La commune de Peillac où le 3 août 1944 cinq habitants ont été abattus dans le bourg par des soldats allemandes, fait partie des nombreux lieux de massacre et mémoire qui jalonnent le département du Morbihan.

Sur le monument aux morts de Peillac
SOURCE : Photos Husson
Le 3 août 1944, en fin d’après-midi, des soldats allemands battant en retraite traversèrent la commune de Peillac (Morbihan) venant de Redon (Ille-et-Vilaien) libéré le même jour par les troupes américaines. Un motocycliste allemand en panne de carburant s’arrêta devant un café du bourg. Un Polonais du nom de Palka et Alfred Rivière, courtier à Peillac, tentèrent de le convaincre d’abandonner sa moto et de se constituer prisonnier ou de déserter, et ils lui proposèrent de lui fournir des vêtements civils. Le soldat allemand arrêta un véhicule de la Wehrmacht qui arrivait de Redon et qui se dirigeait vers de Saint-Gravé, et il déclara à ses occupants qu’on avait tenté de lui voler sa moto. Les soldats allemands descendirent du véhicule et commencèrent à tirer sur les civils.
Héléne Couffin, épouse de Marcel Hallier, secrétaire de la mairie de Peillac, enceinte de huit mois, qui se trouvait sur le trottoir devant son domicile, fut abattue alors qu’elle tentait de faire rentrer son fils pour le mettre à l’abri.
Eugène Briand, mécanicien dans le garage d’Eugène Boucard, fut interpellé par deux soldats allemands alors qu’il traversait la rue pour remettre la clé du garage à son patron. Ce dernier tenta de s’interposer. Tous les deux furent abattus, par un groupe de soldats appelés en renfort.
René Piguel, cantonnier, qui traversait le bourg avec une charrette de litière, fut abattu d’un coup de révolver devant son fils qui parvint à s’échapper.
Alexandre Mabon, qui rentrait à la ferme de ses parents à la Douve en Peillac après avoir effectué des travaux dans les champs, fut abattu par un soldat allemand en moto se dirigeant vers Saint Vincent-sur-Oust (Morbihan). Grièvement blessé, il fut ramené chez ses parents, où il est décédé le 4 août 1944 à 4 heures du matin.

Leurs noms sont inscrits sur la plaque « 1939-1945 » du monument aux morts communal :
« Victimes civiles
Peillac 3 août 1944
- BOUCARD Eug. (Eugène)
- BRIAND Eug. (Eugène)
- COUFFIN Hel. (épouse HALLIER)
- MABON Alex. (Alexandre)
- PIGUEL R. (René) »
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Morbihan, 2 W 11 308, procès-verbal de la gendarmerie de Peillac, daté du 22 septembre 1944. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur éditeur à Mayenne, 1978. — État civil, Peillac (actes de décès).

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