Le 1er août 1944, dans cette commune du département de la Charente, le combat opposant les FTPF du maquis Bernard et une colonne de répression de SS et de miliciens fit sept morts parmi les maquisards et un civil fut abattu. La veille, cinq résistants et civils furent abattus entre Confolens et Chabanais.

Jusqu’au 19 août 1944, avant que l’ordre de repli n’ait été donné aux forces allemandes et collaborationnistes du sud-ouest, l’initiative appartenait encore à ces dernières. En application des instructions de Sperrle de lutte contre "les bandes" (février 1944), des colonnes de répression exerçaient des représailles et cherchaient le contact avec les maquis. Ces derniers se renforçaient considérablement avec l’afflux de volontaires et les parachutages d’armes, principalement dans l’est du département, adossés aux puissants maquis de Haute-Vienne et Dordogne qui allaient participer aux combats et à la libération de la Charente. C’est ainsi que du 26 juillet au 2 août une colonne sillonna le Confolentais et le Ruffécois. Elle était composée d’environ 700 soldats SS de la Trupp motorisée 608, une unité temporaire de répression renforcée par des supplétifs nord-africains et des miliciens, parmi lesquels le chef milicien de Confolens, Sauvanet, qui fut l’un des guides de la colonne. Elle quitta Ruffec le 27 juillet. Des combats eurent lieu à Ambernac, Confolens, Chirac, Exideuil, Chabanais et Pleuville.
Le 31 juillet, dans la matinée, cette colonne traversa Confolens, multipliant perquisitions et pillages, incendiant la ferme Germaneau où fut découvert un manteau militaire allemand et abattant un habitant, François Soudanas, d’une balle en pleine tête. Vers 15h30, la colonne, poursuivant vers le sud sur la rive droite de la Charente, encercla la commune voisine de Chirac et se heurta à un détachement du maquis AS Foch. Ernest Quément trouva la mort en protégeant le repli de son unité. Un cultivateur, Henri Astier, aurait été abattu (sous réserve de confirmation d’une unique source ; un quasi homonyme, Henri Hastier, FTP, aurait été abattu à Chabanais le lendemain...). Cinq fermes furent incendiées.
La colonne poursuivit sa route sur la rive droite vers Exideuil puis Chabanais dont la population s’enfuit, redoutant de connaître le sort d’Oradour-sur-Glane. Sur la rive gauche, les FTP du maquis Bernard (pseudonyme du commandant Bernard Le Lay, chef du maquis de Pressac) interdirent le passage au village de Coldebouye, sur la commune d’Exideuil, perdant Régis Lagarde et Marcel Ganteille.
Le 1er août 1944, vers 7h 40, les FTP de Bernard firent sauter le pont de Manot à Chabanais, une destruction partielle qui permettait encore le franchissement par les piétons. Maurice Faurisson, étudiant en médecine et résistant FFI, fut tué en s’y engageant avec un drapeau blanc pour tenter de secourir un blessé. Le pont du Pilas en amont fut également détruit. Ils durent affronter les Allemands et les miliciens qui attaquèrent vers 6h et réussirent à prendre pied sur la rive gauche, progressant désormais en deux colonnes de part et d’autre de la Charente vers Chabanais guidés par les miliciens. Sept FTP de Martial-Dubourdeau furent tués au Brédin sur la rive sud. Des obus provoquèrent des incendies dans le quartier de la Croix blanche ; soixante-sept maisons furent détruites. La situation tournait à l’avantage des Allemands.
Mais, alors que Bernard regroupait ses forces au sud de la voie ferrée Limoges-Angoulême, l’explosion de bouteilles de gaz carbonique d’un marchand de boissons put faire croire aux assaillants que les maquisards disposaient d’artillerie… Les miliciens annoncèrent aussi l’arrivée de renforts en provenance d’Étagnac pour les maquisards. Peut-être aussi considéraient-ils avoir accompli leur mission. Quoi qu’il en soit, les Allemands et les miliciens se replièrent vers Confolens.
Une rue de Chabanais fut renommée rue du 1er août. À l’une de ses extrémités, à l’endroit où tombèrent les FTP, fut élevée la stèle du Brédin. Elle porte l’inscription :
Ici furent massacrés
7 volontaires F.F.I. F.T.P.F.
Chabanais ville martyre
Aux victimes des hitlériens


Liste des victimes
à Chabanais

Sept maquisards FTPF
BOISSEAUD Fernand, 19 ans
KERBER Roger, 22 ans
LABROUSSE Maurice, 20 ans
MORTIER Justin, 19 ans
PHILIPS René, 24 ans
WINTERSTEIN Jean, 23 ans
Un inconnu, affreusement mutilé, peut-être un adjudant FTP nommé Larcher, selon Jean-François Dupuis.
Le cas d’Henri HASTIER reste à éclaircir.
Un résistant FFI
FAURISSON Maurice, 24 ans, dont une plaque et une rue commémorent le souvenir.
à Confolens
SOUDANAS François
à Chirac
ASTIER ou HASTIER Henri (?)
QUÉMENT Ernest
à Exideuil
GANTEILLE Marcel
LAGARDE Régis
Sources

SOURCES : Guy Hontarrède, La Charente dans la Seconde Guerre mondiale, Dictionnaire historique, Saintes, Le Croît vif, 2004, p. 45-47 ; 65-66. — CD-ROM La Résistance en Charente, AERI, 2005. — MémorialGenWeb. — Site Résistance française

Dominique Tantin

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