Né le 23 novembre 1888 à Bonifacio (Corse), fusillé le 18 juillet 1944 à Signes (Var) ; contrôleur principal des PTT ; syndicaliste CGT ; résistant, membre des Mouvements unis de la Résistance (MUR), chef régional de la Résistance PTT.

Fils d’instituteur, marié, père d’un enfant, résidant à Marseille (Bouches-du-Rhône), Paul Codaccioni était contrôleur principal des PTT. Il avait passé le concours du surnumérariat et était affecté au Central télégraphique de la Grande Poste Colbert. Il militait à la CGT confédérée avant 1936. En avril 1934, à la suite des décrets-lois du ministère Gaston Doumergue frappant les fonctionnaires, il participa à plusieurs arrêts de travail d’une heure, notamment au télégraphe. Ces mouvements ayant entraîné des sanctions contre le personnel, il rédigea, le 14 avril, au cours d’un meeting des postiers, l’ordre du jour de protestation contre la politique gouvernementale.
Entré dans la Résistance, il devint le responsable du service des liaisons téléphoniques et télégraphiques des MUR pour la R2 (la Provence). Ses qualités de technicien lui permirent de mettre sur pied une « formidable organisation » d’après Le Provençal du 20 septembre 1944 qui assurait les liaisons entre les divers groupements de la Résistance « à la barbe de la Gestapo ».
Son adresse fut trouvée parmi les documents du Noyautage des administrations publiques (NAP) saisis par Ernst Dunker (Delage), homme clé de la section IV de la Sipo-SD en juillet 1944. En outre, l’un des agents de liaison de « Kodac », Éliane Eldin, avoua qu’elle lui apportait des plis à l’angle de la rue Colbert. Il fut arrêté chez lui le 15 juillet au soir par Dunker et son équipe. Il n’avoua rien lors de l’interrogatoire, même pas son pseudonyme. Il porte le numéro 21 dans le rapport « Antoine » dans lequel Dunker fait le bilan de cette vague d’arrestations.
Emprisonné aux Baumettes à Marseille, il a été fusillé avec vingt-huit autres résistants, après un jugement sommaire sur place, le 18 juillet, au fond d’un vallon isolé, dans les bois de Signes. D’après Dunker, le jugement aurait été prononcé par la cour martiale de la 244e Division d’infanterie. Il serait mort par asphyxie. Les corps furent exhumés le 17 septembre 1944. Un monument funéraire a été inauguré le 18 juillet 1946 dans le lieu connu désormais comme le « Vallon des fusillés » et devenu nécropole nationale en 1996. Son nom a été donné à la rue où il résidait dans le VIIe arrondissement de Marseille le 23 juillet 1945. Il a été reconnu « Mort pour la France ».
Sources

SOURCES : Presse locale (Le Petit Provençal, 15 avril 1934 ; Le Provençal, 20 septembre 1944 ; Rouge-Midi, 21 septembre 1944 ; Vérités, novembre 1944). – Madeleine Baudoin, Témoins de la Résistance en R2, thèse d’histoire, Université de Provence (Aix-Marseille I), 1977. – Robert Mencherini, Résistance et occupation (1940-1944), tome 3 de Midi rouge, ombres et lumières, Paris, Syllepse, 2011. – Renseignements Guillaume Vieira.

Jean-Marie Guillon, Antoine Olivesi

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