Cette commune de Charente fut le théâtre d’un combat entre une colonne allemande et des détachements du maquis Foch (Armée secrète) et des FTP de Chabanais. Les résistants perdirent quatre hommes et les Allemands massacrèrent cinq civils.

Jusqu’au 19 août 1944, avant que l’ordre de repli ait été donné aux forces allemandes et collaborationnistes du sud-ouest, l’initiative appartenait encore à ces dernières. En application des instructions de Sperrle de lutte contre "les bandes" (février 1944), des colonnes de répression exerçaient des représailles et cherchaient le contact avec les maquis qui se renforçaient considérablement avec l’afflux de volontaires et les parachutages d’armes, principalement dans l’est du département, adossés aux puissants maquis de Haute-Vienne et Dordogne qui allaient participer aux combats et à la libération de la Charente. C’est ainsi que du 26 juillet au 2 août une colonne sillonna le Confolentais et le Ruffécois. Elle était composée d’environ 700 soldats de la 608e division de la Wehrmacht, une unité temporaire de répression renforcée par des supplétifs nord-africains et des miliciens, parmi lesquels le chef milicien de Confolens, Sauvanet, qui fut l’un des guides de la colonne. Elle quitta Ruffec le 27 juillet. Des combats eurent lieu à Ambernac, Confolens, Chirac, Exideuil, Chabanais et Pleuville.
Dans la nuit du 25 au 26 juillet 1944, les résistants du maquis Foch de Maurice Gary prirent position autour du bourg d’Ambernac vers lequel se dirigeait la colonne allemande partie de Champagne-Mouton. Le 27 au matin, les maquisards ouvrirent le feu sur un détachement de soldats à bicyclette franchissant le pont sur la Charente et les obligèrent à se replier.
Au village de L’Allemandie, deux FFI furent tués, Jean Gary, fils du résistant Maurice Gary, et René Beaulieu (ce dernier décéda de ses blessures à Confolens). A l’ouest d’Ambérac, les Allemands pillèrent et incendièrent des fermes et massacrèrent cinq civils. L’ennemi se renforçant, les résistants du maquis Foch évacuèrent Ambérac vers l’est en attendant des renforts du maquis Bir Hacheim et des FTP de Chabanais.
Vers 15h, avec le soutien de deux sections FTP arrivées en camion, les maquisards contre-attaquèrent, mais huit résistants furent tués ou blessés par des tirs de mitrailleuses. Au passage du pont sur le Brailloux, une mitrailleuse allemande en batterie dans le clocher, interdit toute montée vers le bourg. Jean Léonard et Jean Berthomieu furent tués, six autres Francs-Tireurs et partisans (FTP) furent blessés, dont le capitaine Marc.
En fin de journée les Allemands se replièrent vers l’ouest, leur objectif, semble-t-il, étant de sécuriser la N 10 en contenant les maquis et non poursuivre l’action jusqu’à leur destruction.
Au total, selon l’historien Guy Hontarrède (op. cit., p. 12), quatre maquisards furent tués au combat et cinq civils massacrés.


Résistants
BEAULIEU René.
BERTHOMIEU Jean
GARY Jean
LÉONARD Jean


Civils
CAILLET Jean
DEBSKY François
DEBSKY Stanislas
DEMONT Henri
QUERET Henri
Sources

SOURCES : Guy Hontarrède, La Charente dans la Seconde Guerre mondiale, Dictionnaire historique, Saintes, Le Croît vif, 2004, p. 11-12. — CD-ROM La Résistance en Charente, AERI, 005. — MémorialGenWeb.

Dominique Tantin

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