Né le 11 février 1927 à Malestroit (Morbihan), exécuté sommairement le 22 juin 1944 à Saint-Vincent-sur-Oust (Morbihan) ; étudiant ; FFI.

Sur le monument de La Grée de Houssac à Saint-Vincent-sur-Oust
Sur le monument aux morts de Malestroit
SOURCE : Photos Husson
Albert Trégaro était le fils de Louis Vincent Trégaro, commerçant à Malestroit (Morbihan), et de Marie Ange Ledain, son épouse, sans profession. Étudiant célibataire, il était domicilié chez ses parents à Malestroit.

Le 18 juin 1944, le camp de Saint-Marcel où étaient rassemblés de nombreux combattants des Forces françaises de l’intérieur (FFI) armés et formés par les parachutistes de la France libre appartenant au 2e Régiment de chasseurs parachutistes ou 4e SAS (Special Air Service), fut attaqué en force par la Wehrmacht. FFI et SAS furent contraints de se relier et de se disperser. La Wehrmacht appuyée par de nombreux détachements de soldats russes, géorgiens et ukrainiens rassemblés dans les « unités de l’Est », les agents de l’Abwher (service de renseignements de la Wehrmacht) et du SD (Sicherheitsdienst, service de sûreté et de renseignements de la SS), ainsi que leurs auxiliaires français, les miliciens du Bezen Perrot et du Parti national breton français, se lancèrent dans une traque implacable des parachutistes SAS, des FFI - FTPF, de leurs dépôts d’armes, et de tous ceux qui les hébergeaient et les ravitaillaient. Rafles, arrestations, interrogatoires, tortures, et exécutions sans jugement de SAS et de résistants, incendies de fermes, pillages et massacres de civils se multiplièrent dans tout le département du Morbihan.

Albert Trégaro n’avait pu s’engager en raison de son jeune âge mais il portait ostensiblement un vieux révolver à barillet. Arrêté le 19 juin à Malestroit, il fit partie des prisonniers conduits dans le château du Boro à Saint-Vincent-sur-Oust. Avant d’être investi le 9 juin 1944 par des membres du Sicherheitsdienst (SD), ce château avait servi de lieu d’hébergement d’aviateurs alliés pris en charge par des membres du réseau F2, en attente de leur exfiltration par mer vers la Grande-Bretagne. Les agents du SD avaient arrêté les membres du réseau, dont le propriétaire du château Pierre de Villeneuve. Le château fut ensuite occupé par des miliciens bretons qui, le 22 juin 1944, emmenèrent Albert Trégaro, Jacques Benoist de Lostende, Julien Lelièvre, Yves Mostade et Marcel Séné, défigurés et mutilés par les tortures subies, dans le bois de La Grée de Houssac où ils furent exécutés. Leurs corps furent découverts le 6 juillet 1944, à l’exception de celui d’Albert Trégaro qui fut retrouvé le 16 juillet 1944.
Albert Trégaro obtint la mention « Mort pour la France » et a été homologué FFI.

Dans le Morbihan, le nom d’Albert Trégaro est inscrit sur le monument commémoratif du bois de La Grée de Houssac à Saint-Vincent-sur-Oust, et sur la plaque « 1939-1945 » du monument aux morts de Malestroit.
Sources

SOURCES : SHD, Vincennes, GR16P 577 183. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur éditeur à Mayenne, 1978. — Mémorial GenWeb — Site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56. — État civil, Saint-Vincent-sur-Oust (acte de décès).

Iconographie
TRÉGARO Albert, Louis, Marie

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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