dans les parages du pont sur la rive nord avait lâché un coup de fusil. Un des nazis atteint en pleine poitrine, fut ramené par ses camarades et allongé dans l’herbe à proximité de l’église où il devait mourir peu après.
Prétextant qu’il avait été tué par un franc tireur, les S.S. [prennent] dix « otages » […]. Toutes les maisons de la rue d’Hingettes furent vidées les unes après les autres de leurs habitants qui furent dirigés vers la place. Hommes, femmes, enfants furent refoulés sur la route […]. Ne sortant pas asse vite de sa cave au gré des S.S. le secrétaire de Mairie d’ alors, M. Victor Riquart (aujourd’hui décédé), fut sérieusement blessé par les éclats d’ une grenade.
Dans un petit bosquet, près de l’église, des civils sont […] alignés côte à côte avec un peloton de 10 S.S. armes braquées dans le dos : il y a là un habitant d’Hinges : emile Calonne, 53 ans, six évacués de Billy-Berclau : Charles Dubois 34 ans, les frères Victor et Léon Bouillart, 31 et 36 ans, Jules Poteau 39 ans, Emile Maniencourt 28 ans, Augustin Briquet 28 ns, un évacué de Carvin, Louis Robé 42 ans, un habitant de Montigny en Gohelle, Sylvère Joas 38 ans et un réfugié mosellan, François Zgalin 26 ans (ce dernier est affligé d’une déviation de la colonne vertébrale). […] Atteints chacun d’une balle dans le dos tirée à bout portant, les suppliciés tombent la tête en avant dans le trou d’obus qui va être leur tombeau. Un douzième S.S. qui s’était tenu à l’écart du peloton de tueurs, s’approche alors du lieu du massacre et tire deux grenades d’une musette, les jette l’une après l’autre sur les corps des massacrés ».




Un monument commémoratif fut érigé sur lequel sont inscrits les noms des victimes :
  • CALONNE Émile, 53 ans, de Hinges
  • DUBOIS Charles, Louis, 34 ans, évacué de Billy-Berclau
  • les frères BOUILLART, Victor, Auguste et Léon, Jules, 31 et 36 ans, évacués de Billy-Berclau
  • POTEAU Jules, Philippe, 39 ans, évacué de Billy-Berclau
  • MAURIAUCOURT Émile, Louis, Léon, 28 ans, évacué de Billy-Berclau
  • BRIQUET Augustin, Georges, 28 ans, évacué de Billy-Berclau
  • ROBÉ Léon, 42 ans, évacué de Carvin
  • JOOS Sylvère, 38 ans, habitant de Montigny-en-Gohelle
  • ZGALIN François, 26 ans, réfugié mosellan



Il s’agit de l’un des nombreux massacres perpétrés par cette division SS au cours de la campagne de mai-juin 1940.
Pour l’interprétation du comportement de cette unité, merci de se reporter à la monographie du massacre de Simencourt (21 mai 1940)
Sources

SOURCES : Hélène Guillon, Les massacrés par les Allemands en France, 1940-1945, Étude sur la répression extrajudiciaire allemande en France de l’invasion à la Libération, mémoire de Master 2 sous la direction de Michel Boivin, Université de Caen, UFR d’Histoire, 2005-2006, Annexes. — Jean-Luc Leleu, La division SS-Totenkopf face à la population civile du Nord de la France en mai 1940, Revue du Nord 4/2001 (n° 342), p. 821-840. — Sites Internet : MémorialGenWeb ; site personnel.

Frédéric Stévenot, Dominique Tantin

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