Le 24 août 1944, jour de la libération d’Auxerre, chef-lieu du département de l’Yonne, un violent combat opposa à Vézelay une importante colonne allemande en retraite et des résistants appartenant à différents groupes.
La colonne motorisée allemande, comptant plusieurs dizaines de véhicules et renforcée par des automitrailleuses et des chars avait déjà, au petit matin du 24 août, fait six morts dans les villages de Lainsecq et d’Étais-la-Sauvin (Yonne). Elle avait ensuite continué son chemin sur les routes de la Nièvre, par Clamecy et Dornecy, où elle s’était heurtée à un groupe du maquis nivernais « Camille », faisant trois morts parmi les maquisards. Puis elle était revenue dans l’Yonne en se dirigeant sur Vézelay (Yonne) par la route départementale 951 reliant Clamecy à Avallon. C’est sur cette route, à l’entrée de Clamecy, que le capitaine Georges Moreau (« Le Loup »), chef du maquis nivernais « Le Loup », qui circulait en voiture avec trois de ses hommes, se trouva brusquement face à ce convoi. La voiture réussit à faire demi-tour et à s’échapper sous une grêle de balles et « Le Loup » vint donner l’alerte aux maquisards postés à Vézelay.
Un violent combat s’engagea alors en début d’après-midi entre les maquisards, équipés de FM et d’un bazooka, et postés dans les chemins et les jardins dominant la route sinueuse menant à la colline de Vézelay, et plusieurs automitrailleuses allemandes précédant le convoi. Malheureusement, les obus de bazooka tirés sur la première automitrailleuse allemande n’explosèrent pas et les trois automitrailleuses allemandes ouvrirent un feu nourri. En même temps, de nombreux soldats allemands se déployèrent dans les fossés et les champs voisins de la route et ripostèrent, au mortier et à la mitrailleuse, aux tirs des maquisards. Après plusieurs heures de combat, ceux-ci, ayant plusieurs tués et blessés graves, furent obligés de se replier et de quitter Vézelay pour se réfugier dans les bois et les fermes des environs. Les Allemands traversèrent alors le bourg, tuant deux civils et incendiant des maisons puis continuèrent leur route en direction d’Avallon, où ils subirent de nouveaux accrochages près de Saint-Père-sous-Vézelay, à Fontette et surtout à Pontaubert.
Ce violent combat de Vézelay fit huit morts parmi les maquisards (René Chapelle, Louis Grizeau, Jean Labarre, Jean Lezoualch, Georges Marleau, Charles Priou, et les deux frères Pierre et Jean Valette) et une dizaine de blessés. Le chauffeur d’un camion du maquis, Gaston Desprès, mourut de ses blessures le même jour à Vézelay et deux civils, Octave Baron et Louis Moreau, furent tués. Les Allemands auraient eu de nombreux tués et blessés et abandonnèrent des véhicules et de l’armement.
Une stèle fut érigée en 1948 au lieu-dit Le Poulinet, sur la D 951, à la sortie de Vézelay en direction de Clamecy, là où eurent lieu les combats, et modifiée à une date inconnue. Elle porte actuellement les noms des onze personnes tuées le 24 août 1944 à Vézelay, ainsi que celui de Émile Mennecart (orthographié Maneckar), un des chefs du maquis « Verneuil », tué le même jour à Fontette, près de Vézelay.
Sources

SOURCES : Janette Colas, témoignage in Le Morvan pendant la Seconde Guerre Mondiale, Éd. ARORM, nouvelle édition, 2009. Robert Bailly, La Croix de Saint-André, Éd. ANACR-Yonne, 1983, pages 292-294. Cdrom La Résistance dans l’Yonne, ARORY-AERI, 2004 (Jean-Claude Pers, notice Bataille de Vézelay). — Mémorial GenWeb.

Claude Delasselle

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