À Clermont-Ferrand, le 15 juin 1944, dix prisonniers furent sortis de la prison allemande du 92e régiment d’infanterie, emmenés à une vingtaine de kilomètres dans le canton de Billom, où des soldats allemands les exécutèrent sommairement à la mitraillette dans le bois de Lachat. Un survécu et témoigna.

En juin 1944, les troupes allemandes étaient fortement mobilisées depuis l’assaut contre le Mont-Mouchet (10-12 juin 1944) et l’exécution, par la résistance, du Capitaine SS chef de la police allemande à Vichy (KDS), Hugo Geissler, le 12 juin 1944 à Murat (Cantal).
Les Allemands firent sans ménagement la chasse aux maquisards qui avaient réussi à fuir le combat et s’éparpiller, soit pour rentrer à leur domicile, soit à la recherche de nouveaux maquis.
Le 13 juin 1944, une unité de chasseurs parachutistes allemands de Lyon revenait d’une mission, à savoir ramener une compagnie anti -aérienne qui gardait le barrage hydro-électrique de Marèges sur la haute Dordogne. Ce même jour, et sur le même itinéraire, près de Saint- Pardoux et non loin de La Tour D’Auvergne ( Puy-de-Dôme), un groupe de 18 résistants était à bord d’un camion en route pour le maquis de Pontgibaud . Alors qu’ils s’étaient arrêtés pour ramasser du bois pour leur gazogène, l’unité allemande de passage les interpella. Fuyant à travers bois pour se protéger, trois résistants furent abattus : Jean Desmoulin du Montel-de- Gelat, Henri Sergère et Noël Giaretto, employés à la Banque de France.
Six autres furent arrêtés sur le champ : Marius et Léon Delesalle , Maurice Gorse, Roger Maerte, Pacifique Rivoli et Max Cyprien
Chargés dans un véhicule en mauvais état, c’est au Mont- Dore (Puy-de-Dôme) que ces prisonniers passèrent la nuit à l’hôtel Constantin avec leurs bourreaux.
Le lendemain matin, 14 juin 1944, départ pour Clermont-Ferrand où ils furent conduits à la prison militaire allemande du 92e RI et dépouillés de leurs effets personnels (montres, ceintures, bagues...) Les militaires allemands rejoignirent Lyon et les détenus se retrouvèrent entre les mains du SD de Clermont-Ferrand.
Là, ils subirent à tour de rôle les pires tortures à coup de poing et de nerf de bœuf par les sinistres Robert Roth cousin d’Hugo Geissler, et le sergent Joseph Kaltseiss ; ils avaient participé activement à la fusillade du 20 décembre 1943 au stand de tir du 92e RI.
Le 15 juin 1944, au matin, sortis de leur cellule, les six prisonniers furent placés dans un camion avec quatre autres détenus qu’ils ne connaissaient pas, direction Aulnat, Lempdes, Pérignat-sur-Allier. À l’orée du bois de Lachat, à quelques centaines mètres du village de Pérignat-sur-Allier, et à l’écart de tous les regards, les détenus furent allongés par terre et mitraillés par des soldats allemands.
Bilan : 9 morts et un survivant Max Cyprien.
Un paysan, Guy Seguin, qui chargeait du foin non loin de la tuerie, prit en charge le rescapé, le réconfortera et le fit soigner, Max Cyprien ne dut sa survie qu’à l’élan de solidarité de la population
Les fusillés sont :Léon Delesalle , Marius Delesalle, Jean Gauffre, Maurice Gorse, Roger Maerte, Antonio Rios et Pacifique Rovali.
Deux fusillés n’ont pas été identifiés mais semblent être : Serge Douchesky et Dupont de Toulon, d’après les Archives départementales du Var, Fonds Victor Masson (selon Jean-Marie Guillon).
À Lachat, une stèle a été érigée à la mémoire des patriotes fusillés et inaugurée en présence de Max Cyprien, le rescapé.
Sources

SOURCES  : Arch. Dép. Puy-de-Dôme : 908W139. — Archives municipales de Pérignat-sur -Allier. — Manuel Rispal, Billom 1941-1943, Éditions Authrefois, 2013 . — Eugène Martres L’Auvergne dans la tourmente 1939-1945, Éditions De Borée 2000 . — Témoignages de Max Cyprien.

Huguette Juniet

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