Né le 15 décembre 1909 à Sarre-Union (Bas-Rhin annexé), guillotiné après condamnation le 25 octobre 1943 à Berlin-Brandenburg (Allemagne) ; cheminot ; incitation à déserter.

Auguste Schmidt
Crédit : ASCOMEMO
Auguste Schmidt habitait à Metz-Sablon (Moselle annexée). Il était manœuvre à la SNCF, puis à la Reichsbahn. En 1943, sur son lieu de travail, il encouragea deux militaires allemands à déserter et à rejoindre la France. Dénoncé, il fut arrêté le 4 septembre 1943 à Metz, interné dans les caves de la Gestapo jusqu’au 9, puis dans la prison du Grand séminaire à Metz, matricule 4408, et enfin à la prison militaire. Fin septembre 1943, il fut transféré à la prison de Berlin-Brandenburg. Condamné à mort le 4 octobre 1943 par le tribunal de Berlin présidé par Roland Freisler pour atteinte à la force défensive, il fut guillotiné le 25 octobre 1943.
Son père fut arrêté le 20 mai 1944 pour avoir qualifié les responsables nazis « d’assassins de son fils », déporté à Schirmeck, puis à Dachau où il fut exécuté le 6 février 1945.
Auguste Schmidt est inhumé à la nécropole nationale de Natzwiller-Struthof (Bas-Rhin), carré A, rang3, tombe 53. Il a obtenu le titre de déporté politique. Son nom figure sur la plaque commémorative des agents de la SNCF au dépôt de Metz-Sablon.
Juste avant de mourir, il put écrire à son père : « Quand tu liras ces lignes, je ne serai plus parmi les vivants, je suis peiné de te donner cette triste nouvelle. Mais hélas, il est décidé ainsi et il n’y a plus rien à y changer. C’est donc ma destinée. Dieu l’a voulu et je dois subir mon sort. Combien j’aurais été heureux de pouvoir lire au moins encore une lettre de toi et de Joséphine, mais je n’ai plus eu cette consolation. Mon recours en grâce a été rejeté, la loi martiale est impitoyable. Je me console en pensant que je retrouverai ma chère et l’oncle Emile et que je serai avec eux jusqu’à ce que Dieu vous conduira chez nous. Dans cette pensée, je vous quitte mes chers et ce monde et je vais mourir en homme courageux. »
Sources

SOURCES : SHD-AVCC Caen, dossier statut 21 P 536572 ET 25 P 12306. — AD Moselle 69J13, fonds Neigert. — MémorialGenWeb. — Thomas Fontaine (sous la dir.), Cheminots victimes de la répression 1940-44, Paris, Perrin/SNCF, 2017, p. 1347.

Philippe Wilmouth

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